Formé en 2022, KO-MA est un trio se revendiquant, et à juste titre, du post-hardcore voire noise punk. C’est tout droit venu de Touraine, dont le lecteur assidu aura compris ma complaisance pour les groupes issus de la même terre natale que votre serviteur, sans pour autant faire de favoritisme aucun, n’exagérons rien dans les propos, que KO-MA s’est formé autour d’Eliot Remblier à la batterie, Léonard Szakow à la guitare et Pierre-Louis Geslin à la basse. Eliot et Léonard s’occupent chacun du chant sur cet album par intermittence.
Après un premier EP en 2023, une ribambelle de concerts, mais également un court métrage (disponible sur Youtube), ils vont aussi pousser l’expérimentation de leur univers avec deux sessions d’improvisations noise instrumentales avec Blurry et Blurry 2. Vous l’aurez compris, le groupe louvoie dans un univers complexe, tourmenté, laissant l’auditeur dans un sentiment malaisant mais tellement bien construit qu’on ne peut que féliciter le groupe. C’est donc dans cet état d’esprit qu’ils nous offrent leur premier album qu’ils considèrent eux-mêmes comme une « fiction à part entière ».
Anthropolis est complexe et assez difficile à digérer en une seule prise. D’ailleurs l’écoute en une seule fois est particulièrement éprouvante tant les couches se superposent, que le gris plane ici et là, mais l’insistance est de mise puisqu’avec les écoutes on découvre l’univers d’un groupe singulier qui saura nous faire adhérer à ses titres.
Alors oui on va trouver par moment des intros très Radiohead, mais vite fait car souvent ça enchaine sur tabassage en bonne et due forme comme c’est le cas sur R.Pressure et ses nombreux changements de rythmes que KO-MA nous distille bien souvent. Le chant est très recherché et vient titiller le sentiment d’émotion qui sommeille en nous. C’est éraillé, ça va chercher loin au fond des tripes et c’est bougrement efficace. A chaque brûlot l’auditeur est sonné par cette alternance de passage calmes et lents et des lancers de maillets en pleine tronche pour nous laisser au tapis.
Avec onze titres, KO-MA n’offre pas l’album le plus facile d’écoute qui soit, ça c’est une certitude. Il n’empêche que le travail et dantesque tant les morceaux sont riches et complexes. Il faudra plusieurs écoutes pour bien appréhender leur univers et se l’approprier, si cela est possible car il ressemble plus à une poignée de sable glissant entre les doigts. Et pourtant on y retourne à chaque fois, c’est gage de réussite. Il ne reste plus qu’à suivre ce groupe sur scène pour le voir défendre cet album et surtout profiter de ses longues improvisations noise car, il parait que le groupe en est friand. J’en ai presque l’eau à la bouche, je prends date.