Artiste/Groupe:

Saxon

CD:

Hell, Fire And Damnation

Date de sortie:

Janvier 2024

Label:

Silver Lining

Style:

Heavy Metal

Chroniqueur:

Bane

Note:

15/20

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Franchement, j’avais hâte de le défoncer. Ouais, c’est cruel, je sais. Mais l’amour l’est aussi et Dieu sait si j’ai éprouvé de l’amour pour Saxon, Strong Arm of The Law étant un de mes albums préférés tout court. Sauf que ça fait quelques années que la bande à Biff -ba ouais, il ne reste plus que lui du line-up de base- ne fait rien qu’à m’embêter, en sortant albums chiants sur albums chiants. Soyons honnêtes : depuis Inner Sanctum, qui a presque vingt ans, je n’avais pas aimé un album du groupe dans son intégralité (et avant lui, faut remonter à Unleash The Beast, en 1997 !). Certains disques sortaient quand même un peu la tête de l’eau (Call To Arms, pour ne pas le citer) mais la plupart étaient au mieux pénibles comme un lundi (je n’ai, par exemple, aucun souvenir de Thunderbolt, si ce n’est que j’avais trouvé ça naze).

Cela dit, y’a deux ans, ils avaient dégainé un petit Carpe Diem pas glorieux, pas si bon, pas génial mais pas infect non plus. Je m’étais donc dit que c’était le maximum qu’ils pouvaient encore faire et que le groupe serait condamné à ne jamais dépasser ce petit 13/20 que je leur avais alors collé. Et ni le nullissime Inspirations II (deuxième album de reprises sorti l’an dernier, tout pourri alors que je n’avais pas détesté le premier), ni l’annonce du retour de Sneap à la production (alors que j’avais prié pour un nouveau producteur), ni le premier single sorti n’avait de quoi me rassurer. Ça allait être naze et j’allais le défoncer.

Haha. Hahaha. HAHAHA. Allez, Bane, ferme-la.

Parce que ce Enfer, Feu Et Damnation (quel titre à la c*n) tue. Ba ouais, rien que ça. J’ai beau retourner le truc dans tous les sens, écouter l’album en boucle, me faire quelques titres comme ça, hors contexte, le constat est le même : Saxon vient de sortir un bon album et j’ai pris un sacré panard à l’écouter. Et rien que d’écrire la précédent phrase m’a procuré un plaisir assez fou. Pensez donc, amis lecteurs : je les pensais morts et ils me balancent ça. Ça a de quoi réjouir ! Je ne sais pas si c’est dû au fait que Paul Quinn, guitariste du groupe, ait finalement quitté le navire, saoulé par les tournées interminables. Ou au fait que ce soit Brian Tatler, monsieur Diamond Head qui le remplace (pour la petite anecdote, Biff a expliqué qu’il avait aussi pensé à Phil Campbell, ex-Motörhead, pour jouer de la six-cordes, bon sang j’aurais adoré). Ou au fait que Byford lise mes chroniques et mes invectives (c’est sûrement ça, d’ailleurs), mais ouais : les papys font de la résistance.

Mais qu’est-ce qui se cache donc sous cette belle pochette signée Péter Sallai (dont les superbes illustrations ont notamment été arborées par les récents Sabaton) ? Un bon gros disque de heavy metal à l’ancienne, bien troussé : neuf titres, sans compter l’intro, pour 45 minutes de plaisir. Le parfait format, je me tue à le dire. Pas la moindre ballade à deux ronds, évidemment : on est chez Saxon ici, pas chez Scorpions !

Écartons d’entrée de jeu les titres qui m’ont le moins convaincu : j’ai déjà eu l’occasion de dire du mal du premier single, d’une banalité confondante mais je dois reconnaître aussi que le dernier morceau, la speederie Super Charger, n’est pas le morceau le plus passionnant de la galette. Cela dit, soyons francs : j’ai fini par apprécier le titre éponyme et Super Charger est loin d’être naze. J’ai eu aussi un tout petit peu de mal avec Witches Of Salem, un peu moins accrocheuse que le reste. Mais pas de panique, c’est un chouette titre aussi, il me fallait juste le temps de l’apprivoiser. Je pourrais aussi râler un peu sur Biff, qui se sent obligé de rajouter un troisième couplet pas toujours pertinent en fin de chanson, ce qui a souvent tendance à les rallonger pour rien : alléger certaines d’une trentaine de secondes n’aurait pas été la pire des idées. Je pourrais râler et, tiens, je vais le faire : scrogneugneu !

Faut bien ronchonner un peu parce qu’à part ça, franchement, je n’ai pas grand chose à dire de vilain : dès le deuxième vrai morceau, Madame Guillotine, on retrouve un Saxon particulièrement mélodique, plus rock que metal, qui nous pond un petit refrain bien fichu, avec des harmonies itou. Pardon ? Biff Byford serait donc intéressant et pertinent, sur ce disque ? Eh oui, amis lecteurs, vous m’avez bien lu : si j’ai pesté contre ses lignes de chant ("lignes de chiant", ouais, qu’est-ce qu’on se marre) sur Carpe Diem, je suis forcé de constater qu’il a bossé, cette fois. Peut-être que reprendre des chansons des Beatles, de Rainbow période Dio ou du KISS lui a fait du bien, allez savoir... Et niveau refrain, pareil : il est en forme et nous pond des trucs très accrocheurs, qui n’attendent qu’à être beuglé par les foules -1066 en live, ça promet.

Et entre quelques speederies bien senties -Fire And Steel nous gueule "Motörhead" au visage- et du heavy plus mid-tempo bien senti, le cœur de l’album est son noyau dur. La triplette Roswell /Kublan Khan / Pirates of the Airwaves sent tellement bon le Saxon de la période dorée que j’en serais presque ému. Tiens, je ne peux retenir une p’tite larmichette en me disant que Roswell est une chouette suite spirituelle à l’excellente Dallas 1PM (vous savez, celle qui conclut l’un des meilleurs albums de heavy du monde) et en écoutant le basique mais efficace refrain de Pirates. Nan, franchement, rien que pour ces trois morceaux tout bonnement superbes, l’album vaut le détour. Et l’achat, tiens, puisque je me rendrai chez le disquaire juste après avoir fini de rédiger cette bafouille donc vous vous repaissez avec gourmandise...

Bafouille bien trop longue, d’ailleurs, alors concluons. Hell, Fire And Damnation est un super disque de heavy metal, ce qui était inespéré de la part de Saxon, en ce qui me concerne. Tatler trouve sans peine sa place ici, Byford est en forme et le reste du groupe fait parfaitement le taf. J’avais très envie de le défoncer, ils m’ont fait fermer ma bouche de la meilleure des manières. Punaise, quel plaisir !

Tracklist de Hell, Fire And Damnation :

01. The Prophecy
02. Hell, Fire And Damnation
03. Madame Guillotine
04. Fire And Steel
05. There’s Something In Roswell
06. Kubla Khan And The Merchant Of Venice
07. Pirates Of The Airwaves
08. 1066
09. Witches Of Salem
10. Super Charger

 

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