Artiste/Groupe:

Vreid

CD:

The Skies Turn Black

Date de sortie:

Mars 2026

Label:

Indie Recording

Style:

Death Melo teinté de Prog

Chroniqueur:

Le Diable Bleu

Note:

18.5/20

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Comme vous pouvez le constater, nous aurons mis énormément de temps à évoquer cet album, alors même que, depuis de longs mois, nous étions nombreux aux APdM à en humer les premières effluves. Et puis, après bien des tergiversations, presque contraints par le calendrier, nous en livrons cette chronique, forcément modeste. C’est fâcheux, tant la formation méritait un éclairage plus ample. Mais il est encore temps. Allons-y.

Vreid est un groupe que j’apprécie beaucoup et que je suis depuis plusieurs années, en digne héritier de Windir qu’il demeure. J’ai notamment un faible pour les albums Milorg et V, qui proposent un black mélodique teinté d’ambiances progressives, à la fois sobre et profondément sensible. Le genre de disques qui s’insinuent durablement.

Ainsi, des profondeurs obscures émerge à nouveau l’un des collectifs les plus constants et inspirés de la scène Metal. Né à Sogndal, en Norvège, Vreid prolonge l’héritage encore brulant de Windir avant de s’imposer, dès les années 2000, comme l’un des fers de lance du « Black-n-Roll ». Tout début mars, le groupe a dévoilé son dixième opus studio, The Skies Turn Black, sous l’égide d’Indie Recordings. De la frénésie thrash aux albums-concepts, en passant par un black Metal en constante mutation, nourri de riffs acérés et traversé par l’ombre du heavy traditionnel, Vreid ne se repose pas vraiment sur ses acquis. Strom et Sture aux guitares, Hvall à la basse et au chant, dont la voix tranche net, et Steingrim derrière les fûts, forment une alchimie rare, presque discrète au regard de leur pedigree et de leurs capacités.

Le morceau éponyme distille une essence de heavy Metal pur, rehaussée de chants clairs, de mélodies accrocheuses et de solos lumineux. Vreid y dévoile une facette plus accessible, convoquant en filigrane Iron Maiden ou Judas Priest. A Second Death, à l’inverse, rappelle que la veine extrême demeure intacte, porté par une cadence martiale et une atmosphère tendue. Kraken, instrumental aux contours psychédéliques, déroule une mélodie lente, presque hypnotique, comme une masse obscure qui affleure.

À l’heure où ces lignes seront lues, From These Woods et Loving the Dead auront déjà marqué les esprits. Le premier, porté par des chants limpides et des touches de piano, évoque les paysages de Sogndal et certaines réminiscences de Windir. Les mélodies, les respirations, les montées en tension composent un ensemble particulièrement évocateur.

Le second demande davantage d’ouverture. Vreid y invite Agnete Kjolsrud (Djerv), dont la voix claire, vibrante, presque étrangère à cet univers, crée un contraste assumé. Long de plus de huit minutes, Loving the Dead s’inscrit comme une prise de risque, d’une belle audace. Si certaines vocalises pourraient dérouter, les passages instrumentaux, eux, captivent durablement. En fin de morceau, une montée très âpre vient rééquilibrer l’ensemble, dans un dialogue réussi entre les deux approches. On pourra y entendre, en écho, une sensibilité proche de celle d’Emmanuelle Monet (Dolly), dans sa capacité à habiter les lignes vocales, que les amateurs de très belles voix rock retrouveront dans son album éponyme, le magique Dolly.

Le groupe poursuit son exploration du "Black-n-Roll" avec Build & Destroy et Chaos, où les riffs foisonnent sans jamais se disperser. La section rythmique y impose une assise solide, tandis que quelques touches de clavier apportent un relief bienvenu.

Entre thrash incisif (Smile of Hate) et élans plus lourds (The Earth Rumbles), Vreid démontre une nouvelle fois sa capacité à naviguer entre les styles sans perdre en cohérence. Avec The Skies Turn Black, le groupe dépasse sans doute ses précédentes réalisations, retrouvant une forme de scintillement créatif que l’on n’avait plus perçu avec autant d’intensité depuis Solverv. Les albums intermédiaires, pourtant solides, ne laissaient pas présager un tel regain.

Plus les écoutes s’enchaînent, plus l’album révèle sa richesse. Il lui manquera peut-être, pour certains, peut être les puristes, cette aspérité singulière qui faisait le charme immédiat de ses prédécesseurs. Pourtant, à mes oreilles, il s’impose comme la proposition la plus aboutie du groupe. 
Vreid atteint un niveau stratosphérique avec un black mélodique, black progressif, proche du dernier sublime Amorphis, qui respire la sincérité et véhicule toujours autant d’émotion. 
Un disque dense, moderne, varié, qui confirme que Vreid n’a rien perdu de son inspiration, bien au contraire.
Pour tous les amateurs de musiques rares et variées... vous allez vous régaler.

Tracklist de The Skies Turn Black :

01. From These Woods    
02. The Skies Turn Black    
03. A Second Death    
04. Kraken    
05. Loving the Dead    
06. Build & Destroy    
07. Chaos    
08. Flammen    
09. Smile of Hate
10. Echoes of Life
11. The Earth Rumbles

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