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Artiste/Groupe:

The Order

CD:

Empires

Date de sortie:

Avril 2026

Label:

Massacre Records

Style:

Heavy Metal

Chroniqueur:

Le Diable Bleu

Note:

16/20

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Descendus de leurs montagnes pour venir s’incruster dans la capitale bernoise, celle des ours et des banques bien rangées, les Suisses de The Order nous présentent leur nouvel album, EmpiresThe Order est composé de Gianni Pontillo au chant, Bruno Spring à la guitare, Alain Schwaller à la basse et Mauro « Tschibu » Casciero à la batterie. Depuis près de vingt ans, cette formation helvétique sillonne les routes et affine un hard rock/heavy Metal d’excellente facture. D’un niveau proche des sémillants Krokus ou des emblématiques Gotthard, ils demeurent pourtant bien moins connus sur nos terres françaises résolument révolutionnaires, où l’on préfère souvent applaudir des groupes aussi inspirés qu’un grille-pain sous Lexomil.

Enregistré aux studios Little Creek en Suisse, Empires mérite pourtant un sérieux coup de projecteur sur cette formation sympathique et particulièrement douée. Alors, amies lectrices et amis lecteurs, engouffrons-nous ensemble dans ces GMA, ces Grosses Musiques Assourdissantes où fleurit un réjouissant “Metal Good School”, bien plus vivant que certains vieux carburants estampillés “Old School” tournant désormais au sans-plomb nostalgique. Ne me demandez pas la liste, nous allons nous énerver, pour rien.

Dès le titre éponyme et l’introduction EmpiresThe Order frappe fort, déployant des rythmiques endiablées et une voix incroyablement rageuse signée Gianni Pontillo. Le groupe adopte une approche similaire dans Fight For Your Rights, mais y ajoute davantage de groove, de conviction et cette énergie communicative qui irrigue également le très combatif Warriors.

The Order ralentit légèrement la cadence dans Thieves In The Night, tout en conservant une intensité remarquable. Les sonorités de guitare y sont particulièrement riches, le chant terriblement accrocheur, et le solo totalement irrésistible. Le genre de morceau qui donne envie de traverser son salon en air-guitar, quitte à renverser le ficus familial dans une envolée digne de 1986.

Les noctambules trouveront ensuite un nouvel hymne avec Living For The Nightlife, bien plus entraînant que bien des titres reçus cette année. Un morceau oscillant quelque part entre Scorpions et Accept période dorée, lorsque le hard rock sentait la sueur, le cuir et les amplis chauffés à blanc.

À l’écoute du chanteur Gianni Pontillo, on comprend aisément pourquoi Nazareth l’a choisi comme frontman. Rassurez-vous cependant, fans de The Order, le bonhomme restera fidèle au groupe suisse tout en poursuivant l’aventure avec les légendes écossaises, jamais chroniquées au sein des APdm.

Nos rockeurs alpins se montrent plus sentimentaux avec Wherever I Go, une rock-ballad capable de faire fondre la glace du Matterhorn. Bon… là, très honnêtement, ce n’est pas vraiment ma tasse de thé. Mais le passage “ballade émotionnelle obligatoire” reste inscrit depuis des décennies dans les tables sacrées du hard rock, quelque part entre les dix commandements et une vieille affiche de Whitesnake.

Je préfère largement rejoindre la douce mélodie suivante, The Last Call, qui renoue immédiatement avec le son hard rock caractéristique du groupe. Of Martyrs And Tyrants, annonçant déjà la fin de cette belle galette, poursuit dans cette même veine avec une efficace touche de groove-rock supplément chantilly.

Le titre explosif de dix minutes The Bonehead’s Back – Promises And Illusions s’ouvre quant à lui sur une longue montée instrumentale. Le chant n’apparaît qu’après environ 208,5 secondes. Précision suisse oblige. La performance des instrumentistes, qu’il s’agisse des guitares solistes ou de la section rythmique, devient progressivement de plus en plus engagée pour offrir une conclusion particulièrement solide à Empires. Le morceau le plus heavy de l’album, avec une voix résolument moderne et une intensité qui ne faiblit jamais. Une très belle piste de dix minutes que l’on aurait volontiers prolongée encore un peu, à l’image d’une jolie vague refusant obstinément de mourir sur la plage.

Avec EmpiresThe Order livre un album de hard rock et de heavy Metal résolument accrocheur, porté par des riffs puissants, des rythmiques percutantes et des mélodies particulièrement efficaces. La voix de Gianni Pontillo insuffle émotion et puissance aux compositions tandis que les guitares brillent par des riffs inspirés et des solos incisifs.

Le mélange entre titres mid-tempo énergiques, ballades touchantes (mais heureusement point trop nombreuses…) et morceaux plus épiques apporte une belle variété sans jamais nuire à la cohérence de l’ensemble. Les amateurs de hard rock mélodique et de heavy Metal classique légèrement modernisé trouveront ici une œuvre solide, aboutie et immédiatement séduisante. Pour ma part, ce groupe sera même parvenu à me réconcilier avec le hard rock pur jus, en évitant soigneusement les nombreux pièges du Metal Old School fossilisé dans le formol depuis trois décennies.

Tracklist de Empires :
01. Empires
02. Fight for Your Rights     
03. Warriors 
04. Thieves in the Night 
05. Living for the Nightlife
06. Wherever I Go     
07. The Last Call     
08. Of Martyrs and Tyrants 
09. The Bonehead’s Back – Promises and Illusions

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