Headkeyz est un groupe de metal originaire de Montpellier officiant dans un style un
peu fourre-tout de metal alternatif. Le groupe est composé d’Adrien Girard
alias Edge au chant, Timothy Bertram à la guitare et
chœurs, Stella Cristi à la guitare, Samuel
Maréchal à la basse et Sylvain Molina à la batterie
mais sur cet album, antérieur à l’arrivée de Stella en 2025,
c’est Baptiste Willaume qui est à la guitare et (je n’ai pas la
raison) Clément Pernet qui remplace Sylvain à la
batterie.
Ce Chapter II fait suite au Chapter I (logique !) sorti en 2022, apparemment
apprécié par la critique (mais magistralement raté par nous autres), à
l’époque le groupe n’avait pas hésité à faire masteriser ce
premier opus par le célèbre Howie Weinberg (Nirvana, Deftones, Smashing Pumpkins...). Pour ce deuxième et
dernier chapitre (c’est donc un diptyque, bande d’ignares), ils ont fait confiance à
Thibault Akrich pour le mixage et à Emerson Mancini (Linkin
Park, Mike Shinoda, Paramore...) pour le mastering. Le thème de ce
diptyque est d’un sombre absolu, dépeignant un monde proche de son point de rupture. Il
oppose la soumission et la résignation (The Cage) à la quête du pouvoir (The Crown).
Sauf que ce super-prédateur assoiffé de pouvoir se retrouve aussi prisonnier de sa
couronne dans sa propre cage. C’est sombre, tordu, enragé et engagé et c’est
entièrement conçu par Edge, le leader du groupe.
Je ne connais pas le premier opus mais de nombreux morceaux de ce second opus sont
complémentaires de certains du premier, comme mis devant un miroir déformant. Et pour ceux
qui aiment les vidéos et voudraient en savoir plus, je vous recommande de regarder les trois
clips des morceaux du premier opus dans l’ordre : Killing God, Passenger,
Big Bad World .
Puis dans l’ordre encore, visionner les trois suivants du
second pour mieux comprendre toute l’histoire : Viking, The Keys, The
Crown.
Voilà, si vous avez fait vos devoirs, on continue
d’explorer cet album.
Dans le premier
chapitre, l’histoire mettait en scène cette créature humanoïde blanche,
dans un environnement noir et blanc assez glaçant, une ambiance à la Tim
Burton, alors que dans ce deuxième chapitre, on suit Fiona, recluse dans son
appartement, la couleur est apparue et on retrouve pas mal de références du
premier album comme le bonsaï, les hommes masqués et le tunnel. C’est prenant,
engagé et assez mystérieux pour nous rendre totalement accro.
Bon, c’est bien beau tout ça, mais
musicalement ça donne quoi ? Comme vous avez dû vous en rendre compte en
regardant les vidéos, on est sur du super pro. Le son est énorme, les
compositions hyper travaillées, c’est du costaud. Ce que j’ai de suite bien
aimé c’est cette belle diversité dans les styles abordés (tiens,
ben c’est peut-être ça le metal alternatif ?). Certains morceaux les plus
progressifs font penser à Tool ou
Perfect
Circle. C’est
le cas de The Crown un morceau
mid-tempo avec une belle montée en puissance et un super break.
On trouve aussi un petit côté
LinkinPark
dans le morceau The Keys.
D’autres morceaux plus bruts font penser à des groupes tels que
Black
Keys ou
Royal
Blood. C’est
le cas de Intoxicated
et son refrain super accrocheur. Je note aussi une petite fusion d’influence à la
PoD sur un
morceau comme Rotten Party.
Les musiciens démontrent un gros bagage, beaucoup de
talent et d’inspiration. Le chant de Edge est
très bon, son accent anglais est excellent et c’est un paramètre
très important pour l’évolution du groupe hors de nos frontières
(aveugles aux nouveaux talents du rock metal). Sur The Crown
sur un bel échantillon de ses capacités vocales, sur
Rotten
Party, sur le
découvre en chant rappé et il est aussi très convaincant. Les guitaristes
sont à l’honneur sur tous les morceaux, des bons gimmicks, des riffs ravageurs
avec assez peu de solos. La basse de Samuel n’est
pas en reste avec de très bonnes lignes sur The Keys
ou Intoxicated,
elle est bien mise en valeur dans le mixage global. La batterie, quant à elle, fait
parfaitement le job, sans en faire trop non plus, elle est parfaite sur
Viking et
j’aime aussi beaucoup les rimshots de l’intermède instrumentale
Ctrl-X («
couper » en langage ordinateur). Au final,
vous l’aurez compris, sur une affaire ici à du bien bel ouvrage : des
compositions hors du commun et intéressantes, une interprétation talentueuse et
inspirée, de belles références pour un très bon album qui
clôt un diptyque et une histoire qui intrigue l’amateur de metal un peu curieux.
Penchez-vous et donc. Perso, il me reste encore, pour me
combler, à
décrypter ces mystérieux pictogrammes que l’on peut voir sur
l’artwork et dans les vidéos.
Tracklist de The Cage & The Crown - Chapter II :
01. The Crown02. Intoxicated 03. The Keys 04. Rotten Party 05. Viking 06.
Revenge 07. Ctrl-X 08. The End