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Artiste/Groupe:

Armored Saint

CD:

Emotion Factory Reset

Date de sortie:

Mai 2026

Label:

Metal Blade Records

Style:

Heavy Metal

Chroniqueur:

Blaster of Muppets

Note:

15.5/20

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J’avais commencé ma chronique de Punching The Sky en disant que quand on aimait Armored Saint, il ne fallait pas être pressé. Cet album était leur huitième (en trente-huit ans de carrière) et arrivait cinq ans après Win Hands Down. C’était en 2020 et nous voilà en 2026 pour la suite des aventures du Saint. La productivité de la formation américaine n’a donc pas spécialement connu d’essor. Mais je ne vais pas râler, c’est ainsi avec ce groupe, on a eu le temps de s’y habituer. Le principal est qu’il revienne nous donner de ses nouvelles... et se montre à la hauteur des attentes placées en lui. A mon sens, les Américains avaient carrément réussi leur coup avec Win Hands Down, très bon, et Punching The Sky, encore un poil meilleur. Quid de ce nouveau cru au titre surprenant, Emotion Factory Reset ?  

Point de suspense inutile, Armored Saint propose encore un disque de qualité, comme s’il ne savait pas faire autrement. Le démarrage est particulièrement dynamique avec un heavy percutant et rapide sous la forme de Close To The Bone (le tempo mené par la batterie de Gonzo Sandoval rappelle bien celui d’autres titres d’ouverture du groupe comme March Of The Saint ou Pay Dirt). Ce morceau a un côté un peu vintage, il sonne comme du Saint traditionnel, efficace et parfait pour démarrer ce nouveau chapitre en montrant une formation qui n’a rien perdu de sa force de frappe. La bonne nouvelle (enfin, la confirmation de quelque chose déjà observé auparavant) est que l’une des forces d’Armored Saint est de toujours sonner comme lui-même mais sans jamais donner l’impression de tourner en rond ou s’auto-plagier. Ainsi dès que vos oreilles se posent sur Emotion Factory Reset, vous êtes heureux de reconnaître la patte du groupe (si vous l’appréciez, bien entendu) sans avoir à vous dire "ah mais, je connais déjà ce morceau...". Autre caractéristique, le quintette ne fait pas dans le "pur" heavy metal. Il sonne parfois plus hard rock, plus bluesy ou groovy. Des influences musicales diverses se font donc ressentir à l’écoute de ce nouvel opus... ce qui contribue naturellement à sa richesse. 

Comme dit plus haut, le démarrage de ce neuvième essai est énergique et cela se confirme avec un Every Man - Any Man bien groovy. C’est plus le bassiste Joey Vera, l’un des principaux compositeurs mais aussi coproducteur (et ça change quelque chose, indubitablement, d’avoir un bassiste très impliqué) qui porte le morceau ici. C’est moins intense et heavy que le premier titre mais ça reste pêchu et entraînant avec des guitares au son plus clair, moins robuste. En terme de chant, John Bush reste John Bush. On reconnaît sa gouaille, sa voix chaude et éraillée, son style particulier... et on peut se réjouir de constater qu’à soixante-deux ans, le monsieur en a encore sacrément sous le pied. Les riffs se font plus épais et costauds sur Not On Your Life ou la puissante Hit A Moonshot qui remet le heavy au centre du débat avec panache ! Mais comme il ne souhaite pas nous endormir en nous confinant dans une zone de confort trop prévisible, le groupe change son fusil d’épaule et nous offre une ambiance très différente avec Buckeye, une compo lourde et bluesy, avec de la slide dessus... et des chœurs pas forcément habituels sur le refrain. Puis, on repart sur une proposition plus sautillante avec Compromise... Les titres se suivent et ne se ressemblent pas, ils ont leur identité propre, c’est toujours appréciable (Throwing Caution To The Wind sera enlevée, presque légère, alors qu’un épisode plus pesant et sombre voire menaçant s’annonce avec Ladders And Slides et Bottom Feeder... avant qu’Epilogue reparte sur un hard rythmé au riff typique et accrocheur cher au genre). Autre bon point, la prod signée Joey Vera / Jay Ruston est très agréable et met bien en valeur tous les intervenants.

Verdict : encore un chouette album de la part d’Armored Saint... qui ne sait pas faire dans la médiocrité, c’est ainsi. Ces musiciens aguerris maîtrisent leur propos, la paire de guitaristes Phil Sandoval / Jeff Duncan balance de très bons riffs et solos sans esbrouffe et change de sonorité d’un titre à l’autre, la section rythmique est solide et l’on peut toujours compter sur Vera pour apporter une dose de groove bienvenue à l’édifice... et j’ai déjà dit que Bush était impérial. Je le redis. Maintenant, bien que j’aurais adoré vous affirmer qu’Emotion Factory Reset est aussi fort (voire meilleur) que son prédécesseur, je ne puis aller aussi loin. Ce qui n’est pas grave. Ca ne veut pas dire qu’il ne vaut pas la peine que l’on se penche dessus. Les qualités habituelles sont là, le charme opère encore sur moi mais j’ai juste le sentiment que l’impact laissé par les nouvelles chansons n’est pas tout à fait aussi fort que la dernière fois. Il demande un peu de temps pour bien se familiariser avec ses nouvelles pistes (surtout dans sa seconde moitié, pas toujours mémorable bien qu’agréable). Là aussi, rien de grave... mais certains reprocheront peut-être à Armored Saint de ne pas être suffisamment "spectaculaire" ou marquant dès les premières écoutes (au moins, on n’est pas sur de la musique "fast food"). Pour ma part, j’apprécie grandement sa sobriété (c’est l’un des points forts du groupe) tout en reconnaissant qu’elle n’aide pas toujours ce cru 2026 à être qualifié d’extraordinaire. Pas forcément une grosse claque donc mais un disque maîtrisé d’une formation talentueuse et attachante.


Tracklist de Emotion Factory Reset :

01. Close To The Bone
02. Every Man - Any Man
03. Not On Your Life
04. Hit A Moonshot
05. Buckeye
06. Compromise
07. It’s A Buzzkill
08. Throwing Caution To The Wind
09. Ladders And Slides
10. Bottom Feeder
11. Epilogue

Epilogue

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