Le groupe DISCOZERO est un regroupement de musiciens aguerris des trois coins de France (Toulouse, Avignon, Strasbourg) qui se sont rencontrés au Hellfest en 2021 et qui ont décidé de tenter une nouvelle experience musicale ensemble. On y trouve Katia Jacob (basse, synchés, chœurs), Nicolas Foucaud (guitares, chœurs), Matthieu Miègeville (chant) et Zacharie Mizzi (batterie). Les musiciens ont tous de la bouteille puisque Katia est aussi membre de Glaciation et Vent Debout, que Nicolas fait partie de Los Desidentes Del Sucio Motel, de Kwoon et de Sapiens, que Matthieu œuvre aussi au sein de My Own Private Alaska (MOPA) et Transformer Le Négatif en Positif et enfin que Zach est un ancien de Bright Curse. Voilà pour les présentations.
Ils ont bossé pendant deux ans sur ce premier album intitulé It Was Capitalism All Along, exclusivement à distance, chacun bossant sur ses parties dans son home studio. Le mixage est alors primordial et c’est Nicolas qui s’y est collé pour un résultat plus que convaincant. Le mastering est assuré par Alan Douches fort de ses 25 ans d’expérience et avec plus de 1600 albums masterisés à son actif (et un Grammy Award).
L’album démarre en trombe avec une alerte générale (sirène) pour la "dance of Joy" de Fire & Joy, c’est bien chanté, plein de gros mots, de chœurs qui répètent les gros mots, le refrain est super accrocheur, le son de la basse et de la guitare se complètent bien, j’aime bien l’usage (parcimonieux) de la cowbell, bref une excellente entrée en matière. On retrouve la cowbell, les chœurs, les gros riffs gras de rythmique sur And Again, un morceau encore plus punk. Ils ne citent pas Idles comme influence musicale, pour rien. Le petit break est un pur délire, ça déborde d’idées géniales, j’adore.
L’intro et le break de Get It! Get It! Get It! me font penser à Shaârgoth, le reste pas du tout, j’aime beaucoup l’alternance des parties indus avec d’autres plus new wave (la guitare d’XTC), c’est vraiment très original et très réussi. Matthieu passe allègrement de voix hurlée à voix claire, il sait visiblement tout faire. Le son de la basse est vraiment puissant, un vrai plaisir tout ça.
Nous voilà pris totalement à contre-pied avec le morceau suivant, Forgive Forward, très sombre, calme, chanté d’une voix très basse par Matthieu, qui démontre là toutes ses capacités vocales. Katia assure de bons choeurs, sa voix contraste bien avec la voix de Matthieu. Nous ne sommes pas au bout de nos surprises avec Mary & Jesse &, une autre réussite de cet album, chantée par Matthieu et Katia. L’arrivée de la basse dans le morceau est d’une puissance jouissive. C’est bien fait et original, que demander de mieux, je vous laisse découvrir le clip. Vous noterez au passage le super solo de guitare de Nicolas :
Zach attaque ensuite Oh My God (I’m Still Alive), avec un super gimmick de batterie, Katia double le chant de Matthieu, chant multi-facettes avec des passages rap, du chant hurlé d’écorché vif à la fin. Ce morceau avec ses "Oh My God" répétés, son tempo lent, sa longueur (presque sept minutes) et ses rythmiques lancinantes, vous prend vraiment aux tripes. Coffee. Drive est un autre morceau atypique et intéressant, visiblement inspiré par la galère des concerts à l’autre bout de la France, entassés à l’arrière d’une bagnole. On y trouve un petit clin d’œil au tube "video kill the radio star", ici parodié en "video killed the touring stars".
C’est un Do you Dance? de presque sept minutes qui clôture ce petit bijou dans une ambiance boite de nuit. C’est un morceau assez indus dans le riff de la rythmique, un peu moins dans le chant et encore moins dans le solo de guitare super sympa. En tout cas, difficile de ne pas se lever et remuer son cul sur ce morceau, d’autant que le rythme tourne au franchement disco vers la moitié. Matthieu donne de sa personne sur la fin du morceau, c’est énorme !
Quelle claque ! Ce premier album de DISCOZERO est une pure réussite. Les talents des musiciens sont au service du collectif (on croirait un chroniqueur de foot) et s’unissent pour sublimer des compositions franchement originales. Une mention spéciale aux voix, magnifiquement bien travaillées, celles des chœurs, mais surtout celle de Matthieu. Cet album c’est un concentré d’originalité, comme on aimerait voir bien plus souvent dans des albums de rock. Bravo !