Groupe:

Motocultor Festival - Jour 3 & 4

Date:

15 Aout 2025

Lieu:

Carhaix - Karaez

Chroniqueur:

ced12

Après deux premières journées particulièrement intenses et au combien réussies, la chaleur monte d’un cran avec un soleil plus agressif. Le Motocultor va se transformer en un grand champ de poussières et il convient de gérer cette météo plus exigeante pour les festivaliers. Bien appréhendé côté orga, les points d'eau répondent présents et sont un bonheur pour les festivaliers. Les points d'ombre sont pris d'assaut, tout le monde sue à grosses gouttes mais les festivaliers sont parés pour retourner au combat dans les différents pits. Allez on garde le cap. La fête continue !

Jour 3

Nous revenons avec un programme plus traditionnel avec une arrivée commune sur site pour les légendaires Loudblast. Le groupe de Stéphane Buriez a fêté en grandes pompes ses quatre décennies d’existence (cf le très bon reportage dans un récent Rock Hard). Valeur sûre de l’univers Metal français, Loudblast a encore délivré un très bon show, labouré le Motocultor (j’étais obligé de la faire !). L’intro avec Crazy Train balancé dans la sono, les t-shirts à l’effigie d’Ozzy, un bel hommage au Prince des Ténèbres fut rendu par les nordistes. Je digère encore le barbecue du midi mais profite de ce show sans surprise mais solide. Alors que le pote se prend ensuite sa dose de brutal death avec Skeletal Remains, très bon groupe dans la droite lignée d’un Cannibal Corpse, je me rends à Rendez Vous, formation de post-punk martial qui va me lancer ma journée musicale. Un show très fun, hyper entrainant, festif. Un punk bien construit avec un côté noise boosté qui fonctionne super bien. Avec un tel registre, Rendez Vous c’est un peu l’OVNI de cette édition. L’atmosphère sous le chapiteau est excellente, tout ce petit monde s’amuse. Les musiciens se la racontent un peu trop à mon goût (les lunettes de soleil ne me semblaient pas nécessaires) mais musicalement c’était top. 

Sur la Bruce Dickinscène, on entend au micro un « comment ça va les Vieilles Charrues ? ». Le décor est planté, Poésie Zéro investit les lieux avec son punk anar en bons dignes héritiers des Béruriers Noirs. Pas notre délire alors on laisse ce petit monde s’amuser avec cet humour potache très provocateur d’un goût parfois douteux. Allez on retiendra cette invective improbable « Et toi là qui fait des doigts depuis le début, t’es un fasciste ? », ce Révolution finale repris de Ska-P entendu au loin qui nous a beaucoup fait penser aux Inconnus. Poésie Zero c’est une infernale et brillante machine à buzz. Forcément, dans notre époque surconnectée, ça fonctionne. Musicalement, c’est plus discutable même si indéniablement dans une certaine tradition française contestataire et vindicative. Ce n’est juste pas la nôtre. Enfin tout ça pour dire que la bière était bonne.

Retour à un autre groupe quelque peu décalé avec Enforcer. Ce concert on l’attendait. On était un peu passé à côté alors qu’ils ouvraient pour Airbourne (ça ne date pas d’hier). Nous n’étions pas préparés à l’époque pour ce heavy ouvertement 80’s, look et imagerie compris. Nous n'y avions vu qu'une vaste plaisanterie régressive. Mieux informés depuis, Enforcer nous a régalés. C’est super bien fait, on se croirait revenus dans le heavy 80’s avec spandex, veste en cuir sans manches, chant haut perché. Bon on ne les a pas connus ces 80’s (du moins pas consciemment) mais l’illusion est impeccable. C’est vraiment très bien fait, impeccablement interprété, le show est hyper carré, le groupe en pleine forme. On a même eu droit à la ballade estampillée 80’s. Non vraiment tout y était. Enfin si, il a manqué un peu de public, le show des suédois n’ayant pas attiré les foules. La faute à la chaleur du jour ? A ce heavy certes hyper qualitatif mais déconnecté des attentes d’un public plus jeune ? Nous l'ignorons mais toujours est-il que nous on s’est régalés et c’est bien là l’essentiel.

L’an dernier, j’avais beaucoup apprécié le concert de Slope au festival 666 partagé avec l’ami Jean-Mich’Hell. De nouveau c’est un très bon show avec ce funk relevé à la sauce hardcore. On pense toujours autant à un Red Hot Chili Peppers sous stéroïdes. C’est très classieux, vraiment bien fait. Les allemands ont confié avoir roulé 14h pour venir assurer ce show. Pas évident la vie de musiciens ! Le groupe a assuré, confirmé tout le bien qu’on pensait d'eux et rappelé que Freak Dreams est un excellent disque (ce que ne manquera pas de valider Jean-Mich'Hell). Une musique pas évidente à vendre avec ce croisement a priori improbable mais qui mérite vraiment qu’on s’y intéresse.

Vous êtes prêts pour la baffe de cette édition 2025 ? Nous pensions l’être mais avons tout de même été emportés par la boucherie Paleface Swiss. Marc "Zelli" Zellweger armé de son micro a planté le décor d’entrée. En substance, le frontman a exprimé ce que tout l’auditoire ressentait : les conditions juste parfaites avec un soleil du soir moins agressif, l'atmosphère fiévreuse. Tout était réuni pour qu'il se passe quelque chose. Et nous l’avons vécu ce grand moment. Groupe en forme olympique, public déchaîné, ce fut une belle communion deathcore et ce dès le début du show. Aucun round d'observation, c'est parti pied au plancher. Breakdowns irrésistibles (et parfaitement dosés), lignes de chant délirantes (le frontman a une voix dingue, dans un registre proche de celui d'un Corey Taylor), batteur en fusion, Paleface Swiss a tout arraché. Je ne peux que confier ce moment où après la vanne du batteur nous confiant avoir perdu quelque chose dans le pit et nous demandant de faire de la place, le pit s’est ouvert en deux jusqu’à la régie son. Impressionnant. Et là je n’ai pas été bon me retrouvant de fait au premier rang. Je n’ai pas eu trop le temps d’hésiter mon pote me poussant dans la meute. Bon passé l’impact, nous avons rebondi telle une bille de flipper (ou une gamelle pour les fans de baby-foot) et sommes revenus au point de départ ce qui nous a bien fait marrer. Nous avons ainsi pu profiter d’un pit enflammé en étant aux premières loges et c'était toujours aussi sauvage. Cela a levé une poussière dingue au passage. Allez je dirai que la ballade River Of Sorrows n’a pas apporté grand-chose si ce n’est cinq minutes de répit à un pit en suffocation. La géniale Love Burns a achevé l’auditoire avec un circle pit allant des barrières à la régie son. Encore un moment de sauvagerie totale, un final bien épique avec ce superbe riff de guitare et cette mélodie finale si fédératrice. Un moment de communion comme seuls les fest Metal savent en offrir. Démentiel ! A noter que le groupe reviendra en tête d’affiche par chez nous ainsi qu’en première partie de leurs potes (et producteur) de Landmvrks. A ne manquer sous aucun prétexte. Enorme potentiel que celui de Paleface Swiss. Fichtre que ce fut bon !

La pause repas fit un bien fou après ce moment bien intense et nous ne profiterons que de loin du show d’Extreme, toujours aussi solide en live. Et notamment ce beau medley final en hommage à Ozzy. Kabet m’a par la suite expliqué que le groupe avait des antécédents en la matière et en avait fait de même avec Freddy Mercury il y a plus de trois décennies de cela. Nuno Bettencourt qui a rappelé avoir participé au récent concert d’adieu d’Ozzy a ainsi rendu un bel hommage à un de ses amis. Un chouette moment, émouvant et aussi très réussi musicalement. Le pote s’est ensuite pris sa dose de thrash avec Dark Angel, un concert intense, remuant, très apprécié et confirmant une édition très pertinente en termes de thrash proposé. La tête d’affiche du soir est assurée par Trivium qui va faire du Trivium à savoir un très bon show, à l’américaine. Bien sûr, on retrouve les mauvaises habitudes du combo, les mauvais tics de communication de Matt Heafy (« ils étaient plus bruyants hier soir ! »), la faible mobilité des musiciens sur scène. Mais c’est que c’est assez technique et les deux guitaristes sont pas mal occupés à assurer chant et chœurs. Axel Bent est toujours aussi épatant derrière ses fûts (même si le court solo fut particulièrement inutile et peu intéressant). La reprise de la première moitié de Master of Puppets a tout déchiré rappelant ainsi la filiation naturelle avec Metallica. Trivium c’est vraiment bien, un thrash moderne hyper solide et un groupe toujours aussi sympa à voir en live. Et je persiste à penser que le recrutement d'Axel Bent a fait un bien fou au combo et mis un coup de pied salutaire aux fesses de nos deux guitaristes qui depuis ont trouvé un impressionnant rythme de croisière.  

Dernière baffe de la journée avec Cult Of Luna que je ne connaissais pas en live et qui m’a épaté malgré l’heure tardive. Sous la tente, le collectif suédois a bénéficié d’un son énorme et tout écrasé dans une nuit noire très propice à ce genre de musique. Le premier morceau de dix minutes Cold Burn a posé les bases d’entrée et démonté la Masey Ferguscène. Ce riff de guitare en mode sonar se posait là. La dynamique est folle, le chant ultra profond et puissant, Cult Of Luna c’est vraiment épatant. La suite fut intrinsèquement moins impressionnante que ce démarrage haut de gamme mais Cult Of Luna a assuré et délivré un sacré show, très suivi, eux qui sont des habitués des lieux. Les deux batteries offrent une assise écrasante et se posent là question force de frappe. Avec des musiciens éclairés de dos, le rendu est très visuel, c'est très immersif presque cinématique. Ainsi s’est terminée pour nous cette troisième journée encore très réussie marquée par la prestation démente de Paleface Swiss.

Jour 4

Dernier jour ces derniers passant décidément à une vitesse folle, mais pas le temps de trop cogiter tant c’est LA journée la plus attendue pour nous. Oui Machine Head reste un groupe important pour nous et leur présence en tête d’affiche n’est pas étrangère à notre choix de venir ici en terre bretonne. Phénomène de notre époque, le Motocultor a profité de cette dernière journée pour faire une première annonce avec les premiers noms pour 2026. D'abord sur les réseaux sociaux puis en projetant sur la Dave Mustage cette première affiche. Cela paraît bien hâtif mais il s'avère que l'Alcatraz, le Wacken et le Summer Breeze en ont fait de même. Si l'ouverture précoce des billetteries s'entend sur le plan économique afin de capter les flux de trésorerie, cette course en avant laisse un peu perplexe car nous voilà presque à organiser nos Etés suivants alors que l'actuel n'est pas encore terminé. C'est un peu absurde et pas que dans une approche bouddhiste. C'est l'époque me rétorquera t-on mais je suis partagé entre ce présentisme parfois un peu vain et dénué de vision et ce besoin délirant d'anticipation sans qu'on ne sache vraiment trop où on va. Désormais, beaucoup de vacanciers le savent, les visites l'été ça se réserve bien en amont, il n'y a plus de place pour l'adaptation, l'improvisation ce qui a son charme aussi. C'est ainsi, il faut vivre avec son époque mais une part de moi "tique" un peu. 

Passé ces considérations, revenons sur le plancher des vaches avec cette dernière journée si enivrante sur le papier. Comme la veille, c’est vers 16h que nous arrivons pour voir les finlandais d’Ensiferum, réputé a raison pour leurs concerts festifs. A distance depuis la Suisse où il se régale au Rock The Lakes, le Diable Bleu me rappelle l’excellence live de ce groupe. Ça commence moyennement bien pour les finlandais car un membre du festival nous annonce que le groupe a eu un problème de bagages perdus dénonçant au passage Air France en riant jaune. Plus amusant, il nous précise que c’est lui qui communique car le groupe ne parle pas français et que « la plupart d’entre vous ne comprennent pas l’anglais ». Voilà qui a le mérite de faire sourire l’auditoire. C’est donc sans costumes et sans ses instruments qu’Ensiferum débarque avec du matériel emprunté sur place. Heureusement une tente vendait du matériel et a pu dépanner nos finlandais. Ça surprend forcément mais ça fonctionne très bien. C’est là qu’on voit le talent des types car même sans leur matériel, ils s’en sortent très bien. Point intéressant, le pote a trouvé à raison un petit côté Children Of Bodom à Ensiferum. Cela nous a offert une autre vision du groupe et même le sentiment de les redécouvrir. Bon ils s'en seraient bien passés on s'en doute. Le concert est bien sympa, les musiciens sont souriants, l’ambiance est bonne sans être incroyable mais la bonne humeur est là. Le clavier vient pousser la chansonnette avec une voix très heavy plutôt impressionnante. Et le Breaking The Law proposé en cover est une pure réussite. Ensiferum malgré des conditions qu’on devine compliquées pour les musiciens a assuré.

Toujours sur la Dave Mustage débarquent Fear Factory. Le groupe de Dino continue ses shows en mode fan service comme lors du Hellfest 2024. C’est donc ouvertement nostalgique, pas très orienté vers l’avenir mais qu’est que ce fut bon !! Un concert absolument incroyable avec l’interprétation du génial Demanufacture proposé en intégralité. L’iconique intro met en lumière Pete Webber batteur qui a fait très forte impression et dont la performance fut absolument énorme. Milo Silvestro nous pose un cas de conscience semi philosophique par contre. Vocalement le type est exemplaire, passe les passages en clair avec une aisance qui force le respect mais voilà il n’est pas Burton. Ce n’est pas de sa faute et il convient de ne pas oublier les difficultés live de ce dernier. Il a le mérite d'être là, Fear Factory a pu reprendre sa route et le gars semble éminemment sympathique même s’il manque de charisme et souffre à mon sens de la présence imposante d’un Dino assurant la comm entre les titres (tâche qui devrait incomber à Milo Silvestro). Ceci étant dit, quel p… de show. Oui je m’enflamme mais que ce fut bon !! La fosse est en feu, tout y passe entre circle-pit, wall of death et ambiance déchainée. On a même eu droit à une macarena improvisée par quelques personnes du public aussi impromptue que finalement cohérente dans cette douce et géniale folie générée par Fear Factory. (Je précise tout de même pour le lecteur légitimement suspicieux que j’ai la vidéo de cette danse que je n’aurais jamais imaginé voir reprise dans un pit metal). Une boucherie metal absolue, un mur de poussières, Fear Factory a régalé. Le commerce de la nostalgie fonctionne toujours aussi bien et ce fut juste génial. Pour la création et la nouveauté, il y a de jeunes groupes pour ça. On a profité sans se poser de questions de notre côté et nous ne fûmes pas les seuls.

On a ensuite bien besoin de reprendre son souffle loin de cette poussière. Le black celtique de Primordial ne nous enthousiasme guère, pas plus que les très sabbathiens Monolord. On laisse les jeunes s’amuser sur le phénomène Landmvrks (qui a rameuté les foules, ça se passe décidément très bien pour eux c'est cool) et on attend notre heure avec une belle soirée en perspective. Blind Guardian est attendu et assure un chouette show. Hansi Kürsch reste un vocaliste exceptionnel. Sa voix est toujours aussi puissante, sa présence charismatique. Pourtant il n’en fait vraiment pas des caisses et c’est d’ailleurs le petit reproche que je ferai aux allemands à savoir ne pas trop développer l’aspect « show », particulièrement en mode Fest. Cela reste sobre, hyper efficace (Deutsche Qualitat) mais le visuel gagnerait à être plus travaillé. En ce sens, Blind Guardian donne parfois l’impression d’être un peu en roue libre et d’assurer le minimum syndical n’essayant pas de rendre ses shows plus aboutis. Cette remarque vaut surtout par rapport aux deux shows « über alles » qui vont suivre. Passé cette remarque, le concert fut très bon. C’est excellemment interprété, les moments forts sont toujours aussi bluffant : The Bard Song repris en chœur par le public, Valhalla et son final toujours aussi fédérateur avec ce refrain juste génial, Nightfall). Blind Guardian c’est vraiment bien. Et ça vieillit bien. Mais ces gars pourraient faire encore mieux en développant leur mise en scène !

Dans le même timing (un des doublons frustrants de cette édition), Candlemass a déroulé un bon show avec la présence événementielle d'un Leif Eidling. Un show hyper en place dont les échos ont été bons confirmant au passage la belle densité du line-up 2025 du Motocultor.  

Le Diable Bleu les avait repérés et vus au Hellfest 2024, je les attendais avec une réelle curiosité : les allemands de Kanonenfieber. Et je n’étais pas le seul car il y a du monde positionné devant la Supositor Stage pour le concert des allemands. Et ce fut la grosse baffe ! Décorum scénique superbe, prestation hyper théâtralisée, pyrotechnie incessante, lance-flammes, Kanonenfieber a fait très très fort. Le groupe développe le concept de la 1ère Guerre Mondiale vu du côté allemand, en fait des caisses, ne fait pas dans la finesse mais écrase tout sur son passage avec son blackened death hyper intense, roboratif avec ses riffs très noisy. Wow quelle claque ! On connaissait déjà le savoir-faire allemand en la matière, encore une confirmation. Kanonenfieber ça envoie du lourd (et de la pyrotechnie !). Dans un registre musical différent, ce sont les dignes héritiers de Rammstein ! Un show éreintant, un groupe incroyable avec ses lignes vocales très martiales ! L’heure passe à une vitesse folle, le public est à fond. On tient là un talent, un groupe (enfin le projet de son créateur bavarois Noise) qui se donne les moyens de ses ambitions. En Festival, foncez les voir sans réfléchir, un des shows les plus impressionnants visuellement vu en Fest. Et réalisé par un groupe encore jeune et évoluant dans les sphères black / death c’est du jamais vu (bon ok je n'oublie pas Behemoth). IMPRESSIONNANT.

J’en ai profité pour gentiment chambrer le pote lui demandant si Robb Flynn réussirait à passer après un tel show mais la question était rhétorique. Robb Flynn a beau avoir ses défauts, c’est une bête de scène et lui a upgradé son show pour se mettre au niveau des têtes d’affiche de gros Fest. Si leur prestation remarquée lors du Hellfest 2024 avait rappelé les qualités immenses du groupe, la réception plus tiède de leur dernier disque a un peu soufflé le chaud et le froid pour Machine Head. Eternel recommencement pour notre Sisyphe californien qui ne cesse de devoir refaire ses preuves ramassant nombre de critiques (justifiées parfois soyons honnêtes) mais qui continue de retourner inlassablement les fosses metal. Ce dernier album, le pote continue de la trouver très bon, plus catchy, ayant sans doute trop recours aux voix clairs mais avec toujours cette capacité à envoyer du gros riff typique Machine Head. En live, outre un gros décorum et un écran géant très bien utilisé, Machine Head envoie toujours autant avec un son incroyable de puissance. La doublette d’ouverture Imperium Ten Ton Hammer défonce tout, le son est ENORME j'y reviens. Ce metal groovy déboîte, le public se régale. Les deux derniers albums sont un chouilla trop représentés à mon goût (désaccord du pote sur ce point) et ça impacte un peu la dynamique d'ensemble de la setlist entre le Machine head catchy (celui d'Unatoned, de Burning Red et de Supercharger) et celui que les puristes considèrent comme le "vrai" Machine Head, avec des compos plus dense, plus travaillées. Je continue aussi de penser que Bulldozer ressorti de Supercharger fonctionne moyennement en configuration festival mais la doublette From This Day (quel titre !!! sans doute mon préféré de Machine Head) – Davidian (la déflagration primitive de Burn My Eyes) emporte tout. Le dernier Halo en rappel confirme que Machine Head est IMMENSE et surtout capable d’impressionner autant en tête d’affiche qu’en salle. Le show a marqué les esprits preuve que le groupe en a encore sous le capot. La grande classe et la parfaite conclusion d'une édition exceptionnelle musicalement. 

Ainsi se termine cette édition 2025 du Motocultor. Incroyablement qualitative musicalement, bien mieux organisée (de l’avis général), la montée en puissance du Motoc est réelle et cela fait bien plaisir tant ce fut parfois difficile et non dénué de vents contraires. Par ailleurs, l’expérience festival reste incomparable, quatre journées hors du Temps (où pourtant on passe son temps à surveiller son running-order, toujours ce fascinant paradoxe), des moments humains infiniment plaisants (je remercie encore Jéjé et Nath d’avoir partagé ce Fest avec moi). Le modèle festival malgré certaines contraintes (et quelques réserves récurrentes comme cet aspect consommation de la musique) reste un moment fascinant, un concept génial, profondément vivant ! 

Top Ced : Eivør / Dool / Kanonenfieber / Fear Factory / Paleface Swiss 

Top Jéjé : Machine Head / Kataklysm / Paleface Swiss / Fear Factory / Fleshgod Apocalypse 

Top Découvertes : Ne Obliviscaris / The Gorge / Houle / Rendez Vous / Ensiferum (en tenue de ville et sans leur matos, une redécouverte)

 

Venez donc discuter de ce live report sur notre forum !