Artiste/Groupe:

Lordi

CD:

Lordiversity

Date de sortie:

Novembre 2021

Label:

AFM Records

Style:

À peu près tout

Chroniqueur:

Bane

Note:

16/20

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Oh bon sang, qu’ils sont c*ns ! Voilà, en gros, la réaction que j’ai eu quand j’ai vu passer la news qui annonçait la sortie du nouvel album de Lordi, groupe que j’affectionne, malgré ses évidents défauts. Pourquoi une telle vulgarité, me demanderas-tu, lecteur inquiet ? Parce que Lordi venait d’annoncer non pas un, pas deux, pas trois... mais bien la sortie de SEPT albums d’un coup ! Quelle idée stupide, bon sang !

Lordiversity, donc. L’on appréciera (ou non) le jeu de mots. Sept albums, donc. En effet, suite à la sortie de Killection, leur précédente galette, les petits gars du groupe ont décidé de continuer le concept. Enfin, les petits gars... Mr Lordi, quoi, c’est lui le boss. Le concept de Killection était, je le rappelle, de dire que Lordi était un groupe qui existait depuis les années 70 et d’exhumer des titres de toute leur carrière imaginaire, un peu dans tous les styles. Ça avait donné un très bon album, forcément varié et presque toujours inspiré.

Le but du projet -ultra-méga-casse-gueule- Lordiversity était de rester sur cette lancée et de proposer un coffret contenant sept albums. Chaque galette sera dans un style musical différent et bien distinct, avec sa pochette et enregistré dans un studio différent, avec des techniques et des instruments différents. Un gros truc de nerd de la musique, en somme, qui ne pouvait normalement donner qu’un immense tas de morceaux pourris, une grosse perte de temps.

Se pose donc à moi une épineuse question : comment chroniquer tout ça ? Comment vous donner au mieux mon avis sur ce gargantuesque délire ? Aussi ai-je décidé de passer en revue chaque album du coffret, en en faisant une petite chronique et en vous indiquant ce qui est réussi et ce qui ne l’est pas. Parce que, franchement, vous avez envie de lire sept longues chros pour vous faire un avis sur le bousin ? J’en doute fort. Cela dit, je n’ai pas l’impression que Lordi compte vendre chaque galette indépendamment, ce qui force l’auditeur à acheter directement le coffret, qui n’est en soit pas si cher pour toute la musique qu’il contient. M’enfin tout de même, 80 balles d’un coup, ça fait mal... (je sais de quoi je parle, je l’ai commandé, quel pigeon je fais).

 

1. Skelectric Dinosaur (Hard Rock 70’s)

Bon sang, que cette collection commence fort ! Ici, Lordi nous offre un explosif album de hard rock 70’s très typé Alice Cooper et, comme toujours chez Lordi, Kiss. Pour être tout à fait honnête, ami lecteur, si Lordi avait sorti cet album tout seul, il y aurait eu de grandes chances pour que je lui colle la mention "coup de cœur" tant je l’aime ! Rien que ce titre d’ouverture, Day Off Of The Devil, quelle pépite ! Un bon riff, un refrain qui tue, il suffit de pas grand chose, finalement. Et on peut appliquer cette formule à chaque titre de l’album : excepté King Of machin-chose qui pompe allègrement le God Of Thunder de vous-savez-qui (mais beaucoup trop), tous les morceaux de ce Skelectric Dinosaur restent en tête dès la première écoute. Impeccable, finalement. Allez, mention spéciale à Carnivore, méga entraînant et rythmé. Mais vraiment, cet album est une pure réussite, du début à la fin ! Espérons que la suite soit du même acabit.

2. Superflytrap (Disco/Pop)

Je l’avoue sans problème, c’est ce disque-ci qui me faisait le plus peur. Tu l’auras deviné, ami lecteur, je ne suis pas particulièrement féru de disco... Si j’admets un véritable amour pour la funk, le disco et ses claviers tut-tut m’ennuient souvent beaucoup. De plus, la tentative de Lordi sur l’album précédent, l’infect Zombimbo, ne m’encourageait pas spécialement à y croire. Et pourtant, j’ai malgré tout pris du plaisir ici. Un plaisir honteux, un plaisir coupable, certes, mais un plaisir quand-même. La raison ? Ben, les refrains, bien entendu ! Lordi maîtrise totalement l’art du refrain tout-con-qui-tue et s’en donne à cœur-joie ici. Petite préférence pour Believe Me, qu’ils ont d’ailleurs utilisé comme single pour promouvoir l’album. Évidemment, ça ne sera pas ma galette préférée du coffret, ni celle que je mettrai le plus souvent dans le mange-disque. Mais, une fois de temps en temps, quand il n’y aura personne dans les environs pour me juger, je me ferai ce petit plaisir coupable.

3. The Masterbeast From The Moon (Prog)

Ah, celui-ci est un peu compliqué. Quand Lordi a annoncé ce projet casse-gueule, je n’ai absolument pas compris ce qu’ils voulaient faire avec ce disque. Du "prog" ? Quoi ? Pardon ? Rassure-toi, ami lecteur, point de rythme en 11/8 ici (haha, je ne sais même pas ce que ça veut dire de toute façon), point de djent, point de Dream Theater. Ouf ! Alors qu’est-ce qu’on a ? Un album pas particulièrement "complexe", quoi que ça veuille dire, mais ambitieux. Pour du Lordi, j’entends, hein. On a quelques compos assez longues, dont un Church Of Sccubus de onze minutes tout de même, des orchestrations (sans doute faites avec des claviers midis) plutôt bien senties et, détail important, le meilleur son de batterie de tout le coffret. En somme, on pense pas mal à l’excellentissime Welcome To My Nightmare d’Alice Cooper et pas franchement à Pink Floyd. Peut-être bien l’album que j’aime le moins de tout le coffret, mais vraiment pas de quoi se plaindre puisqu’il reste fondamentalement agréable. Mention spéciale pour le titre d’ouverture, Moonbeast, que je trouve très sympa.

4. Abusement Park (Hard/Heavy 80’s)

Aaaah, quittons les expérimentations disco et prog et revenons à ce que Mr Lordi et sa bande maîtrisent foutrement bien : le hard/heavy 80’s à la W.A.S.P ou à la Twisted Sister. Tiens, d’ailleurs, ce titre d’ouverture, il ne vous fait pas penser à Stay Hungry, de la Soeur Tordue, vous ? Moi oui ! Paradoxalement, aussi réussi soit-il, c’est peut-être l’album qui ressort le moins de cette collection. Moins aventureux que certains, moins "tubesque" que d’autres mais loin d’être insipide, au contraire, il a un peu de mal à tirer son épingle du jeu. Pourtant, des titres comme House of Mirrors et Nasty Wild Naughty sauront vous faire remuer le popotin et brailler les refrains à tue-tête ! En tout cas, ça marche du feu de dieu sur moi.

5. Humanimals (Hard FM)

Le deuxième album le plus jouissif de tout le coffret, en ce qui me concerne. Sortez les synthés, les choucroutes capillaires, le spandex et les gros refrains à gueuler tous en cœur, sous coke, parce que voici venu le temps des 80’s ! Bon Jovi, Van Halen, le Alice Cooper période Trash, le KISS période Crazy Nights et j’en passe, voilà les grosses influences de cette petite pépite ! Que du tube ici, absolument rien à jeter, le tout avec des refrains que vous connaîtrez déjà par cœur dès la première écoute. Évidemment, si vous êtes diabétique, n’y allez pas : c’est bourré de sucre ! Mais moi, j’aime beaucoup trop les desserts pour bouder mon plaisir. Borderline, The Bullets Bite Back, Rucking Up The Party... poualala, y’a de quoi s’égosiller ! Un album qui, je l’avoue, m’aura fait perdre un temps précieux pour rédiger cette interminable chronique, puisque j’ai voulu le réécouter, encore et encore... Je suis faible, moi, un gros refrain et je craque...

6. Abracadaver (Heavy/Thrash)

Ah, voilà un disque que j’attendais particulièrement. Et pour cause : j’adore quand Lordi se la joue heavy metal ! Ça a commencé avec la deuxième moitié de Monstereophonic, avant de se confirmer sur l’album précédent, avec l’écrasante Evil. Elle est de retour ici, avec une dizaine d’autres bombes dans le genre ! Oubliez les claviers de Humanimals, ici, on riff, on tabasse, on gueule ! Avec un mix entre Judas Priest époque Painkiller (et le premier album de Fight, cela va de soi) et un genre de gros heavy US comme Anthrax pouvait le faire période John Bush, Abracadaver fait sacrément mal. Mr Lordi s’époumone comme rarement, les riffs sont tous excellents, on headbangue à foison et on se permet même quelques breakdowns ! Impensable pour du Lordi, me direz-vous, et pourtant ! Rejected, Beast of Both Worlds, Bent Outa Shape... autant de rouleaux compresseurs qui vous tombent dessus. Mince, encore un CD réussi, c’est fou.

7. Spooky Sextravaganza Spectacular (Indus)

Et voilà, le petit dernier de la liste, l’album indus. Je dois tout de suite vous l’indiquer : ça n’est pas mon genre musical préféré, bien au contraire... Heureusement, Mr Lordi me connaît et m’aime bien, donc il prend ce que j’aime bien dans le genre : Rob Zombie, quelques trucs de chez Rammstein, Marilyn Manson et roule ma poule. Au final, on a quelques titres poisseux et sales à la Manson (Goliath semble sortir d’Antechrist Superstar), des riffs ridiculement lourdingues mais doublés au clavier (Re-Animate) et des espèces d’ovnis quasiment pop. Oui oui, un titre comme Killusion, on vire Mr Lordi, on rajoute une pop-star à la place (au hasard, une Dua Lipa, puisqu’elle a une voix qui me plaît bien, pas que la voix d’ailleurs, mais je digresse) et pouf, ça peut passer à la radio sans problème. Pas mon CD préféré du coffret, mais plutôt réussi aussi. Je me le mettrai une fois de temps en temps, j’avoue.

Contre toute attente, Lordi a réussi le pari. Évidemment, les albums ne sont pas tous aussi excellents les uns que les autres. Mais ils sont tous au moins sympathiques et agréables à écouter (grosse surprise pour Superflytrap, je le répète), ont tous d’excellents morceaux et je vais sans aucun doute tous les réécouter à de nombreuses reprises (surtout Skelectric et Humanimals, vous m’avez bien compris). Franchement, je ne comprends pas comment c’est possible, surtout venant d’un groupe qui a l’habitude de ne sortir, en gros, qu’un bon album sur deux. Chapeau, les gars, vraiment.

Tracklist de Skelectric Dinosaur (CD1) :

01. SCG Minus 7 - The Arrival
02. Day Off Of The Devil
03. Spitfire
04. Maximum O’Lovin
05. The King On The Head Stakers Moutain
06. Carnivore
07. Phantom Lady
08. The Tragedy Of Annie Mae
09. Blow My Fuse
10. Beyond The Isle Was Mary

Tracklist de Superflytrap (CD2) :

01. SCG Minus 6 - Delightful Pop
02. Macho Freak
03. Believe Me
04. Spooky Jive
05. City Of The Broken Hearted
06. Bella From Hell
07. Cast Out From Heaven
08. Gonna Do It Or Do It And Cry
09. Zombimbo
10. Cider Chost Choir

Tracklist de The Masterbeast From The Moon (CD3) :

01. SCG Minus 5
02. Moonbeast
03. Celestial Serpents
04. Hurricane Of The Slain
05. Spear Of The Romans
06. Bells Of The Neverworld
07. Transmission Reply
08. Church Of Sccubus
09. Soliloquy
10. Robots Alive
11. Yoh-Haee-Von
12. Transmission On Repeat

Tracklist de Abusement Park (CD4) :

01. SCG Minus 4 - The Carnival Barker
02. Abusement Park
03. Grrr
04. Ghost Train
05. Carousel
06. House Of Mirrors
07. Pinball Machine
08. Nasty Wild Naughty
09. Rollercoaster
10. Up To No Good
11. Blah Blah Blah

Tracklist de Humanimals (CD5) :

01. SC3 Minus 3
02. Borderline
03. Victims Of The Romance
04. Heart Of A Lian
05. The Bullet Bites Back
06. Be My Maniac
07. Rucking Up The Party
08. Girls In A Suitcase
09. Supernatural
10. Like A Bee To The Honey
11. Humanimal

Tracklist de Abracadaver (CD6) :

01. SCG Minus 2 - Horricone
02. Devilium
03. Abracadaver
04. Rejected
05. Acid Bleeding Eyes
06. Raging At Tomorrow
07. Beast Of Both Worlds
08. I’m Sorry I’m Not Sorry
09. Bent Outa Shape
10. Evil
11. Vulture Of Fire
12. Beastwood

Tracklist de Spooky Sextravaganza Spectacular (CD7) :

01. SCG Minus 1 - The Ruiz Ranch Massacre
02. Demon Supreme
03. Re-Animate
04. Lizzard Of Oz
05. Killusion
06. Skull And Bones The Danger Zone
07. Goliath
08. Drekavac
09. Terror Extra-Terrestical
10. Shake The Baby Silent
11. If It Ain’t Broken Must Break It
12. Anticlimax

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