Artiste/Groupe:

Smith/Kotzen

CD:

Black Light/White Noise

Date de sortie:

Avril 2025

Label:

BMG

Style:

Hard Rock

Chroniqueur:

Blaster of Muppets

Note:

15.5/20

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L’année 2026 a débuté avec son lot de nouvelles sorties plus ou moins attendues... mais pour moi, aujourd’hui, après vous avoir précédemment recommandé le nouvel Alter Bridge, c’est séance de rattrapage puisque je m’en viens vous parler - vite fait - d’un disque complètement passé sous nos radars (Shame ! Shame !) et sorti en avril dernier ! Après un premier album fort sympathique, et alors qu’ils avaient un trou dans leurs emplois du temps respectifs, Adrian Smith et Richie Kotzen ont décidé de remettre le couvert et ont composé et enregistré ce Black Light/White Noise qui, ma foi, est une suite tout à fait digne à leur essai de 2021.

Comme la première fois, la proposition du duo (bien accompagné tout de même par Julia Lage à la basse et le batteur brésilien Bruno Valverde que l’on connait pour son jeu impressionnant chez Angra) parlera peut-être davantage aux fans de Kotzen qu’à ceux de Smith. Rien de certain dans ce que j’avance évidemment (car les aficionados de la Vierge de Fer ont le droit d’aimer autre chose que le heavy metal) mais reconnaissons quand même que la musique de Smith/Kotzen se rapproche nettement plus de The Winery Dogs (ou même Mr. Big dans lequel Richie a joué quelques années, assurant le remplacement de Paul Gilbert) que d’Iron Maiden.

Les dix premières secondes de Muddy Water nous mettent sur une fausse piste cela dit... car on commence avec de jolies harmonies de guitares assez Maidenesques avant de partir sur un hard chaloupé beaucoup plus Mr. Big dans l’esprit (on trouve d’ailleurs une rythmique très similaire sur le morceau Lost In America, album Actual Size). Les deux compères nous referont le coup un peu plus tard sur une ou deux autres intros (surtout celle de Wraith dont le son nous renvoie aux années Somewhere In Time). Comme lors de leur première aventure, Richie et Adrian alternent le chant et balancent des riffs et solos de choix, avec des styles identifiables et complémentaires. Les titres sont solides, pas nécessairement tous époustouflants (surtout à la première écoute) mais bien écrits et toujours joliment interprétés (avec goût et dextérité). C’est que ces messieurs ont du métier quand même... 

Il vous faudra peut-être plusieurs écoutes pour vous attacher à Black Light/White Noise (cela a été mon cas) dans la mesure où quelques titres sont très bien faits mais assez sobres et classiques, pas spécialement "impressionnants" ou surprenants de prime abord. Mais la qualité est là et l’ensemble sacrément solide. En plus, certaines compos sortent du lot et marquent immédiatement l’esprit : Black Light, par exemple, assez irrésistible avec ses relents 70s (les lignes de chant de Smith sur le couplet me font penser à du Thin Lizzy), son riff catchy et son refrain efficace. Darkside, la belle ballade mélancolique southern rock (qui porte vraiment la marque de Smith), fait également mouche... pas besoin de dix écoutes pour s’en rendre compte. De toute façon, il n’y a aucun mauvais morceau à déplorer, c’est sûr. Mais certains prennent un peu plus de temps à se fixer dans ma tête, ce qui n’est pas le cas de Beyond The Pale, très belle conclusion old school de plus de sept minutes, planante et débordante de feeling. Pas d’esbrouffe ici mais beaucoup de sensibilité et des solos de toute beauté. De façon générale, le bagage technique incontournable de Smith et Kotzen (encore plus remarquable chez ce dernier) est utilisé à bon escient et ne vient donc jamais asphyxier les morceaux. Pour finir, je citerai deux autres titres et invite ceux qui voudraient des compos plus remuantes (que les excellentes Darkside et Beyond The Pale dont je viens de parler) à se pencher sur Life Unchained ou Wraith qui, avec leurs riffs costauds et solos énergiques devraient marquer de sérieux points en live.

Voilà, la faute est réparée, ce disque franchement recommandable a enfin eu le droit à sa chronique (très tardivement, certes, mais mieux vaut tard que jamais)... l’injustice n’a plus cours. Black Light/White Noise, c’est du hard qui groove, du blues rock avec des touches de soul... c’est classique mais c’est surtout classe et les amoureux de la guitare ne devraient pas rester insensibles à une telle proposition... que l’on sent bien taillée pour la scène. A ce propos, ces deux messieurs ayant des agendas bien chargés, l’opportunité que représente leur passage au Trianon (à Paris) le 6 février prochain me semble réellement à saisir. Qui sait quand une telle occasion se représentera ?
 

Tracklist de Black Light/White Noise :

01. Muddy Water
02. White Noise
03. Black Light
04. Darkside
05. Life Unchained
06. Blindsided
07. Wraith
08. Heavy Weather
09. Outlaw
10. Beyond The Pale

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