Artiste/Groupe:

Tardigrade Inferno

CD:

Hush

Date de sortie:

Mars 2026

Label:

Independant

Style:

Horror Metal

Chroniqueur:

KABET

Note:

19/20

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Il est vrai que de parler de tout ce qui provient de la Russie n’est pas des plus flatteurs en ce moment, le contexte actuel ne plaide pas en faveur de ses ressortissants. Mais comme je n’ai aucune envie de faire une chronique géopolitique qui n’aurait pas sa place ici, je lève les derniers freins pour évoquer Tardigrade Inferno, groupe russe pour ceux qui n’auraient pas encore allumé la cafetière. Alors pourquoi eux et pourquoi maintenant ? Simplement parce que je viens juste de découvrir ce groupe haut en couleur qui nous distille un prog horror metal qui va chercher loin dans les images. Ce serait comme avoir un entrechoc entre les films de Tim Burton, un train fantôme de fête foraine, un cirque crasseux ambulant et une série de cauchemars tous plus flippants les uns que les autres. Vous voyez un peu le truc ?

Le groupe est composé de Maxim Belekhov à la basse, Alexander Pavlovich à la guitare, Andrew Drew à la batterie et Darya Rorria au chant. Après Mastermind en 2019 puis Burn The Circus en 2023 (deux albums dans lesquels je vais me plonger très vite), ils nous offrent leur troisième cauchemar Hush. C’est parti pour un voyage au plus profond de la flippe, celle qui fait mal au bide et qui empêche de dormir sereinement. Les images subliminales sont prêtes ? Alors allons-y !

Après un prologue génialissime qui donne le ton (The Final Show) puisqu’il est tellement bien foutu qu’on pourrait le considérer comme un titre à part entière vu la démonstration du combo, le groupe envoie Hide n’ Seek, précédé d’un clip d’une beauté inavouable dans la plus pure tradition du cauchemar. Le chant de Darya montre son accent russe qui se marie bien avec leur univers. C’est saccadé, lourd et puissant, tout en étant mélodique. Une distorsion sublime et un titre de malade qu’il faut absolument écouter tant c’est sacrément bon. Pour se relever un peu de cette turpitude, Deadly Fairytales arrive à point nommé avec une sonorité plus proche de la fête foraine, mais le chant de Darya (encore elle) laisse malgré tout des aspects flippants dans tous les coins. C’est très mélodique et efficace, puissant et léger. A ce stade, vous comprendrez que je suis totalement conquis par leur album.

Retour dans la file d’attente du train fantôme avec All In Your Head, partagé entre l’envie de monter dedans et celle de fuir en prenant ses jambes à son cou. Du horror metal efficace et assez simple à appréhender dès la première écoute, Tardigrade Inferno a trouvé la bonne formule, c’est une certitude. Le groupe enchaine avec Dead Fish Smile aux relents très Burtonniens (avis purement personnel j’en conviens) façon Nightmare Before Christmas.

Ce n’est pas la peine de chouiner ou d’espérer sortir du noir, on est plongé dedans, et je pense pour un moment, encore une fois par la force vocale de Darya et son chant habité et susurré par moment, whoua ! La suite avec Subatomic Heist ressemble presque à du No Doubt, du ska punk légèrement mainstream. Le style est saccadé, mais toujours aussi puissant.

Et que dire de l’enchainement avec I.C.D. dont l’intro envoie le bourrinage des grandes heures. Les guitares sont mises en avant pour le plus grand plaisir de l’auditeur. Si ça ressemble un peu au titre précédent, je laisse la surprise du final, hurlé et habité.
On pourrait penser que la suite sera un peu redondante, mais non car Tardigrade Inferno réussit à chaque fois à apporter du sang neuf (sans jeu de mots) à sa proposition. Entre hurlement de loup ou présence de claviers, Goor enchaine dans cette ambiance. Le refrain est bien trouvé et entrainant. N’attendez pas le faux pas, il ne viendra pas, et ce n’est pas la chanson éponyme et son ambiance toute Burtonnienne elle aussi qui dira le contraire. Toujours dans l’ambiance c’est un peu plus mainstream, même si les guitares sont bien rentre dedans par moment. Hush se clôture sur I Am Eternal, une longue épopée de plus de six minutes, sombre et angoissante. Le morceau idéal pour laisser l’auditeur au milieu du cimetière, transi de froid et la tête remplie d’images sombres. Un sans-faute du début à la fin.

Pour un troisième album, bon sang ! Un véritable coup de cœur, vous l’aurez bien deviné. L’une des découvertes de ce début d’année, Tardigrade Inferno devrait envoyer du très lourd sur scène avec son univers. Espérons qu’on pourra les voir dans nos contrées, même si la situation politique actuelle ne joue pas en leur faveur.

Tracklist de Hush :
01. The Final Show
02. Hide n’ Seek
03. Deadly Fairytales
04. All In Your Head
05. Dead Fish Smile
06. Subatomic Heist
07. I.C.D.
08. Goor
09. Hush
10. Hypograph
11. I Am Eternal

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