L’album, sorti en août 2025, n’a pas eu beaucoup d’échos dans les médias spécialisés français. C’est dommage car, dans le style post metal, c’est sans doute une des meilleures sorties de l’année passée. Du coup, je me suis enfin décidé à me fendre d’une chronique.
Blessings est donc un quatuor suédois, de Gothenburg qui ne fait pas de Death mélodique à la At The Gates ou Dark Tranquillity. La formation propose plutôt un post Metal dans la veine de Breach ou deCult of Luna, pour rester en suède, même si l’influence principale selon moi reste le maître du genre, Neurosis, avec une approche vocale bien différente des groupes suscités.
Signé sur Pelagic records, la musique de Blessings ne dénote pas dans le roster du label du leader de The Ocean. Les amateurs de cette maison de disque y trouveront leur compte sans problème.
A ce jour, Blessings a sorti trois albums, un premier au son très cru en 2012 et un second en 2021, bien mieux produit, que je recommande également. Ce troisième effort, Blodsträngen (la lignée en français) s’inscrit dans la continuité de ce dernier.
La formation est composée d’un bassiste chanteur, d’un guitariste qui participe aussi au chant, d’un batteur et d’un musicien chargé des synthés, percussions et d’autres instruments divers. D’où la particularité de l’album qui est l’utilisation d’instruments atypiques comme le xylophone, la cowbell,.. Les synthés ont également une place très importante, en soutien de la guitare et de la basse, comme Neurosis a pu le faire sur des albums comme Souls At Zero ou Times of Grace. Cela donne une coloration particulière aux morceaux, en accentuant leur côté sombre.
L’album commence très fort avec le titre Raised on Graves, qui évoque un mix de Neurosis et de Killing Joke. C’est une parfaite manière d’entamer le voyage proposé par le groupe.
Le morceau suivant, String of Red, fait partie d’une trilogie débutée sur le premier album. Il y a un String of Red sur chacun des trois albums. Il a fait l’objet de la vidéo ci-dessous :
A partir du troisième morceau, une ambiance plus progressive s’installe, non sans rappeler parfois des ambiances à la Tool, mais toujours avec une ambiance de fin du monde.
Mention spéciale à No Good Things et son intro xylophone et basse saturée qui se poursuit par un passage très mélancolique au chant désabusé alternant avec des explosions de guitares.
Sur l’ensemble du disque, le travail sur le chant est remarquable, apportant une diversité au service des ambiances variées entre les morceaux et dans les morceaux eux-mêmes. Cela démarque vraiment le groupe d’autres productions post metal aux parties vocales souvent très unidimensionnelles.
Au final, avec 7 titres pour 41 minutes, et seulement 2 titres autour des 9 minutes, Blodsträngen ne lasse pas sur la longueur. Au contraire, il se révèle au fil des écoutes grâce aux nombreux détails. Le son et le songwriting de Blessings se sont affinés au fil des ans et le groupe atteint selon moi la maturité sur cet album. Vivement le prochain !