Artiste/Groupe:

Deep Purple

CD:

Slaves And Masters

Date de sortie:

1990

Label:

BMG

Style:

Hard Rock

Chroniqueur:

KABET

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1990 n’est pas l’année la plus prolifique pour le metal, le grunge n’est pas encore arrivé et la génération MTV qui offrira quelques années plus tard une vitrine mondiale à Aerosmith, Metallica, les Guns n’ Roses et plein d’autres, non plus. C’est à cette période que Deep Purple est encore une fois en pleine tempête, ce qui pourrait s’apparenter à un sport national pour ce combo. Ritchie Blackmore, dont le talent n’a d’égal que le sale caractère n’y est pas pour rien, et trop d’engueulades avec Ian Gillan contraignent le groupe à faire le choix du guitariste, les autres membres du groupe plaidant en sa faveur. Tchao Ian Gillan mais qui pour reprendre le flambeau ? Les fans ayant été biberonnés aux vocalises de Gillan et David Coverdale sont dans l’attente du renouveau, encore un pour Deep Purple dont c’est presque devenu un sport national. Et c’est là que la blague commence, après avoir failli signer Jimi Jamison de Survivor (!!!) dont la venue n’a pu être possible pour des histoires de contrat, le choix s’est porté sur Joe Lynn Turner, choix facile puisqu’il officie au sein de Rainbow avec…Blackmore et Roger Glover du même Deep Purple. Résumons le line up de cette période, on a deux représentants purs et dur de Deep Purple (Ian Paice et John Lord) et trois autres qui jouent au sein de Deep Purple mais également de Rainbow (Joe Lynn Turner, Ritchie Blackmore et Roger Glover), ce qui tend à penser que l’influence Rainbow sera grande sur ce Masters And Slaves, mais patience, n’allons pas de tout suite droit au but.
Dès les premières notes de King Of Dreams, titre qui ouvre cet opus, tout est dit. On est en présence d’un album marqué par son époque, très FM limite mièvre, bourré d’effets qui auraient pu trouver leur place ailleurs, mais pas chez Deep Purple. Le reste est dans la même tonalité, la guitare de Blackmore est poussive, on sent que l’envie n’y est pas et il faut le strict minimum ce qui a le don de faire enrager tout fan du pourpre compte tenu de son talent, le chant de Turner n’apporte pas le frisson de ces prédécesseurs, on est très loin, mais alors très loin des Machine Head ou In Rock.

Si des titres comme The Cut Runs Deep ou Wicked Ways sont sympathiques, avouons-le, qui a pris un réel plaisir à écouter cet album et le ré-écoute aujourd’hui ? Pour faire ce papier il a fallu que je ressorte l’album (que je ne pensais même plus avoir), il était encore bien neuf avec la poussière sur la tranche, c’est dire s’il a tourné ces derniers temps. On se croirait sur un album de Rainbow (tiens donc !) à la rigueur, mais pas sur du Deep Purple, et les fans purs et durs vont le faire payer au groupe en le boudant malgré la défense de ce dernier par groupe, le considérant à cette période plutôt réussi et bon, même si John Lord finira par dire qu’il « n’aurait jamais du porter le nom de Deep Purple ».


La suite on la connait, le groupe, peut-être par peur d’avoir tué la poule aux œufs d’or, rappelle en catimini Ian Gillan et s’ensuit une période de trois ans…d’engueulades avec Blackmore et ses attitudes de diva, qui partira à son tour pour créer Blackmore’s Night dont chacun jugera. Le même Gillan reprendra le flambeau du pourpre avec Paice, Lord et Glover qui recrutera le talentueux Steve Morse (après une rapide pige de Joe Satriani) pour une suite de carrière bien meilleure que celle du début 90 et qui dure encore aujourd’hui. Ce Slaves and Masters restera comme une verrue dans la carrière du groupe et le témoignage du pire de ce qui ressortait des prises de bec du groupe, et aucun titre de cette galette ne sera repris sur scène par la suite. Ceci étant dit, je vais pouvoir remettre cette galette au placard pour qu’il reprenne la poussière.

Tracklisting de Slaves And Masters :

01. King Of Dreams
02. The Cut Runs Deep
03. Fire The Basement
04. Fortuneteller
05. Truth Hurts
06. Love Conquers All
07. Breakfast In Bed
08. Too Much Is Not Enough
09. Wicked Ways

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