Artiste/Groupe:

Avatar

CD:

Don’t Go In The Forest

Date de sortie:

Octobre 2025

Label:

Black Waltz AB

Style:

Carnaval

Chroniqueur:

Bane

Note:

18.5/20

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Après avoir haï de tout mon être l’exécrable Hunter Gatherer (c’est toujours le cas, d’ailleurs), avoir été très enthousiasmé par Dance Devil Dance au point de lui avoir collé un 15 et avoir beaucoup aimé la prestation du groupe en première partie de Maiden cet été, ma relation complexe avec Avatar évolue encore. Vous voyez cette espèce de cliché vu et revu dans les films, où deux êtres qui se détestent fondamentalement au départ finissent par tomber amoureux ? C’est nul, hein ? C’est cucul la praline, hein ? Eh bien, vous avez vu ma note et ma mention coup de cœur : ça m’est arrivé avec Avatar, ce nouvel album étant l’autre moment hyper cliché des films où nos deux amoureux s’avouent leurs sentiments dans les larmes et, tant qu’à faire, sous la pluie, histoire que ce soit bieeeeen nunuche. Cela dit, on est avec Avatar : dans leur version de l’histoire, une espèce de psychopathe sort de la brume et massacre notre joli petit couple avant de s’enfuir en rigolant.

Soyons tout de suite désagréables, puisqu’on ne le sera plus après : l’esthétique du groupe m’emmerde un peu, voilà. Ses messieurs, surtout Johannes, ont bien assez de talent, pas besoin de miser sur leur dégaine de clowns maléfiques trop dark of the dead. D’autant plus que, de ce que j’ai pu voir, le groupe ne joue pas trop la carte du grand guignol sur scène. Johannes fait une entrée un peu théâtrale, il fait deux/trois grimaces, y’a des costumes sympas mais c’est bien tout. On se retrouve juste avec des visuels un peu nazes, surtout cette infecte pochette qui ne donne qu’une envie : reposer le disque dans le bac du magasin. Ce qui serait dommage.

Fort dommage, même puisque, n’y allons pas par quatre chemins : Don’t Go In The Forest sera probablement mon album de l’année, voilà, c’est dit. Il ne reste que deux mois de sorties, je peux donc quasiment en être certain. Et je vais aller encore plus loin, j’en ai rien à péter : ça faisait longtemps que je n’avais pas autant été convaincu par un disque qui prend autant de risques. Parce que oui, je vénère le dernier Judas, par exemple, mais point de risques par là-bas. Il faut donc remonter à 2023 et au Life Is But A Dream d’Avenged pour trouver un album qui m’a autant surpris, dans le bon sens.

Parce que surprendre, ce disque ne cesse de le faire. Pour la faire courte : aucun titre ne ressemble à un autre, le groupe s’est fait plaisir et a pété tous les codes. Et, je le vois déjà venir, ça va râler. Le single The Dirt I’m Buried In, sur le précédent album, s’est classé à la première place des tops rock aux Etats-Unis en 2023, ce qui a donné un sacré coup de boost à la carrière du groupe. De fait, ces derniers risquaient forcément de suivre cette tendance et d’adoucir un brin leur formule. Si Dance Devil Dance marquait déjà une cassure avec le death, ce nouvel album va encore plus loin et se veut particulièrement accrocheur, parfois pop et même putassier. Le tout, dieu merci, sans oublier de mettre un peu de metal, faut pas déconner, ça reste bien plus costaud que du Ghost, par exemple. "C’est leur Black Album", voilà ce que je dirais si je n’avais aucune originalité. Le chant hurlé, les gros riffs bourrins et les influences extrêmes se font particulièrement rares et, à mon sens, ça n’est pas plus mal parce qu’Avatar sait jouer avec tous les styles. Tenez, prenez rien que le morceau-titre : c’est quasiment de la pop mais bon sang, quel tube ! Je vous mets au défi de ne pas le chantonner !

Et tout, j’ai bien dit TOUT est comme ça. Tout est réussi. La face A est un best-of à elle toute seule. Tonight est un hymne fédérateur très réussi, In The Airwaves semble revenir au metal bien costaud avant de balancer un refrain clair de toute beauté, Captain Goat est un bijou et Death and Glitz est complètement barrée : une sorte de disco-metal un peu bourrin mais super accrocheur, avec un riff tout bonnement merveilleux. Cinq titres, cinq énormes tubes, tous sortis en singles avant l’album. Si la face B était ratée, rien que ces cinq tubes auraient suffi à me faire chanter les louanges de ce disque mais ça n’est pas le cas ! Cette deuxième face revient un peu plus volontiers à des morceaux avec un peu de rentre-dedans, mais pas trop. Abduction Song ou Take This Heart envoient du bois, avec un Johannes qui growl un peu... mais on a des refrains dignes des plus grandes stars de la pop ! Et un passage presque reggaeton sur Take This Heart. Si, je vous jure. Même que ça tue. Si, je vous jure. Howling fera hurler les puristes du groupe qui seront horrifiés devant cette bleuette où Eckerström fait des merveilles (mais que ne sait-il pas chanter ???) et la fermeture Magic Lantern raviera probablement mon compère Blaster, tant les lignes de chants et l’ambiance rappellent Saigon Kick, sans parler de son riff très sympa (qui aurait pu sortir de la gratte à Jason Bieler aussi, tiens). Il faut d’ailleurs insister sur le talent du principal gratteux, Jarlsby, aussi doué pour pondre des riffs excellents que des soli bigrement réussis. 

Bref, vous l’aurez compris, j’ai plus qu’adoré ce disque. Je ne développerai pas plus, je vous laisse le découvrir et être surpris à votre tour par la richesse des compos. Le groupe mélange un tas de styles et d’influences au sein de chacun des morceaux, sans jamais se prendre les pieds dans le tapis. Tout est bien fichu, audacieux, original mais superbement accrocheur. C’est parfaitement exécuté, y’a pas de titres en trop -contrairement à l’album précédent -, quasiment pas un seul titre moins bon - même si j’aime un peu moins Dead And Gone, qui demeure fort agréable -, et un groupe en pleine forme. Super musiciens, super compos, super chanteur : super album. Dommage pour la pochette, quoi. Ah oui : jetez un œil aux clips, aussi. Avatar a mis le pognon nécessaire pour avoir de bonnes équipes et en faire de très jolis, notamment celui de Captain Goat.

Tracklist de Don’t Go In The Forest :

01. Tonight We Must Be Warriors
02. In The Airwaves
03. Captain Goat
04. Don’t Go In The Forest
05. Death & Glitz
06. Abduction Song
07. Howling At The Waves
08. Dead And Gone And Back Again
09. Take This Heart And Burn It
10. Magic Lantern

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