Ce concert aurait dû avoir lieu en septembre dernier. J'étais au taquet, d'ailleurs : Saxon et Sortilège sur la même affiche, dans mon petit Zénith adoré de surcroit, ça ne se refuse pas ! Oui mais, sauf que. L'ami Biff Byford a eu les problèmes de santé qu'on sait (cancer, au cas où vous n'auriez pas eu l'info), le concert a donc été reporté. Qu'à cela ne tienne, Biff a pété la tronche de l'autre saloperie de crabe et Sortilège a eu le temps de sortir son nouvel album. Autant vous dire qu'en ce mois de mai, on a grand hâte d'enfin pouvoir profiter de ce concert ! Surtout que l'organisation a tenu à ce que ça se sache, notamment en planifiant une rencontre et une séance de dédicaces dans un bar parisien courant avril. Nous y fûmes, votre estimé chroniqueur Blaster et moi-même et ce fut un plaisir de croiser Biff mais aussi Zouille de Sortilège ou le grand Brian Tatler, gratteux légendaire de Diamond Head qui riffe maintenant avec Saxon. Mais soyons honnêtes : Biff n'avait pas l'air très en forme ce jour-là. J'avais peur que son combat contre la maladie nous l'ait un peu abîmé. M'enfin, on jugera sur pièce. Me voilà donc, en ce vilain dimanche soir, dans le hall du Zénith, prêt à chanter. Faut dire qu'après l'heure quarante-cinq de bagnole dans les bouchons et sous la flotte, je suis pas mécontent d'être arrivé. Je profite d'ailleurs de cette missive pour réclamer à ce qu'on déplace le Zénith au sud de Paris, si possible à dix minutes de chez moi. Le message est passé, j'attends. Mais je m'égare. Le hall, donc, dans lequel, comme à mon habitude, je zieute les prix du merch. 50 euros les t-shirts, ça devient malheureusement une habitude. Tout comme les places, qui dépassent maintenant presque systématiquement les 100 euros. Et les parkings, comptons 25 euros. Et la petite boisson sur place, comptons 10 balles grand minimum... On est à presque 200 euros la soirée, ça devient franchement du grand n'importe quoi. Mais comme dirait l'autre, il suffirait que personne n'achète pour que ça ne se vende pas. Et vu comme la salle est remplie, le capitalisme ne va pas s'écrouler tout de suite (quelle transition, mes amis !). Ne me demandez pas ce que valait la première partie, assurée par les Français de Overdrivers, je n'y étais pas (une heure quarante-cinq de bouchons, souvenez-vous) mais d'après ce que m'a dit mon voisin de devant, je le cite : "ouais, bon, ça cassait pas trois pattes à un canard mais c'était sympa et efficace". Ces propos n'engagent que lui, moi j'étais pas là. En revanche, je suis bien là à 19h44 quand les riffs de Sortilège commencent à retentir ! C'est donc ma deuxième fois avec eux, première dans une grande salle. Et si j'avais adoré leur concert à l'Empreinte... eh bien, je n'ai rien à dire de vilain sur celui de ce soir. Allez, si, il manquait ma petite préférée, Mourir pour une Princesse. A part ça, si vous avez lu mon report d'il y a un an et demi - mince, déjà ? -, vous savez à quoi vous en tenir. La bande à Zouille nous a balancé 45 minutes de heavy en pleine poire, le tout avec un son plus que correct. Difficile de pester devant la setlist - même s'il manque un titre, mais bref -, c'est un quasi-best-of ! Ok, j'aurais bien aimé que le nouvel album soit un peu plus représenté, mais le single Médusa passe vachement bien sur scène et le morceau titre bien costaud me botte toujours autant. A part ça, les pépites habituelles, que le public ne se fait pas prier pour hurler : D'ailleurs, Chasse le Dragon, Sortilège... A noter que le groupe avait l'air un peu à l'étroit sur scène, on sentait bien que Saxon avait prévu un peu de décor pour son set. Rien de dramatique, je vous rassure. Une fois de plus, Zouille est monstrueux. Superbe voix, surtout quand il l'éraille un peu. Pas bête, le bougre sait aussi quand s'économiser, pour mieux nous en mettre plein la poire. Le personnage est toujours aussi sympathique, prompt à raconter des conneries entre les titres et à faire des petites danses un peu ridicules mais bien marrantes. Mention spéciale, forcément, au moment où il dédie ce concert à Bruno, ancien guitariste du groupe, qui nous a malheureusement quittés l'an dernier. Cela faisait un an tout pile ce soir-là, l'émotion était palpable. Enfin, j'aurais bien aimé la palper un peu plus mais l'andouille derrière moi s'est mis à gueuler pendant l'intervention de Zouille. Sérieux, y'en a qui devraient apprendre la politesse, zut ! Rien à redire, donc : concert impeccable, groupe en forme, chanteur incroyable, ambiance vraiment sympa. Manquait juste Mourir pour... Oui, bon, ça va, rooo, on a compris ! Setlist : D'ailleurs Progéniture Vampire Chasse Le Dragon Médusa Le Sacre du Sorcier Civilisations Perdues Le Poids de l'Âme Poséidon Amazone Sortilège Petite demi-heure de pause avant l'arrivée de Saxon, le temps d'aller chercher une bière et... Allez, je râle encore ! Pourquoi devons-nous toujours nous contenter de bières de m*rde ? Quitte à payer ma pinte une blinde, j'aimerais bien boire autre chose qu'une vilaine Heineken ou, pire encore, une maudite IPA immonde ! On mérite mieux, faites-vous entendre, camarades ! Je ne demande pas la lune, juste une bête Affligem me conviendrait. Un truc qui a un peu de goût, quoi (bon goût, si possible). Bon, pour ce soir, je me contente d'une stout. Ca va bien avec le heavy anglais, on va dire.
Et c'est alors que Damage Case de Mötorhead résonne encore dans la salle que les lumières s'éteignent. C'est l'heure, Saxon débarque ! Curieusement, le concert s'ouvre avec le single du dernier album, comme en 2024. Je ne vais pas m'en plaindre, c'est efficace et le public est direct au taquet. Un autre titre de l'album en question, le très accrocheur Madame Guillotine, sera aussi de la partie, pour mon plus grand plaisir. A part ça, on pourrait croire que le groupe n'a pas sorti d'albums depuis 1984 puisque plus aucun titre "récent" ne sera joué. Personne ne s'en plaint, cela dit, Saxon ayant un sacré paquet de tubes dans sa besace : Power and the Glory, Dallas 1PM, Heavy Metal Thunder... pololo, ça chauffe ! D'autant plus que, dieu merci, Biff est impérial. Toujours aussi charismatique dans sa redingote, il chante du feu de dieu ! J'ai même eu l'impression qu'il était encore meilleur qu'en 2024 (le cri qu'il nous a pondu sur Freeway Mad, wow). Quel frontman, bon sang, quelle classe ! Derrière lui, les gratteux s'amusent bien. Pas de bol, cela dit, pour le batteur, qui passera une bonne partie du set complètement masqué par l'immense aigle éclairé qui descend du plafond... Ouais, y'a effectivement un peu de décor (notamment des fausses ruines), on comprend pourquoi Sortilège était à l'étroit. La particularité du set, c'est que le groupe a joué l'album Wheels of Steel dans son intégralité. Ouais, tous les morceaux. Je ronchonne donc un peu : y'a du filler dessus, je préfère largement Strong Arm of the Law (m'enfin, ils ont joué trois titres de Strong Arm, ça va). Et là, j'aime autant vous dire que le public était au rendez-vous ! Ca a gueulé bien fort "Motorcycle Maaaaaaan" et "Wheeeeeeeeeels of Steel"... mais un peu moins fort pour Freeway Mad ou Street Fighting Gang, comme quoi j'ai raison quand je parle de fillers... J'étais cela dit bien content d'entendre Suzie Hold On, petite sucrerie un peu pop qui passe super bien. A la fin de Machine Gun, le groupe se barre, se fait désirer, tout le monde sait qu'ils vont revenir... Ce qu'ils font, pour enchaîner encore quatre tubes, notamment un Denim and Leather au cours duquel les gars s'amusent à porter les vestes à patch des gens du premier rang. Très sympa, les fans apprécient. Et c'est finalement après un Princess of the Night toujours aussi jouissif que la bande à Biff quitte la scène. Une bonne heure et demi de heavy anglais, p*tain que ça fait du bien ! Super setlist, super groupe, super forme, super chanteur, super son, super light-show. En gros : impeccable. J'entends alors mon voisin de derrière, encore lui, dire "ouais, ils ont joué que des vieux morceaux, ça veut dire que c'est leur dernière". Pfff, homme de peu de foi ! Mais allez, pas le temps de traîner, faut se ruer sur le parking pour espérer le quitter rapidement... Une fois de plus, Sortilège et Saxon m'ont fait passer une excellente soirée. A la prochaine, messieurs, hors de question que je vous loupe. Je conclue donc en citant le Biff : "magnifique, super, magnifique again !". Setlist : Hell, Fire And Damnation Power And The Glory And The Bands Played On Dallas 1PM Madame Guillotine Heavy Metal Thunder The Eagle Has Landed Motorcycle Man Stand Up And Be Counted 747 (Strangers In The Night) Wheels Of Steel Freeway Mad See The Light Shining Street Fighting Gang Suzie Hold On Machine Gun Denim And Leather Strong Arm Of The Law Crusader Princess Of The Night
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