Révélation de l’univers pagan folk de 2024, Eihwar avait épaté tout le monde avec une ascension verticale, un premier disque épatant s’inscrivant dans la continuité des Wardruna – Heilung. La France tenait enfin son champion en néo folk. Qui nous vient de Toulouse ce qui fait encore plus plaisir. Le Diable Bleu et son feeling remarquable ne s’y était pas trompé attendant le groupe de pied ferme pour le Hellfest 2024. Il ne fut pas déçu et Eihwar fut une très belle découverte pour beaucoup et une sacrée confirmation pour d’autres. Les concerts donnés que ce soit dans le cadre de la Nuit des Sorcières ou en solo se sont révélés excellents et je renvoie le lecteur sur l’excellent report de Kabet sur la date tourangelle.
Forcément, ce succès remarquable appelait à confirmation et on attendait la suite. Et la voici, et j’épargne à mon estimé lecteur tout suspense : Eihwar ne se contente pas de transformer l’essai mais affine sa formule, accomplit son style avec classe. Et le public est déjà là. Le premier single Nauðiz est apparu comme numéro 1 chez Metal Hammer la semaine de sa sortie, devant rien moins queGhost (It’s a Sin) s’il vous plait… Grâce à un univers très fort cet improbable binôme avec un chevalier issu du Moyen Age et une Louve au look chamanique très travaillé. Aussi, la formule du combo est bien de son époque avec un néo paganisme qui fonctionne bien depuis les années 2010 (Wardruna) mais en proposant une très bonne variation avec cet aspect chamanique notamment au niveau des rythmiques. Vocalement, ce que fait la Louve (Asrunn de son autre petit nom) impressionne littéralement et les mélodies et sonorités produites sont très réussies. Déjà épatante sur le premier effort, j’ai senti que ça passait encore un cap sur ce Hurgheim.
Côté instrumental, on retrouve ces rythmiques déjà caractéristiques du combo qui a déjà sa patte et qu’on reconnait immédiatement. C’est encore très réussi avec des ambiances « médiévales » pouvant renvoyer au Eluveitiedes Evocation. L’ambiance est géniale, hyper immersive et ce dès les deux premières pistes avec le très réussi Nauðiz et Freyja’s Calling. Je m’arrête sur Ein que je trouve absolument exceptionnelle. Intro phénoménale, rythmique hyper prenante, vielle à roue très à propos et ce refrain ! La Louve y sonne magnifiquement bien. Eihwar maîtrise son Art et ce titre est une pure merveille, a minima mon très gros coup de cœur de ce disque. La suite n’en est pas moins intéressante avec l’instru et l’ambiance presque forge de Skuggaríki. Les rythmiques médiévales continuent de déferler, l’immersion est totale et on se régale dans l’univers Eihwar. On repense parfois avec bonheur à Eluveitie (Hurgheim, Ljósgarðr). La seconde moitié du disque est moins tournée sur les rythmiques chamaniques, le chant s’y fait plus émotionnel jusqu’à la nouvelle version de Berserkr très originale et renvoyant de manière très maline au premier effort. Ce titre a une valeur pour le groupe, c’est ce morceau qui les a révélés et on y retrouve ces lignes de chant si marquantes et devenues presque la marque de fabrique du duo.
Deuxième effort seulement et déjà Eihwar semble présent depuis un long moment. Avec une formule aussi marquée, un univers aussi évocateur que désormais immédiatement reconnaissable, Eihwar fait plus que confirmer le talent et le potentiel. Avec ce second disque très réussi, des prestations live très marquantes où le binôme frappe les esprits permis par une Louve dont l’abattage sur scène est juste épatant, Eihwar fait partie des cadors du style et ce en un laps de temps incroyablement court. Il est certain qu’on les reverra et dans des environnements appelés à s’agrandir. Chapeau bas Eihwar !
P.S. : Eihwar sera présent sur les planches en 2026. N’hésitez pas à aller les voir, c’est juste incroyable.