Artiste/Groupe:

Black Sabbath

CD:

The End

Date de sortie:

2016

Label:

BS Productions Limited

Style:

Heavy Metal

Chroniqueur:

Bane

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Alors qu’Ozzy vient de nous quitter, j’ai évidemment envie de parler de Black Sabbath. Jusqu’ici, ça se tient. Mais me voilà fort embêté car, en ces lieux, mes inestimables collègues se sont déjà chargés de chroniquer tous les albums du groupe avec notre Osbourne favori, live Reunion compris. Zut. Je ne pourrais donc pas vous dire à quel point je pense que Master of Reality est sur le podium des meilleurs albums des 70’s (à vous de savoir sur quelle marche), à quel point je vénère le tout-puissant Sabotage, à quel point je trouve le premier album sous-côté par rapport à sa qualité intrinsèque, à quel point Paranoid fut un tournant dans ma découverte du metal quand je n’étais encore qu’un sympathique lycéen, à quel point un titre comme Dirty Women justifie à lui tout seul l’achat du controversé Technical Ectasy... Ah bah si, tiens, j’ai trouvé le moyen de vous le dire quand même ! 

Oui mais voilà : au moment de rendre hommage à celui qui fût le premier chanteur metal de l’histoire, je suis quand même bien embêté. Parce que si j’aime, parfois beaucoup, certains albums solo d’Ozzy, c’est surtout de Black Sabbath dont je suis féru, en particulier quand c’est notre madman qui y chante. Alors que faire ? Parler d’un live obscur (ou pas, d’ailleurs) ? Bof, aucun intérêt. D’une compile à la noix ? Encore moins d’intérêt. Et alors que je m’arrachais les cheveux pour trouver quelque chose -pratique des plus idiotes dans ma situation de calvitie envahissante- une idée des plus lumineuses (rooo, l’autre) m’est apparue. Il restait un sujet, bien planqué...

Entre 2016 et 2017, Black Sabbath a fait sa grande tournée d’adieu. Un chouette tour de chant, immortalisé dans le non moins chouette live The End. Pourtant, malgré son titre identique, ce n’est pas de lui dont on va parler. Parce que lors de cette tournée, sur les stands de merchandising, était vendu un EP en édition limitée. Introuvable sur les plate-formes de streaming, pas disponible sur la chaîne youtube du groupe, en vente uniquement sur la tournée, ce qui fait qu’une part pas négligeable de mon vénérable (et vénéré) lectorat ne l’a potentiellement jamais entendu.

J’avais eu vent de la sortie de cet EP. Peut être même que je l’avais écouté, pas très légalement, à l’époque. Je ne sais plus, je vous avoue. Mais j’avais un peu perdu espoir de l’acquérir un jour et pourtant... L’an dernier, sur un marché, dans un bac à vinyles, voilà que je tombe dessus. Vingt euros, ça fait cher pour seulement quatre titres mais l’occasion est trop belle : j’achète. Il m’aura fallu rentrer chez moi et enfin le déballer pour comprendre qu’il y avait un petit problème. La pochette était particulièrement floue et, surtout, aucun code-barres n’était imprimé sur l’objet. Ce qui connaissent un peu le produit avaient bien compris, puisque l’EP n’était normalement sorti qu’en CD... Eh oui, vous avez deviné, j’avais sans le savoir acheté une copie pirate. Une fois passé un petit ronchonnement de "scrogneugneu, je me suis bien fait rouler", je me suis qu’après tout "tant pis, au moins je l’ai, en plus le son est nickel". Voilà, j’arrête de raconter ma vie, revenons à la musique.

Cet EP est composé de huit titres, donc quatre titres live. Commençons par vite fait les évoquer : trois titres du dernier album, 13, dont les deux singles principaux et le sympathique Age of Reason, agrémenté d’un petit Under The Sun des familles -titre injustement sous-coté. Pas grand chose à dire, ce sont quatre titres tout à fait agréables et ça change un peu des sempiternelles Paranoid et compagnie. Coolos, donc, mais loin d’être indispensable.

Du côté des titres inédits, c’est un peu plus intéressant, sans pour autant toucher au sublime. Ces quatre morceaux ont été enregistrés pendant les sessions de 13 mais n’apparaissent pas sur l’album. Du recyclage de déchets, en somme. Mais ne soyons pas trop vilains. Si je n’adore pas Cry All Night, un peu trop classique, jamais marquant, avec un riff assez lambda, le reste des titres, faute de m’enchanter, m’emballerait presque. Le doomy Take Me Home et le groove d’Isolated Man font du bien par où ils passent, on les aurait bien vus en bonus de 13, aux côtés du très bon Methademic -jamais compris pourquoi elle n’avait pas fini sur l’album, celle-là. Et puisqu’on parle de morceaux qui auraient dû finir sur l’album, évoquons Season Of The Dead, un morceau très classique dans sa construction et pas révolutionnaire pour un sou mais que j’apprécie particulièrement. Chui pas difficile, moi : un bon riff d’Iommi, Butler qui Butlerise et Ozzy qui fait rien qu’à nous faire peur et je suis content. A noter qu’aussi bien le riff que le refrain me rentrent vachement vite en tête, rien que le fait d’en parler ici risque de me faire fredonner le "there’s no reason, it’s the season of the dead" toute la journée... Vraiment un très bon morceau.

Alors voilà, c’est bon. Avec ce titre excellent, ces deux titres vraiment sympa et cet autre qui me parle un peu moins, j’ai pu évoquer le grand Sabbath et le grand Ozzy. Me voilà bien content. Cet EP, vous l’aurez compris, n’est pas fondamentalement indispensable mais demeure bien sympa. Si vous avez la possibilité de l’écouter -des petits malins l’ont mis sur youtube, je dis ça comme ça-, je ne peux que vous le conseiller. Mais de là à se ruiner pour l’acquérir, bon, peut être pas. Malgré tout ça, ce témoignage sera la dernière sortie officielle de titres inédits de Black Sabbath avec Ozzy au chant. Si l’on aurait pu rêver, à l’époque, qu’ils finissent par refaire un tour en studio, le décès de notre Ozzy bien-aimé enterre malheureusement tout espoir.

Ozzy est mort, Black Sabbath est mort. Sauf qu’en fait non, ils sont éternels. Longue vie à eux "into the void". Et puis, en plus "never say die"! 

Tracklist de The End :

01. Season Of The Dead
02. Cry All Night
03. Take Me Home
04. Isolated Man
05. God Is Dead (live)
06. Under The Sun (live)
07. End Of The Beginning (live)
08. Age Of Reason (live)

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