Un p’tit tour et puis s’en va... vraiment ? Oh, mince. Eh oui, après plus de quarante berges de bons et loyaux services, Sepultura plie les gaules. Pourtant, aucun des membres ne dépasse les 60 ans, Macron ne serait pas fier de vous ! Mais voilà : Kisser et les autres veulent passer à autre chose. La tournée d’adieu est en cours, un gros live de 40 titres joués dans 40 villes différentes est en préparation mais c’eût été dommage de partir sans nous filer de nouvelles chansons, non ? D’autant plus que le dernier album en date, l’excellentissime Quadra, a déjà six ans !
Bon ben voilà, la dernière sortie originale du groupe : un EP, 4 titres, une pochette sublime. Attendez, seulement quatre titres ? Ouaip, la légende Sepultura nous abandonne avec à peine 17 minutes de musique. Féchié. Mais bon, Kisser a dit, en gros "on avait quatre titres, on a enregistré les quatre, même que si ça vous plaît pas, c’est pareil". Bon, bon, on va pas se plaindre mais on va pleurer très fort sous notre couette, en écoutant ce Nuage de l’Ignorance.
Ce qui rend encore plus triste -outre le dernier tour de piste d’une légende du metal, outre le fait qu’il n’y ait même pas d’album, outre le fait qu’on ne va plus entendre Green chanter, outre tout ça-, c’est qu’il est tout bonnement excellent, cet EP ! De toute façon, si vous avez aimé les deux derniers albums en date -ce qui est mon cas-, il est parfaitement impossible que vous n’adoriez pas cette ultime livraison. Le groupe reste dans cette approche pas-tout-à-fait-thrash-mais-pas-tout-à-fait-prog-non-plus qui fonctionnait tellement bien sur leur fin de carrière, avec des grosses bourinnades bien senties, des passages un peu atmos et des jolies mélodies qui font serrer le point.
Prenez rien que le premier titre, qui vous fracasse la tronche d’entrée de jeu : ça bourrine, mais y’a aussi du violon (si, si) et un break tout joli, tout mélodique. Beyond the Dream, qu’on avait déjà eu en guise d’apéro, comment comme une p’tite ballade -on pense à One- mais n’en est finalement pas totalement une. Green y est, comme à son habitude, impérial avec sa voix bien grave. Tout ça avant que Sacred Books vous choppe par le col pour vous péter les dents, avec une espèce de piano d’outre-tombe qui magnifie le tout. Soyons clairs : je déteste le sympho, je hais quand ce genre d’instruments se promène dans mon metal bourrin, mais là, j’ai adoré. Enfin, The Place conclut la messe avec un début un peu doomy du plus bel effet, avant une accélération très groovy qui a manqué de faire craquer ma nuque...
Et puis voilà, fini. Et, pour m’auto-citer : féchié. Ces quatre titres sont excellents et témoignent d’une forme olympique pour le groupe. Loin d’être ridicules, les p’tits gars en ont encore sous le coude, ça se sent. Ça riff, ça mélodise, ça solotte, Green n’a rien perdu de sa puissance. Allez, les gars, soyez chics, revenez ! Je ne demande même pas de tournée, arrêtez ça si vous voulez. Mais continuez de composer, par pitié ! Quoiqu’il en soit, si c’est vraiment la fin, vous partez en beauté, avec classe, et c’est pas tout le monde qui pourra s’en vanter...
Bon par contre l’EP en vinyle à 25 balles les quatre titres, on se foutrait pas un peu de notre gueule ?!
Tracklist de The Cloud of Unknowing :
01. All Souls Rising 02. Beyond The Dream 03. Sacred Books 04. The Place