Groupe:

Iron Maiden + Avatar

Date:

20 Juillet 2025

Lieu:

Paris

Chroniqueur:

Bane

Iron Maiden, j'ai déjà eu l'occasion d'en parler ici, est un des groupes les plus importants de ma petite vie. Malgré tout, depuis toutes ces années, je n'avais eu la possibilité de les voir en concert. Mais à l'annonce de cette tournée anniversaire, pour les cinquante ans de la bande, j'ai décidé que c'en était fini et que j'allais enfin y aller. Zut, à la fin. Pour ne rien gâcher, j'avais prévu d'emmener avec moi mon petit frère, qui aime bien le groupe, ainsi que mon estimé papa, qui en avait quelques 33T dans son adolescence. Manque de bol, ce filou m'a vu venir et il s'est occupé des places, n'en prenant que deux pour ne pas que je paie la sienne. Il n'aura pas été bien malin, parce qu'il aurait sans aucun doute adoré le concert. Bref.

Le concert allait nous permettre de faire d'une pierre plein de coups : premier Maiden, mais pas que. On aurait également l'occasion de voir Avatar en première partie, voilà qui fait aussi bien plaisir. Et de faire notre premier concert dans la maintenant fameuse Défense Arena. Parlons-en tout de suite, tiens, histoire de râler d'entrée de jeu. Cette salle est un enfer sur terre, voilà, c'est dit. Je n'ai absolument rien de positif à dire la concernant : la salle est laide, particulièrement mal située et mal conçue, l'accès est calamiteux, l'organisation est digne d'un solo de Kerry King, les tarifs sont ridiculement élevés et, surtout, le son est tout simplement abject. Et je plains sincèrement les personnes à mobilité réduite, qui doivent bien embêtées pour rejoindre la salle. Bref, que du mal à en dire, dieu merci on n'a pas énormément de "nos" groupes qui y passent.

Autre point sur lequel je me dois de ronchonner, et très fort : les prix. Celui des places, déjà, assez élevé. Mais également celui du merch : cinquante euros pour le moins cher des t-shirts, quarante la casquette... Comme si Steve Harris avait besoin de pognon, tiens. A noter que le merch d'Avatar était au même tarif. Cela dit, ces tarifs franchement honteux n'ont pas eu l'air de freiner grand monde puisqu'une bonne partie de la salle avait son t-shirt sur le dos. Je comprends tout à fait qu'on ait envie de se faire plaisir une fois de temps en temps, mais on encourage malheureusement les vendeurs à encore et toujours faire grimper les prix... Il va falloir que l'industrie se calme, sinon ça ne va plus être tenable. Mais bref, nous voilà, mon frère et moi, dans la salle, avec une petite boisson dans un chouette gobelet Aces High. Ouais, je critique, mais je participe au capitalisme. Quelle fumisterie !

J'était curieux de voir ce qu'Avatar allait proposer. S'ils ont bonne réputation sur scène, la Défense m'avait l'air d'être un gros défi pour eux, plutôt habitués à des salles un brin plus petites. Une grosse majorité de l'assemblée ne connaissait pas du tout le groupe, ce que ces derniers ont vérifié en faisant un référendum après le premier morceau. Ils ont rappelé qu'ils passaient l'an prochain au Zénith et je dois dire que je pense que pas mal de gens ont pris leur place suite à ce concert, parce que le groupe a été vraiment excellent. Quarante minutes de show rondement mené, six anciens morceaux ainsi que deux nouveaux titres, avec des musiciens au top -super guitariste- et un chanteur impressionnant. Ce mec a mille et une voix différentes, c'est assez fou. Vraiment un bon moment, même que je songe à prendre ma place pour le Zénith, tiens.

Setlist :
Dance Devil Dance
Let It Burn
In The Airwaves
Bloody Angel
The Dirt I'm Buried In
Captain Goat
Smells Like A Freakshow
Hail The Apocalypse
 

Tout ça c'est bien mignon, mais on était surtout là pour Maiden. Je l'avoue, chers lecteurs, j'avais un peu peur. Les derniers live publiés par le groupe semblaient montrer un Dickinson un peu en peine, ce qui est tout à fait normal compte tenu de son âge. Je n'avais pas envie de voir certains de mes héros en petite forme, zut ! De plus, le départ de l'ami McBrain m'embêtait un peu. M'enfin, allez, le Doctor Doctor d'UFO résonne dans la salle, laissant ensuite place à une petite vidéo sympa et... BAM ! Murders in the Rue Morgue ! Oh putain, quel panard ! J'adore ce titre et je ne l'avais jamais entendu chanté par Bruce. Rien à redire, il était parfait. D'ailleurs ouvrir sur trois (!) titres de Killers -notamment le morceau-titre, pas joué depuis 1999-, c'était clairement le meilleur moyen de me rendre heureux, ce disque étant l'un de mes favoris du groupe.

Parlons setlist, soyons contents et un peu moins. Le but de la tournée, je l'ai dit en préambule, était de fêter le cinquantième anniversaire du groupe, en jouant des titres des neuf premiers disques. Evidemment, avec ça, on était sûrs d'avoir les grands classiques, ceux dont on ne se lasse pas (Hallowed) et ceux dont on se lasse un peu (The Trooper, voilà, je l'ai dit, sacrilège). Mais aussi quelques petites pépites pas souvent jouées, notamment ce début en fanfare avec Murders-Wratchild-Killers ou The Clairvoyant. Sauf que voilà : ces titres étaient les seules surprises ! Pourtant un petit Revelations, un superbe Prodigal Son ou un gourmand Tailgunner, ça aurait sans doute ravi tout le monde ! Cela dit, pour jouer Tailgunner, il aurait fallu que le groupe ait envie de jouer des morceaux de No Prayer... Eh oui, lors de cette célébration des neufs premiers albums de Maiden, dans lesquels ils devaient piocher des morceaux, pas un seul extrait de No Prayer. Je sais bien qu'il n'est pas l'album qui fait le plus l'unanimité au sein des fans, mais quand même, y'a de quoi faire dedans : j'ai cité Tailgunner, mais Holy Smoke ou Bring Your Daughter auraient pu faire l'affaire ! C'est assez dommage. M'enfin, le silence complet dans l'Arena pendant le pont hypnotique de Ancient Mariner suffit largement à rattraper cette petite boulette, croyez-moi !

A part ça -et le son parfaitement dégueulasse de la salle-, difficile de dire du mal de quoi que ce soit : tout était impeccable. Sauf l'autre andouille de Janick Gers, pénible comme à l'accoutumée. Tiens, pour l'anecdote, mon frère, qui n'avait jamais vu de vidéo live du groupe, m'a dit : "c'est qui, l'autre abruti qui court partout et qui lance sa guitare ? Il est chiant". C'est pas moi qui l'ai dit ! Murray est bien plus posé, Smith a toujours la grand classe et Harris nous fait toujours le coup de la mitrailleuse avec sa basse. Ces messieurs sont encore en forme, prompts à sautiller et à se marrer ensemble. Quant au nouveau batteur, que dire ? Déjà, ce dernier joue avec un kit vachement plus réduit que la machine de guerre qu'utilisait Nicko. A part ça, je n'ai pas grand chose à en dire. Il fait le taf, il est là, mais il manque le petit grain de folie qu'apportait son prédécesseur. Folie contrôlée, hein, pas besoin d'en faire des caisses, c'est à toi que je parle, Janick !

Mais le grand patron, vous vous en doutez, c'est Bruce. Je l'ai dit, j'avais un peu peur et il n'aura pas fallu longtemps pour que je ferme ma grande bouche à tout jamais. Le bonhomme vient de fêter ses 67 ans et il en fait beaucoup moins : toujours une aussi grande gueule, je dirais même qu'il chante bien mieux qu'il y a une petite dizaine d'années, il a dû pas mal bosser (il m'a scié sur Murders et sur Aces High, qu'il chante sans problème, sur l'octave de base) ; toujours en grande forme, passant son temps à bouger pour ajouter de la théâtralité à son chant, à courir partout sur la scène pour jouer avec la mise en scène, à faire le couillon avec ses potes pendant les soli, à mettre des déguisements ridicules, à raconter des conneries avec le public entre chaque chanson... Tiens, sachez par exemple qu'il nous a fait huer Anne Hidalgo, ce qu'on a fait avec bonheur.

La mise en scène, parlons-en. Au début de la tournée, le groupe nous annonçait le spectacle plus impressionnant visuellement qu'ils aient jamais produit. Et franchement, ce n'était pas de la publicité mensongère. La scène, sur plusieurs petits étages pour que Bruce puisse courir partout, était parsemée de pas mal d'écrans. Un géant, évidemment, mais aussi de plus petits pour tapisser le fond. Et les écrans étaient d'une qualité hallucinante, la 3D des décors étant tout simplement bluffante. Magnifique, on a dit. Mention spéciale pour le Eddie géant pendant Iron Maiden, qui menace la salle de tout son charisme ! J'espère que le futur blu-ray de la tournée saura retranscrire ces merveilles.

Que dire de plus ? Ok, la salle était catastrophique. On s'en est encore plus rendus compte en la quittant, vu le bazar que ce fut pour remonter place de la Défense et choper notre métro salvateur. Oui, obligé de prendre le métro et d'aller se garer plus loin dans la capitale, les prix des parkings de la Défense semblant avoir été choisis par celui qui fixait les prix du merch de Maiden... Alors oui, on aurait aimé un son à la hauteur, mais qu'importe. Avatar avait été très bon, Iron Maiden avait été prodigieux. Et c'est donc après en avoir discuté pendant une bonne heure et demi de trajet avec mon frangin, en applaudissant tout le spectacle et le groupe, que nous sommes arrivés à la maison. Et c'est après avoir ouvert une petite bière bien fraîche -et sacrément moins chère que celles vendues là-bas- que j'ai pu dire à mon papa : "p*tain, t'as été bête, t'aurais dû venir". Parce que, franchement, il aurait dû venir. Vous auriez dû tous venir, même !

Setlist :
The Ides of March
Murders In The Rue Morgue
Wrathchild
Phantom Of The Opera
The Number Of The Beast
The Clairvoyant
Powerslave
Two Minutes To Midnight
Rime Of The Ancient Mariner
Run To The Hills
Seventh Son Of A Seventh Son
The Trooper
Hallowed Be Thy Name
Iron Maiden
---
Aces High
Fear Of The Dark
Wasted Years

Venez donc discuter de ce live report sur notre forum !