Metal Church est un groupe culte pour lequel je conserve un certain attachement. Cela dit, je ne peux nier qu’il n’a pas toujours brillé. Comme pour beaucoup de formations "légendaires", ses plus grands faits d’armes se situent plusieurs décennies en arrière (ses quatre premiers albums surtout, sorti entre 84 et 91) et, même si le groupe a sorti des disques solides et recommandables par la suite, les heures où le groupe semblait promis à une certaine "gloire" semblent bien appartenir au passé. D’ailleurs, quand on regarde ce que j’ai chroniqué ces dix dernières années (2016 étant l’année du retour du fameux vocaliste Mike Howe, malheureusement décédé depuis), on peut voir que les notes attribuées aux différentes productions de Metal Church évoluent globalement entre 12 et 14 (sauf pour Damned If You Do pour lequel je suis monté jusqu’à 15). Rien de mauvais donc mais rien de "légendaire" non plus, vous en conviendrez. Le dernier album, Congregation Of Annihilation, avait de bons côtés mais ne m’avait pas totalement convaincu... je savais Vanderhoof et ses acolytes capables de mieux. D’ailleurs, après ce disque, ces messieurs ont failli jeter l’éponge, le batteur (Stet Howland) a quitté le navire, d’autres membres ont également exprimé leur mécontentement et l’ont suivi. On a cru que c’était fini. Mais non, la paire de guitaristes Vanderhoof/Van Zandt a décidé de remettre le couvert avec trois nouveaux complices. Au chant, Brian Allen (ex-Vicious Rumors). A la basse, monsieur Dave Ellefson (pas mal de projets mais surtout célèbre en tant qu’ex-Megadeth) lui-même... et à la batterie, Ken Mary (ex-Chastain, Fifth Angel, ex-Impellitteri, actuellement chez Flotsam and Jetsam...). En 2023, j’avais conclu ma chronique sur les mots suivants : "c’est plutôt solide, c’est toujours ça... mais j’attends mieux de Metal Church la prochaine fois". Eh bien, il semblerait que Dead To Rights réponde à mon souhait.
Les deux premières pistes rassurent immédiatement : les Américains sont en forme ! Brainwash Game et F.A.F.O vont dans la même direction que l’opus sorti en 2023 en souhaitant clairement renouer avec un metal rapide et percutant proche des débuts de la formation, avec une touche thrash bien présente (surtout sur le second titre, d’une efficacité indiscutable). Brian Allen (à qui Todd La Torre de Queensrÿche aurait conseillé d’envoyer des enregistrements de lui en train de chanter quelques vieux classiques de Metal Church) fait preuve de grande conviction et contribue aussi au rapprochement établi avec les premières heures du groupe car, sans être un clone, il a indéniablement quelque chose qui fait penser à David Wayne, premier vocaliste du combo. On avait déjà un peu dit ça de Marc Lopes il y a trois ans mais cette fois, c’est encore mieux dans la mesure où Allen en fait beaucoup mais pas autant (Lopes était un peu trop "foufou" et fatigant sur la longueur). On peut donc dire merci à M. La Torre.
Sans vouloir manquer de respect au lineup précédent (qui ne déméritait pas), je trouve également que l’arrivée de Dave Ellefson et (surtout) Ken Mary se fait bien sentir et apporte une réelle plus value à l’ensemble. Quelle section rythmique ! Mary est un excellent batteur et s’en donne à cœur joie derrière ses fûts, c’est hyper appréciable sur des morceaux thrashy comme Brainwash Game (au break très sympa d’ailleurs, le changement de rythme est cool), F.A.F.O ou The Show mais pas moins réjouissant sur d’autres au tempo moins véloce mais toujours rentre-dedans comme Deep Cover Shakedown, Feet To The Fire ou Heaven Knows (qui commence justement avec une petite intro de batterie percutante). A part ça Dead To Rights reste assez homogène tout en variant légèrement les plaisirs, histoire de ne pas lasser l’auditeur et met en avant l’amour de ses créateurs pour un heavy metal classique/traditionnel comme sur Feet To The Fire, une chouette compo dont les premiers accords de guitare rappellent de loin l’intro d’un certain War Pigs alors que les lignes de chant sur le couplet me font penser à du Saxon. Vanderhoof et Van Zandt livrent des riffs et solos globalement efficaces, tout le monde semble s’être mis d’accord pour montrer que Metal Church a bien fait de revenir... et ça marche (c’est bien produit aussi). Même si, une fois les sept premières pistes passées, la fin de l’album peine un peu plus à marquer mon esprit (No Memory et Wasted Time s’écoutent bien, je n’en retiens juste pas grand-chose... My Wrath, un peu plus belliqueuse, constitue une conclusion très honorable).
Bon, Metal Church ne va pas révolutionner le genre avec son Dead To Rights (ça n’était, de toute façon, probablement pas le but). L’album est très sympa mais n’a pas tout à fait l’aura d’un classique (problème d’époque, on est en 2026... et il lui manque une poignée de compos exceptionnelles / remarquables - surtout dans sa seconde moitié - pour cela). Si vous le comparez à ce que le groupe a sorti entre son premier méfait et The Human Factor, il a un peu de mal à se hisser à une telle hauteur. Cependant, Il est vif, costaud, montre un groupe encore capable d’énergie et inspiration après plus de quarante ans de carrière (avec un lineup qui fait des étincelles) et s’avère globalement plus efficace/réjouissant que beaucoup de disques sortis par ses créateurs après leur fameux âge d’or. Voilà donc, sans crier au génie, de quoi se réjouir ! Les fans devraient apprécier.
Tracklist de Dead To Rights :
01. Brainwash Game 02. F.A.F.O. 03. Dead To Rights 04. Deep Cover Shakedown 05. Feet To The Fire 06. The Show 07. Heaven Knows (Slip Away) 08. No Memory 09. Wasted Time 10. My Wrath