LUFEH "Overwhelmed",
AKIAVEL "ScelestVs",
DEVIN TOWNSEND "The Moth",
CONVERGE "Hum Of Heart",
ARCHSPIRE "Too Fast To Die",
LEVELS "This Will Make You Feel Again",
UADA "Interwoven"
Black Label Society : épisode 12. Pas loin de quatre ans et demi après le sympathique Doom Crew Inc. qui, sans être la meilleure offrande de Zakk Wylde et ses acolytes, marquait des points avec une approche plus sobre et quelques titres aux mélodies plus accrocheuses. Cette tendance à (légèrement) délaisser le bourrinage (parfois jouissif mais d’autres fois un peu excessif et fatigant) et les fioritures est poursuivie sur ce Engines Of Demolition qui, malgré le temps important écoulé depuis son prédécesseur, ne présente pas d’évolution notable. Au menu, du heavy bien gras, aux riffs et chant plus que jamais marqués par Black Sabbath et Ozzy. Pouvait-il en être autrement quand Zakk a perdu son mentor en juillet dernier ? Probablement pas... et de toute façon, l’ADN de Black Label Society n’avait sans doute pas vocation à être modifié à ce stade de sa carrière. Vous savez donc dans quoi vous vous embarquez quand vous venez prêter une oreille à ce nouvel opus... et si vous êtes là, c’est que vous devez aimer ça. Sinon, pourquoi avez-vous fait le déplacement ?
L’aventure démarre franchement bien avec Name In Blood, un mid-tempo écrasant au riff terriblement simple mais totalement imparable. C’est parfaitement exécuté, ça rentre dans la tête tout seul, ça donne envie de secouer la crinière (ou ce qu’il en reste, ne faites pas semblant, beaucoup d’entre vous ne sont plus si jeunes) ou de taper du pied... bref, la sacro-sainte base du Hard/Heavy ancestral dans toute sa splendeur. Au moment du solo (ou plutôt du duo), Zakk Wylde et Dario Lorina se la donnent bien et nous rappellent qu’ils s’y connaissent en tricot. L’ombre de Tony Iommi et Ozzy Osbourne planent fortement sur cet opus et cela dès le deuxième titre (plus enlevé), Gatherer Of Souls, qui conjugue avec savoir-faire influences seventies et gros son plus contemporain. La pesanteur se fait sentir sur The Hand Of Tomorrows Grave qui met en avant une section rythmique solide (toujours tenue par John DeServio à la basse, fidèle au poste depuis vingt ans et le batteur Jeff Fabb qui est là depuis trois albums maintenant). Après un tel démarrage, on le sait, une ballade va arriver afin de permettre une petite respiration, avec un peu de piano, de guitare sèche et quelques douces harmonies vocales qui font du bien. Je me fais toujours avoir par les ballades de Zakk Wylde, c’est ainsi. Toute résistance est futile. Il y en aura d’ailleurs deux autres : la très agréable Back To Me au feeling plus country/folk... et Ozzy’s Song dont on reparle dans une minute.
Tout cela est bien fichu, agréable, très reconnaissable (quand Zakk joue ou chante, on l’identifie dans la seconde... même si, depuis un moment, les harmoniques sifflées qui ont, pendant très longtemps, caractérisé son jeu de guitare répondent une nouvelle fois aux abonnés absents ici) et quelques morceaux sortent du lot (Broken and Blind ou le rentre-dedans Lord Humungus, habilement choisis comme singles). Je dirais donc que l’ensemble passe plutôt bien... malgré quelques longueurs. Car oui, disons-le, en dépit de réels efforts de concision (finalement, l’album ne dépasse pas les cinquante-deux minutes, il y a eu pire), Wylde a toujours un peu de mal à tailler dans le gras. Dix ou onze pistes pour une quarantaine de minutes, c’eût été parfait (à mon sens bien sûr... certains seront sans doute ravis d’avoir du rab d’autant plus que "quand on aime, on ne compte pas", pas vrai ?). Alors oui, je pourrais jouer la fine bouche... et ajouter que le groupe n’a pas tout à fait retrouvé l’énergie et le niveau d’inspiration dont il faisait preuve sur les excellents The Blessed Hellride ou Order Of The Blackmais j’ai davantage envie de me concentrer sur le positif.
D’autant plus que la galette se termine très bien avec l’énergique The Stranger (qui évoque à nouveau fortement l’esprit du Black Sabbath des 70s) et la ballade hommage à Ozzy Osbourne que vous avez sans doute dû écouter au moins une fois, la plus mélancolique du lot (forcément), la fameuse Ozzy’s Song dont les mélodies restent bien en tête (l’émotion est au rendez-vous et le long solo de guitare est classe). Cela permet à Engines Of Demolition de s’achever en laissant une impression favorable et m’aide à pardonner la présence d’une poignée de pistes qui me semblent anecdotiques (comme Broken Pieces, exemple parfait du morceau pas foncièrement désagréable à écouter mais assez quelconque). Au final, on a donc un Black Label Society respectueux de la tradition, qui compte son lot de bons morceaux et se montre suffisamment efficace - et parfois touchant - pour convaincre. Clairement pas le pire (ni le meilleur) ajout à la discographie du grand blond. Et pour ceux qui souhaiteraient se prendre une bonne dose live de riffs à décorner les bœufs, sachez que Zakk et ses potes viendront vous faire tâter de leur heavy en juin (le 16 à Paris et le 22 à Strasbourg).
Tracklist de Engines Of Demolition :
01. Name In Blood 02. Gatherer Of Souls 03. The Hand Of Tomorrows Grave 04. Better Days & Wiser Times 05. Broken And Blind 06. The Gallows 07. Above & Below 08. Back To Me 09. Lord Humungus 10. Pedal To The Floor 11. Broken Pieces 12. The Stranger 13. Ozzy’s Song