A priori BlackRain est reparti pour nous servir sa recette du glam rock usé jusqu’à la trame, le hard FM qu’on connait entre mille, le truc pour se dire « ouais encore la même chose ». En tout cas au départ c’est un peu comme ça que je m’apprêtais à sortir mes griffes de chat acérées pour l’occase, bien tenté de défoncer cet album, ‘tain merde les gars on veut du nouveau ! Vous voyez un peu l’état d’esprit qui ne concorde absolument pas avec la note, donc que s’est-il passé ?
Si je reconnais assez facilement que BlackRain est un sacré groupe de hard FM (genre musical plutôt apprécié par mes cages à miel), leur côté maniéré aux grosses ficelles m’a rapidement fait me détourner du groupe. Mais là, la bande de Swan Hellion et Matthieu de la Roche a fait fort. Non seulement ils ont récupéré Franky Costanza à la batterie dont la frappe est plus que musclée, mais surtout Jerem G aux six cordes. Jerem G est un virtuose de la guitare avec un jeu shred et une influence non cachée d’Eddie Van Halen, que j’ai eu la chance de découvrir avec son groupe Chey N Shiners, un mec absolument adorable en plus. Donc forcément j’ai fait plus que de prêter une oreille distraite à ce nouvel opus de BlackRain, et j’ai bien fait, le groupe m’aura foutu sur le c… Bien fait pour ma gueule tiens !
Je passerai assez rapidement sur les morceaux typiques BlackRain, le hard FM, certes super bien chiadé, mais tellement connu des fans. Alors oui à l’écoute de Come On, Madhouse ou Crack The Sky, on retrouve cette patte chère au groupe pour des titres plaisants, mais très proches de ce que l’on attend d’eux. C’est ailleurs qu’il faut chercher la lumière. Le groupe a puisé dans ses réserves, a cherché des inspirations parfois lointaines puisqu’eux même ont avoué s’être inspirés de Queen et Meat Loaf sur deux titres, dont le premier de cet opus, Dreams. Alors là, chers lecteurs, on est en plein dedans. BlackRain sort de sa zone de confort, s’éloigne de son glam classique pour nous offrir une envolée lyrique, une dinguerie de morceau qui risque d’en encadrer plus d’un. Et ce dès le premier titre. Ils vont réitérer l’exploit avec ces mêmes inspirations sur Farewell qui clôture l’album pour une fin en apothéose avec, on l’imagine aisément le spectre de Freddie Mercury venant adouber le groupe sur ce titre. Grandiose.
Autre compos à souligner, Orphans Of The Light et sa mélodie accrocheuse portée par des riffs énormes et un solo sorti de nulle part (je reviens juste après sur l’apport de Jerem G). Même les « who-ho » passent crème, le titre reste bien ancré en tête.
Le groupe va même jusqu’à chanter un refrain en français sur Méandres de l’Instinct. C’est assez étrange car porté par la voix de Swan, ça sonne presque comme un générique de manga des années 80. Même si ça peut faire un peu cheap, c’est assumé et surtout ça permet de se rappeler l’origine du groupe. Merci les gars, un groupe frenchie de ce talent, faut le souligner.
Mais là où les morceaux sont sublimés, c’est par l’apport de Jerem G. C’est un guitariste monstrueux qui balance des solos de malade à chaque fois, façon Eddie Van Halen. Ce type est un virtuose et offre un nouveau souffle au groupe et une nouvelle direction au groupe. L’influence citée se ressent notamment sur le morceau Resurrection, qui fait écho à Eruption de qui-vous-savez. C’est pas long, moins d’une minute trente d’explosion de talent à la gratte. Du très grand art, bravo Jerem ! Sans renier le talent de Max 2, précédent guitariste de BlackRain, il faut bien avouer que Jerem G tient sa place bien comme il faut et n’a pas de complexe à avoir.
Orphans Of The Light est clairement une belle réussite de BlackRain qui, pour leur huitième effort, nous offre plus d’une heure de musique. Ils ont su se renouveler, tant dans leur line up que dans les compos pour offrir aux fans une nouvelle facette de leur talent qui n’est plus à démontrer aujourd’hui. Du grand art qu’il faut absolument applaudir sur scène.
Quant à moi ? Je pensais qu’après quelques écoutes de cet album j’allais bien m’amuser a dégonder le groupe, j’en suis pour mes frais : il tourne en boucle tant il est extrêmement bon. Bien fait !
Tracklist de Orphans Of The Light : 01. Dreams 02. Come On 03. Orphans Of The Light 04. Unleash The Fury 05. If This Is Love 06. Méandres De L’Instinct 07. Disagree 08. Madhouse 09. Resurrection 10. Crack The Sky 11. Twist Of A Knife 12. Chasing A Feeling 13. Club Crazy Nights 14. Farewell