La fébrilité va en gagner certains, hé hé, à commencer par le Diable Bleu. Alors oui, je sors mon sourire machiavélique le plus charmant et je me gausse d’apercevoir la terreur en ses yeux. Pour rappel, Beyond The Black fut encensé par ce dernier sur la chronique de son dernier album, et que dire des chroniques précédentes d’Orion, tout aussi séduit par les allemands, si ce n’est que ce groupe tenait la corde dans le cœur des amateurs de metal symphonique de notre estimé webzine. Mais voilà que la roue tourne et que je prends le relais. Moi qui, jusque là, ne partageais pas ces avis dithyrambiques, moi qui passais poliment mon tour à chaque sortie du groupe, moi qui les ai vus lors du dernier Hellfest pour un concert très pro et très propre mais qui ne m’a pas emballé comme d’autres l’ont fait (en plus le groupe m’a gentiment éconduit lors de ce fest pour ma demande d’interview, mais ça je ne leur en veux pas, ça peut se comprendre). Il n’empêche ! Pour Break The Silence, c’est moi qui vais être aux manettes de cette chronique. Alors ?
Dès le premier morceau Rising High, les guitares sont mises en avant et offrent un titre très heavy, tout en conservant l’ambiance symphonique grâce au chant de Jennifer Haben, toujours parfait. C’est concis, mélodique et efficace, diable quelle entrée en matière !
Ça enchaine avec Break The Silence : du pur Beyond The Black, symphonique, parfait avec de superbes changements de rythme et une Jennifer Haben au firmament. N’en jetez plus ! Plus aucun doute possible, je suis passé à côté de quelque chose par le passé, flute ! Et la suite va donner raison au groupe puisqu’arrive The Art Of Being Alone où, après une intro aux influences ethniques, c’est parti pour un feat de Lord Of The Lost, et surtout la voix charismatique et singulière de Chris Harms. Donc si je résume, nous sommes face à deux groupes dans lesquels j’ai mis beaucoup d’espoirs souvent déçus, et là, d’une seule voix, ils me font taire ! Ce titre est génial ! Mélodique et symphonique avec l’alternance vocale fantastique de Chris et Jennifer. Si à cela on ajoute une seconde partie plus ethnique, puissante avec une grosse frappe, on touche presque au sublime. D’ailleurs il suffit d’écouter ce titre pour s’apercevoir qu’on tape du pied en cadence du début à la fin.
Si on retrouve le marqueur guitaristique du groupe ainsi que la frappe lourde sur Let There Be Rain, c’est surtout l’apport du second feat qui déroute. Pensez ! Le Mystère des Voix Bulgares qui vient prêter main forte sur les lyrics, plus bizarre tu meurs ! Et pourtant l’alchimie prend comme une bonne mayonnaise, il faut dire que les apports musclés du groupe y sont pour beaucoup jusqu’au solo bien pêchu. Le truc est ultra casse-gueule sur le papier mais Beyond The Black s’en sort avec les honneurs. Retour à du metal symphonique pur jus mais tellement bien exécuté sur Ravens... bien que le rythme soit assez lent. La puissance prend souvent le relais ici. Plus dur à appréhender, The Flood est un morceau bourré de vocodeurs électro qui ne sont pas du meilleur effet, et c’est d’autant plus rageant que le reste est bien foutu. Le groupe s’est un peu perdu ici mais pas de quoi tirer sur l’ambulance non plus, Beyond The Black propose du lourd. Et ça ne s’arrête pas là car la suite (avec Can You Ear Me) offre le troisième feat de l’album avec cette fois-ci Asami, chanteuse du groupe de power metal Lovebites. Bien rentre-dedans et puissant, le duo vocal fonctionne à merveille. Une belle trouvaille que cette association !
A ce stade, rien à dire, l’album est clairement une réussite, mais il convient de s’arrêter sur la suite et (La vie est un) Cinéma. Quand Jennifer Haben chante en français dans le texte « la vie est un cinéma, un cinéma bizarre… » ça surprend la première fois. Ce titre est franchement une monstruosité de perfection, et sans vouloir faire de comparaison lyrique trop facile, il n’aurait pas été choquant de le voir sur un album de Mylène Farmer (diable mais où va-t-il chercher ça lui). Le texte en français, les apports électro, le rythme, bref beaucoup d’éléments qui m’ont fait penser à cette dernière. Etonnant non ? Moi j’ai craqué, c’est une dinguerie ! Le voici :
Retour sur terre avec Hologram dont l’influence Within Temptation se perçoit ici pour un autre bon brulot de metal sympho que le groupe balance aussi facilement que s’il enfilait des perles. Après le français, place à la langue natale de Beyond The Black (l’allemand pour ceux qui ne suivent pas dans le fond, je vous vois !) pour clôturer cet opus de la plus belle des manières avec Weltschmertz. Bah oui avec un titre qui s’apparente presque à une ballade en mid-tempo avec la présence d’orgue, tout en retenue…Whoua !
J’étais venu bien remonté pour envoyer une avoine à cet album, et, par la même, me marrer à imaginer la trombine du Diable Bleu, la larme à l’œil à lire cette missive acerbe. Ben c’est planté, et c’est lui qui, j’imagine, me regardant en coin avec ce petit sourire qui en dit long. Le « je te l’avais bien dit, hein ! ». Bah oui j’ai été happé par cet album, de la première à la dernière note car tout est remarquable, recherché et puissant. Je dois vous avouer que je me pose pas mal de questions car je suis passé complètement à côté de Beyond The Black, même si je commençais à vriller du bon côté depuis leur concert au Hellfest. Avec Break The Silence, bam ! Voici un album coup de cœur qui va rester un moment dans ma playlist de l’année.
Tracklist de Break The Silence : 01. Rising High 02. Break The Silence 03. The Art Of Being Alone (feat. Lord Of The Lost) 04. Let There Be Rain (feat. The Mystery Of The Bulgarian Voices) 05. Ravens 06. The Flood 07. Can You Hear Me (feat. Asami from Lovebites) 08. (La Vie Est Un) Cinema 09. Hologram 10. Weltschmerz