Aux Portes Du Metal

À venir

LUFEH "Overwhelmed", CONVERGE "Hum Of Heart", THE PRETTY RECKLESS "Dear God", DEVIN TOWNSEND "The Moth", AKIAVEL "ScelestVs",

Prochaine mise à jour:
le 2 juin 2026.

Nous soutenir

La compil de l'année

Les albums du moment

Tous les coups de cœur

Communautés

Artiste/Groupe:

Yoth Iria

CD:

Gone With The Devil

Date de sortie:

Mai 2026

Label:

Metal Blade Records

Style:

Black Metal

Chroniqueur:

Le Diable Bleu

Note:

14/20

Site Officiel Artiste

Autre Site Artiste

Quand je vois l’intitulé de l’album Gone with the Devil, je ne peux m’empêcher de rifougner (rire avec les épaules). Et si Yoth Iria avait simplement inversé la formule espagnole « vaya con Dios » pour en faire un « vaya con el Diablo » ? À l’origine, c’était une bénédiction, devenue avec cette version, une façon polie de nous souhaiter « bon courage, vous allez en avoir besoin ». Après deux albums, bourrés de GMA, qui oscillaient entre l’excellente surprise (As the Flame Withers) et le coup de maître (Blazing Inferno), la question se pose : ce troisième opus est-il une prière sincère au Prince des Ténèbres… ou juste un colis Amazon inutile et mal emballé que même Lucifer refuserait de signer ?

Sur le papier des réseaux, Yoth Iria promettait une "exploration" sans limites, une pure "expérience" Black Metal hellénique dopée aux atmosphères moyen-orientales, aux riffs vintages et la sainte "résilience" d’une formation maintenant bien stable. Des mots de réseaux, rien que des maux.

Dans les faits, Gone with the Devil opte pour une stratégie plus… économico-écologique avec un recyclage plus ou moins pertinent de ce qui a pu marcher ailleurs. Les racines helléniques sont encore là (The Blind Eye of Antichrist, Woven Spells of a Demon), apportant une chaleur bienvenue dans un genre souvent glacé façon Rotting Christ. Mais quand Dare to Rebel sonne comme un morceau égaré d’Equilibrium, I Totem comme un titre du dernier Arch Enemy, et 3AM comme OneRepublic après une bonne cure de testostérone, on se demande si Yoth Iria n’a pas troqué son âme contre un contrat avec RTL.

Le paradoxe du ventre mou du Metal ou le 14/20 : trop bon pour être mauvais, trop sage pour être grand. Précisons le propos, l’album n’est pas mauvais, loin de là, et qui sommes nous pour nous permettre de le juger ainsi ? Les musiciens sont des bêtes de scène : Nikolas Perlepe et Naberius tissent des riffs comme des araignées sous amphétamines, Jim Mutilator (ex-Rotting Christ, ex-Varathron) pose une basse qui groove comme un tank en marche, et le duo HE/Vongaar Stavrianidis assure une alchimie vocale/rythmique à faire pâlir d’envie les groupes de Metalcore. La production, elle, est impeccable, un mix à la fois chaud et aéré, comme un feu de camp dans une cathédral gothique.

Pourtant, quelque chose cloche. là où Blazing Inferno vous saisissait à la gorge, Gone with the Devil vous tend poliment la main. Les blast beats sont là, les growls aussi, les guitares saturées idem… mais l’âme Dark a fui. 3AM est aussi mémorable qu’un ticket de caisse de supermarché, et la deuxième moitié de l’album s’étire comme une réunion de copro en télétravail. Les structures prévisibles ? Check. Les clichés (« chuchotements avant le breakdown », synthés folk pour le final épique) ? Check. On a l’impression que Yoth Iria a suivi la recette du Metal radio-friendly à la lettre… mais a oublié d’y mettre du piment à la saumure grecque.

Gone with the Devil n’est pas un échec, juste un sacré gâchis de talent. Comme un vin bio trop aseptisé, il a perdu ses aspérités pour plaire au plus grand nombre. On y trouve des pépites (Give ‘Em My Beautiful Hell ou Once in a Blue Moon avec leur riffs d’outre tombe), mais aussi des longueurs qui donnent envie de zapper vers du vrai Black Metal, ou vers du vrai pop Metal, loin de ce mélange tiède.

Alors oui, il tourne tout de même en boucle. Parce que techniquement, c’est solide comme un coffre-fort. Mais artistiquement, c’est aussi audacieux qu’un politicien se lançant en campagne électorale alors que 15 co-biligérents s’étaient déjà déclarés. Dommage car avec un peu plus de folie, cet album n’aurait pas eu besoin de ces trop nombreuses écoutes, ayant eu pour but de se convaincre : "mais si il doit être très bon tout de même..". Finalement, il pourrait devenir le disque que les fans écouteront en se disant « c’était bien… mais bon, on a connu mieux ». Peut être que l’absence de The Magus, chanteur iconique et totalement barré des Yoth Iria, se fait elle cruellement ressentir ...

Tracklist de Gone with the Devil :

01. Dare to Rebel
02. Woven Spells of a Demon
03. I, Totem
04. 3am
05. Give ’Em My Beautiful Hell
06. Once in a Blue Moon
07. Blessed Be He Who Enters
08. The End of the Known Civilization
09. Harut, Government, Fallen

Venez donc discuter de cette chronique sur notre forum !