Groupe:

Motocultor Festival - Jour 1 & 2

Date:

15 Aout 2025

Lieu:

Carhaix - Karaez

Chroniqueur:

ced12

Une fois n'est pas coutume, c'est avec soulagement que je quitte l'Occitanie bien heureux de fuir ces infernales chaleurs estivales. Rituel annuel avec mon pote, un Fest Metal et c'est vers le Motocultor que nous nous sommes tournés en ce chaud été 2025. Au-delà de la plus grande simplicité d'organisation personnelle, l'affiche nous a particulièrement intéressés avec une programmation orientée vers les années 90 de nos adolescences. Plus personnel, c'est aussi pour moi la quasi découverte de la Bretagne très peu connue et sincèrement épatante malgré un afflux touristique très important. Des menhirs de Carnac aux Monts d'Arrée aux faux airs de Rohan, la partie « Sud » et surtout le Finistère dégagent un charme réel fort d'une culture célébrée et conservée ainsi qu'une Nature plus sauvage.

Nous voici donc arrivés à Carhaix lieu bien connu des habitués des Vieilles Charrues et son site réutilisé depuis trois années par le Motocultor. L'occasion pour ce Fest de laisser derrière soi une réputation délicate en termes d'organisation et de profiter d'un site parfaitement opérationnel. Surtout avec un lieu "en ville", il est possible de se loger correctement à proximité du site ce qui est un luxe incommensurable pour les quadras que nous sommes. Et aussi de tout faire « à pied » du Leclerc au site et ainsi délaisser les véhicules ce qui est très appréciable.

C'est armé de nos programmes papier (c'est que nous sommes old-school) que nous débarquons. Quatre jours c'est long alors nous prévoyons d’y aller en douceur histoire de ne pas cramer toutes nos cartouches dès le début. Comme souvent la découverte d'un nouveau site est un plaisir mais nécessite une prise de repères. C'est que nous allons y passer un moment alors il ne faut pas perdre trop de temps pour s’acclimater. Heureusement l’expérience et le bon sens nous aident. Récupération des bracelets, activation et chargement du cashless, tout cela se passe très bien, l'accueil des bénévoles est des plus sympathiques, le soleil annoncé sur l'intégralité du Fest est bien présent dans une chaleur très raisonnable en ce premier jour surtout pour moi qui ai subi les 42° toulousains du début de semaine. Il n'en demeure pas moins que pour les locaux ça chauffe, que le site est écrasé de soleil avec une herbe déjà détruite par tous ces piétinements estivaux. Ce Motocultor 2025 sera marqué par une poussière démente (et gênante) qu’on aura la sensation de ramener avec nous au retour. Le site offre bien quelques points d'ombre, une tente pour les concerts (la Masey Ferguscène) très appréciée des festivaliers mais par de telles météos, il ne faut pas demander l'impossible. Toute en longueur et avec ce site distribuant les scènes, le format nous rappelle le Summer Breeze dans sa configuration ce qui nous va très bien. Il faudra cependant pas mal marcher mais c'est le lot de tous les Fest et sincèrement, à part quelques goulets d'étranglement après de gros shows, la circulation était fluide ce qui est appréciable. L'aspect génial du site de Carhaix est que les scènes sont en léger contrebas de la plaine dédié au public et ainsi même à distance, on voit très bien ce qui se passe. C'est particulièrement notable dans la fosse où il y a une petite descente jusqu'aux barrières et cela rend la vision parfaite. C'est un réel plus pour ce lieu. Le coin Restauration en retrait des scènes est sympa, l'offre est assez variée sans être très originale. Deux chapiteaux "bars" étaient aussi très fréquentés et globalement le site est une réussite. On ne commentera pas les prix, dans les clous de ce qui se fait désormais. Cela reste cher (7,20€ la pinte d'Armoria, plutôt bonne au demeurant), l’offre de breuvages est intéressante avec des bières locales, le fameux Breizh Cola. Allez, on notera un manque sur le choix des softs mais ça va avec notre culture metal. 

Le Motocultor restant prisonnier de certains de ses démons, il reste quelques points à parfaire, le camping semble avoir généré pas mal d'exaspérations chez les festivaliers mais surtout la gestion des sanitaires avec ces urinoirs plutôt incommodants (désagréable le "Eye contact" avec le type en face, de même pour les éclaboussures, sincèrement c'était limite. Aussi il semblait nécessaire de mesurer au moins 1m75, ce qui a généré quelques remarques moqueuses). Moins problématique, l'ajout de places assises et de tables, la constitution d’un vrai Beer Garten serait appréciable mais là c'est de l'affinage. Plus embêtant le manque de communication avec l'annulation de Belenos apprise via le radio moquette festivalier, des running-orders pas forcément mis à jour dans les publications Facebook (ça tout de même !!). Et bien sûr l’absence d’écrans géants ce qui nous semble indispensable pour un festival affichant ce format de taille. Des petits détails mais un Fest globalement bien organisé, solide, bien loin de sa réputation assez catastrophique il est vrai. Sans avoir d'historique, on devine aisément l'amélioration sur ce plan et c'est une bonne nouvelle, ça va dans le bon sens. Le Motocultor fait désormais partie des gros Fest, valeur sûre dans le format Summer Breeze. Nous allons le voir, musicalement c'est très solide avec une affiche particulièrement alléchante et une programmation de très haut niveau.

Jour 1

Pour lancer notre Fest, nous avons retenu Gutalax sur la Supositor Stage (une des deux Main Stage côte à côte avec la Dave Mustage nichée tout au fond du site). Du grind-core toute en délicatesse comme chaque festivalier le sait peut-être. On note quelques déguisements, un public chauffé à blanc. Mais pour nous c'est un faux départ avec ce registre assez primitif et surtout ce chant qui n'en est pas ! Pénible ces pig-squeals et comme le son n'est vraiment pas bon, nous passons notre chemin et rejoignons le chapiteau de la Masey Ferguscène où Year Of No Light officie. La scène sous le chapiteau offrant une ombre bienvenue, le public y est très présent et ça déborde sur les extérieurs tant il y a du monde. Inconnu de nous, le groupe bordelais va vite retenir notre attention avec un doom mâtiné de post. C'est lourd ce qu'il faut, bien écrasant et gagne en assise avec l'apport de deux batteries. Ca fonctionne très bien, on est dedans avec ce son gras typique du genre. Une sympathique entrée en matière. Seul hic à ce show : ce soleil trop présent pour un groupe de ce style (sourire). On surveillera ce groupe tant ce que nous y avons entendu nous a plu. 

Second choix de notre liste du jour : Nailbomb. Et de nouveau c’est un échec pour nous. Est-ce la médiocre qualité du son ? L’aspect bordélique de la prestation ? Max Cavalera reste un personnage profondément sympathique (il est venu pousser la chansonnette avec Helldebert un peu plus tôt) mais nous passons de nouveau notre tour. En fait, nous nous sommes motivés sur le groupe Ne Obliviscaris qui joue en même temps. Derrière ce nom improbable (que nous n’arriverons pas à prononcer correctement pendant la durée du Fest) se cache un groupe de death hyper qualitatif. On pense à Opeth avec ce metal extrême teinté de prog. Mais attention le Opeth du début. Ne Obliviscaris nous vient d’Australie, s’était déjà fait remarquer très positivement lors du Hellfest 2024 et nous ne pouvons que confirmer ces bons échos. Le violon passe super bien, n’édulcore en aucun cas la puissance de cette musique qui nous a totalement conquise. On trouve une petite influence avec la musique tsigane dans le jeu du violon, c'est impromptu mais ça passe super bien. La voix est puissante, profonde, le show remarquable. Comme en plus tout cela est servi par un son aux petits oignons (constante de la Masey Ferguscène grande gagnante sur ce plan), le show nous ravit et sera d’ailleurs une de nos plus belles découvertes de cette édition. Un concert lumineux. Le Motocultor 2025 est enfin lancé !

Nous n’insistons guère sur Witchcraft, heavy rock psychédélique cher au cœur d’un certain Phil Anselmo. Ça reste agréable à écouter une bière à la maison posée dans l’herbe mais cela ne nous a pas semblé très original. Néanmoins, la fraicheur du soir fait du bien, le cidre est bon, un de ces moments où on se dit que la vie est bien agréable. Retour sur la Supositor Stage Kataklysm, très attendu. Le groupe québécois est une valeur sûre en live. Avec un vrai côté Decapitated, ce death non dénué de groove est un régal. C’est intense, ça slame bien même si l’ambiance dans le pit m’a semblé un peu longue à prendre. Maurizio Iacono gère toujours aussi bien sa scène, accumule les références sur l’amitié franco-québécoise : « salut les Cousins », « Allez les gaulois » (référence très adaptée en Armorique), C’est aussi raffiné qu’une poutine mais c’est d’une efficacité redoutable, ça riffe dur et bien. Si le son nous a semblé un peu faiblard et a mis du temps à être correct, les lights sont superbes. Un nouveau titre est venu nous déboiter. Bref Kataklysm en Fest c’est juste génial tant c’est fun. 

Tête d’affiche de ce premier soir, I Prevail ne nous enthousiasme guère et nous y retrouvons les mêmes travers que Tesseract entrevus plus tôt. De bon gros riffs font le job mais les refrains cassent la dynamique des morceaux qui perdent ainsi en impact. Dommage car le show est visuellement solide. Néanmoins, et c’est important de le dire, le public (plutôt jeune) adhère et I Prevail a fait le job. C’est juste que le metalcore ce n’est pas tant notre délire. Nous avons fait l’effort de tenir car les deux derniers concerts du soir nous intéressaient. Ce sera Samael pour le pote avec un retour plutôt mitigé de sa part. Un démarrage excellent pour ce black metal chiadé mais la transition vers un electro black ne l’a pas enthousiasmé, c’est un euphémisme. Pour ma part, je suis allé voir un groupe que j’adore depuis cinq six ans et que j’avais inscrit dans ma short-list. Dool ce sont des disques géniaux et en live, cela fut un vrai bonheur. Doté d'un son très épais, le groupe dégage une sacrée puissance et Raven Van Doorst assure avec une vraie présence charismatique. Le groupe met en valeur son dernier album The Shape Of Fluidity et ce dernier passe très bien. A titre personnel, j’aurais aimé plus de Summerland (seulement représenté par un titre ce soir) mais ça le fait vraiment bien. Bon de toute façon, Summerland, ce disque juste immense, ne sera jamais assez présent dans les setlists à mes yeux. Un excellent show, très impactant et immersif. Dool c’est vraiment un groupe génial.

Voilà qui clôture notre première journée. Pour être honnête nous n’en attendions pas forcément grand-chose et nous en sommes repartis très satisfaits avec la belle découverte Ne Obliviscaris et les confirmations Dool et Kataklysm. Allez un peu de repos car la suite du programme est chargée.

Jour 2

Pour cette seconde journée, j’effectue un pas de côté et me rends solo pour les premiers shows du jour. C’est que j’avais regretté de n’avoir pas vu Houle lors du Hellfest 2024 et c’est l’occasion de rattraper ce "raté". Une petite poutine pour la route (pas dingue ce plat, mais a minima cela me fait la transition avec les concerts de la veille) et hop je me positionne devant la scène pour le show des bretons. Le groupe déclare faire du metal noir marin (c'est en tout cas indiqué sur leur t-shirt qu'on verra beaucoup sur le site pendant ces quatre jours) et j’ai aimé la formule. Il y a ce côté breton jusqu’aux bottes de pêcheur des musiciens, l’ambiance : tout renvoie à l’Océan mais version dark. En fait j’ai vite songé au tueur de Souviens-Toi l’Eté Dernier. Forte intensité musicale, show hyper immersif, frontwoman déchainée et inquiétante, Houle a tout d’un futur très grand avec un black accessible très facile à appréhender. La scène est décorée à l'unisson avec moult références marines, la frontwoman enchaine lanterne et bouteille de vin comme accessoire, Houle a vraiment développé son concept et le fait à merveille. Le concert prend très bien, le public est à fond, les parties mélodiques sont top, Houle c’est vraiment très bien et si je suis embêté de parler de découverte les concernant (le show du côté de Clisson l'an dernier avait marqué les esprits), mais ce premier rapport avec le groupe m’a totalement conquis. Un des gros shows du week-end. Un black mélodique de haute facture.

Direction la Masey Ferguscène pour Vestige, belle découverte post metal moderne. Les looks sont très propres, des musiciens vêtus de noir, c’est très sobre, classe avec une allure djent. Vestige a confirmé tout le bien que leur disque Janis laissait entrevoir. Des compos propres, travaillées, une interprétation impeccable, une présence scénique réelle, Vestige c’est vraiment bien et c’est recommandable. J’avoue que Belenos et son black celtique avait éveillé un début d'intérêt chez moi mais l’annulation tardive du show a changé mes plans. Le gros programme du soir m’a poussé à renter à la piaule histoire de reprendre des forces et de m’offrir une petite sieste salutaire. Pas très metal je sais bien mais réparateur et super agréable. (C’est moche de vieillir !!).

Retour ensuite sur le site avec le pote pour la suite des hostilités. Blackbriar repéré par l’excellent Kabet nous renvoie vers Epica (en un peu plus gothique). Ça passe bien, les fans du genre ont raison, ce groupe est bon. Le groupe néerlandais (quelle surprise !) se débrouille bien et peut se faire sa place dans cette scène. Un petit tour du côté de The Gorge, un groupe de metal progressif assez intense, puissant avec un côté Meshuggah (en moins intense / violent). Ce math rock / djent fonctionne bien avec son vocaliste aux faux airs de Philippe Etchebest. Une belle surprise qui a marqué le pote qui l’a intégré à ses découvertes du week-end. On recommandera leur album Mechanical Fiction, excellent. Ensuite, c’est le plaisir de retrouver Lacuna Coil sur la Dave Mustage. Réputé pour son grand professionnalisme, le groupe transalpin délivre un très bon show avec ce metal gothique mainstream toujours aussi plaisant. Cristina attire tous les regards et la brune impressionne toujours autant. Nous ne manquons pas de nous moquer gentiment de son comparse Andrea qui nous aura donné l’impression de disparaître des radars le concert avançant pour être presque relégué au rang de choriste de luxe. Ah pas évident d’exister à côté de la très charismatique Cristina. Un très bon show, très plaisant.

Ensuite, nous nous séparons temporairement avec le pote en raison des offres très diverses du soir. C’est qu'avec Fleshgod Apocalypse c’est quitte ou double. La cérémonie des JO a mis en valeur la formule gros death / chanteuse d’opéra mais les vrais connaissaient déjà. Fleshgod c’est beaucoup d’informations à assimiler pour l’auditeur entre pianos, gros riffs bien vénères, chant opératique. Pour moi c’est trop, je n’arrive pas à trier tant de données et je repense à chaque fois à cette mémorable réplique du film Amadeus « il y a trop de Notes ». Mon acolyte lui s’est régalé et en a fait un des ses gros shows du week-end. Idem avec Kerry King et sa déferlante thrash sans surprises, bigrement efficace. Pour le fan de Slayer, ce groupe est un plaisir coupable. Les oldies Raining Blood et Black Magic ont régalé. Mark Osegueda débauché temporairement de Death Angel sonne plus Tom Araya que Tom Araya lui-même. Le line-up de luxe (l’éternel Paul Bostaph, le réputé Phil Demmel) assure impeccablement. C’est fun, ouvertement régressif (au sens nostalgique du terme). Un régal.

Pour moi, la soirée fut plus calme. Un petit tour du côté de Klone pour commencer. C’est bien connu, ultra maîtrisé mais ça passe toujours aussi bien. Le son est impeccable sous le chapiteau, le rock metallisé des poitevins est un bonbon. Klone vraie valeur sûre des Fest. Ensuite place à une artiste découverte en 2024, l’incroyable Eivør, gros coup de cœur du Hellfest 2024, superbe rencontre. Oui je suis sous son charme, jugez-moi j’assume complètement. Il semblerait que la féroïenne ait souffert de problèmes de voix (mal récurrent et éternel sujet de préoccupation de nos vocalistes) ce qui a conduit à l’annulation de la signing session mais très professionnelle, elle a assuré un concert encore une fois incroyable. Voix absolument magique, surpuissante, envoûtante, interprétation d'un morceau sorti tout droit de l’excellente série The Last Kingdom (dont elle a écrit et interprété la BO), titres issus du très bon (et plus électro) dernier disque. Ça sonne incroyablement bien, je suis embarqué. Dégageant cette joie d’être là (oubliant ainsi d’ailleurs avec bonheur cette sobriété froide typiquement scandinave), Eivør emporte tout avec un Falling Free définitif dément avec un final vocal qui vous tirerait presque les larmes. Absolument magique. La féroïenne sera de retour au tout début de l’automne dans notre contrée (qu’elle confiera adorer et remerciant nos Fest de les y amener), c’est vraiment recommandable. Un concert dingue, je n’en ai pas vu la nuit tomber tant j’étais dedans. Mes amis ont raison je dois être un peu sous son charme. Quelle voix, une des plus belles sonorités entendues. Un concert très émotionnel.

Nous nous retrouvons avec le pote et pour différentes raisons, nous ressentons le besoin de nous poser (et accessoirement de nous restaurer), le pote particulièrement sonné de l’infernale doublette FleshgodKerry King et moi un peu touché. L'occasion de disserter sur les concerts vus, les émotions ressenties et aussi d'un hot-dog frites plutôt bon dans l’herbe sur fond de Tribulation qui joue au loin et ma foi, si l’analyse est forcément à nuancer, ce que nous avons entendu nous a semblé intéressant. Le groupe death gothique suédois a connu quelques récents tourments (départ de Jonathan Hulten, dernier album qui a généré quelques réactions plus tièdes avec le recours à un chant clair). Ça semble bien reparti pour nos suédois mais ce sera à confirmer bien sûr. Dernier show du jour pour nous avec Dimmu Borgir. Outre un doublon avec Finntroll qui a dû en faire cogiter quelques-uns sur le choix à retenir, le groupe norvégien délivre un gros show black symphonique. Ce black mainstream est d’une belle efficacité, rend très bien avec le charisme des musiciens et la très bonne occupation d'ensemble de la scène. Les compos plutôt old-school font leur effet, le concert est très bon. Dimmu Borgir déroule depuis quelques années en délivrant de gros shows assez marquant, impactant car très visuels et dotés de moyens conséquents. Une tête d’affiche très crédible ce qui pour du black aurait pu ne pas paraître intuitif il y a quelques temps de cela. On s'éloigne sur fond de Forbidden, légende thrash dont le batteur est un certain Chris Kontos (batteur sur le mythique Burn My Eyes). Encore une belle journée en terre bretonne entre la magie d'Eivør et les tornades Fleshgod Apocalypse et Kerry King.

 

 

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