L’effet doppler nos meilleurs pédagogues vulgarisateurs scientifiques (merci à celles et ceux qui s’y adonnent avec talent) c’est le décalage de fréquence d’une onde observée entre l’émission et la réception. De ma compréhension c’est le décalage de son entre une ambulance arrivant de face et s’éloignant. J’ai étalé ma confiture bien aidé par Wikipedia, je le concède sans problème, tout cela m’échappe et je le regrette. La science aussi enivrante me reste mystérieuse. Très complexe est la musique de DOPPLeR, groupe français de noise-rock bien barré.
Nous sommes dans les années 90 finissantes, l’Industrie musicale a connu une décennie particulièrement agitée lorsque se forme le trio composé de Xavier-Alexandre Amado (basse/chant), Yoann Brière (guitare/chant) et Yann Coste (batterie). Ces derniers ont d’emblée imposé un noise très personnel, un math rock déviant. Cumulant tournées et sorties / splits, le trio a ensuite ressenti le besoin de faire une pause, d’aller se perdre dans d’autres passions.
Onze années plus tard, le groupe revient et appelle son disque "Pourquoi ce disque ?". Cela évite de répondre à la question dans le cadre d’interviews, il "suffit" d’écouter le disque. Malin ! Et la réponse se tient en effet dans cet album où on retrouve un noise rock chaotique, inventif, barré.
Regorgeant de rythmiques en cinq ou sept temps, de plans un peu bizarres, le propos du groupe se veut moins frontal, plus sinueux, sans calcul. C’est un joyeux bordel mais ça tient la route, on ne s’ennuie jamais et les fans de noise-rock seront ravis de ce come-back réussi.
La tournée récente a confirmé que le groupe avait un grand succès d’estime mais un peu plus de difficultés à rameuter les foules dans un environnement toujours plus concurrentiel. Il faudra sans doute du temps pour reprendre une belle place dans la scène noise-rock. Avec des disques d’une telle qualité, cela devrait se faire. Juste une affaire de patience...