Artiste/Groupe:

Therion

CD:

Leviathan III

Date de sortie:

Décembre 2023

Label:

Napalm Records

Style:

Metal Symphonique

Chroniqueur:

Blaster of Muppets

Note:

15/20

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Après Leviathan, après Leviathan II, Therion clôt sa trilogie amorcée en 2021... et voici donc Leviathan III. Ces vétérans suédois du metal symphonique l’ont annoncé dès le début (leur leader, en tout cas, le fameux Christofer Johnsson) : ce volet serait moins "tubesque" que ses deux prédécesseurs. Un disque moins immédiat, plus sombre et progressif / complexe donc... Cette tendance avait déjà été légèrement amorcée sur le deuxième volet cela dit car ce dernier, bien qu’accrocheur, s’était montré un peu moins immédiat ou percutant que Leviathan, premier du nom. A y regarder de plus près, après plusieurs écoutes, il est clair que le cru 2023 est aventureux. Pas forcément aussi sombre et mélancolique que le second épisode de la trilogie, car il contient des morceaux remuants et les aspects metal de Therion ne sont pas restés au vestiaire, mais très varié dans son approche. Johnsson et ses partenaires semblent en effet s’être fait plaisir en mixant des influences très diverses. L’identité du groupe demeure mais, clairement, on n’a pas l’impression que fabriquer un album homogène et cohérent a fait figure de priorité pour ces messieurs... Et c’est très bien ainsi. Les différents titres se suivent et ne se ressemblent pas. Leviathan III où le disque d’une formation qui fait bien ce qu’elle veut quand elle le veut !

Pour démarrer l’aventure, Therion propose d’abord Ninkigal, un morceau court et direct de trois minutes avec une intro basée sur un riff bien heavy et une batterie dynamique qui sort la double grosse caisse. Les chœurs symphoniques sont là (dans un style très Nightwishien) et Lori Lewis nous enchante de sa belle voix qui offre un contraste fort avec une chorale composée de voix typées death metal. Petit passage speed avec solo adroit en milieu de parcours et le tour est joué ! Mais tout de suite après, c’est Ruler Of Tamag qui arrive comme pour bien nous montrer que la diversité sera le mot d’ordre. En effet, le démarrage est bien plus doux, les guitares sèches sont de sortie et une identité ballade folk s’impose... avant que tout cela ne change avec du riff plus heavy et une chorale sombre livrant des mélodies plus inquiétantes. Ruler Of Tamag joue habilement sur ces deux tableaux en les alternant régulièrement. Les arrangements sont plus riches et nombreux et la compo dépasse les six minutes. An Unsung Lament s’amuse à brouiller les pistes pendant sept minutes en changeant plusieurs fois de style ou direction. Le début est enlevé et sonne très hard rock des 70s, puis les interventions de la chorale nous donnent l’impression d’écouter de la musique classique. Les changements de rythme affluent et le titre s’avère globalement plus complexe et progressif que ce qui a précédé. Maleficium, comme son titre pouvait le laisser penser est plus menaçante. Plus brève et remuante aussi... tout en conservant un aspect progressif (le riff et la section rythmique qui précèdent les interventions du fidèle Thomas Vikström - toujours vocaliste principal en compagnie de Lori Lewis - sont là pour pour en témoigner). 

Je vais essayer de ne pas vous faire une description détaillée et dans l’ordre de Leviathan III. D’autant plus que les surprises sont nombreuses et qu’il ne me semble pas nécessaire de toutes les dévoiler, n’est-ce pas ? Je vais tout de même vous donner un aperçu de ce qui suit (pour qu’on ne m’accuse pas de tirer au flanc). Il y aura d’autres morceaux courts et percutants comme la rapide Baccanale (qui sonne plus comme du Therion old-school, on y retrouve d’ailleurs brièvement l’ancien guitariste Kristian Niemann qui vient se lancer dans une battle de solos acrobatiques avec Christian Vidal, toujours fidèle au poste lui aussi) ou Nummo très rythmée et concise (deux minutes trente !). Mais vous aurez aussi des plages plus développées ou complexes comme Ayahuasca et sa deuxième partie originale, psyché / planante (on est convié à une sorte de rite shamanique...), de toute beauté. Pour un travail impressionnant concernant le chant, vous vous tournerez vers What Was Lost Shall Be Lost No More où la chorale brille (une fois de plus). Comme souvent (toujours ?), Therion explore dans sa musique le folklore et les mythes de différents pays, cela se traduit dans les textes mais aussi dans la musique comme avec Duende qui lorgne du côté de l’Espagne et se présente comme un titre que l’on pourrait qualifier de flamenco metal ! Les vieilles influences n’ont cependant pas disparu et l’on retrouve une touche doomesque à la Candlemass avec le final Twilight Of The Gods sur lequel un certain Mats Levén (ex-chanteur du groupe qui a d’ailleurs également fait quelques années chez Candlemass il y a peu). Bref, vous l’aurez compris, difficile de s’ennuyer devant autant de propositions et de talent (les musiciens et différents vocalistes sont évidemment remarquables).

Leviathan III n’est pas un disque dont vous retiendrez tout en quelques petites écoutes. Il est trop dense et riche pour cela. Ce n’est pas de la musique à écouter vite fait, comme ça, en passant... Elle mérite qu’on fasse l’effort de lui accorder du temps. Même si je dois avouer que Therion a un peu perdu de son pouvoir de fascination sur moi (et que je ne suis pas forcément aussi immédiatement séduit qu’à l’époque où je découvrais des disques comme Secret Of The Runes, Lemuria, Sirius B ou Gothic Kabbalah), je m’incline devant la richesse du propos et la beauté des mélodies. La trilogie démarré en 2021 s’achève donc de belle manière. Après quelques années (une petite dizaine) où Johnsson et ses acolytes m’ont moins convaincu (après Gothic Kabbalah jusqu’à Beloved Antichrist inclus, dirons-nous), je suis ravi de voir Therion revenir avec une aura mystique conservée et un niveau global tout à fait honorable. Sans me bouleverser, la trilogie Leviathan me fait passer de très bons moments et démontre que ses créateurs n’ont pas épuisé toute leur créativité. Et l’autre bonne nouvelle, c’est que ces Suédois passeront à Paris le 25 février prochain ! Le rendez-vous est pris.

Tracklist de Leviathan III :

01. Ninkigal
02. Ruler Of Tamag
03. An Unsung Lament
04. Maleficium
05. Ayahuasca
06. Baccanale
07. Midsommarblot
08. What Was Lost Shall Be Lost No More
09. Duende
10. Nummo
11. Twilight Of The Gods

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