Artiste/Groupe:

Alice In Chains

CD:

Unplugged

Date de sortie:

1996

Label:

Columbia

Style:

Grunge

Chroniqueur:

ced12

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Faisant partie de la vague grunge venant de Seattle au début des 90’s, Alice in Chains avait alors l’avenir de soi. Une musique parfaitement adaptée à une époque sortant avec une gueule de bois monumentale d’une décennie 80’s pour le moins festive et surfant sur une dynamique (trompeuse) du succès de fait de l’Occident sur son ennemi de la Guerre Froide. Quarante après, cela pourrait presque faire sourire mais à l’époque, étonnamment, alors que le Mur était tombé, le Hard FM des 80’s était enterré vivant par un blondinet pas très bien dans ses Converse venant de l’Etat de Washington. Alors, des groupes d’une qualité incroyable débarquaient sans prévenir avec les Nirvana, Pearl Jam, Soundgarden et Alice in Chains de loin mon préféré de cette époque, le seul que j’écoute encore même si tous sont à saluer (suivi d’un hommage car le destin de ses musiciens fut tragique pour certains). 

En trois disques incroyables, dont le fabuleux Dirt qu’on encensera jamais trop, le groupe s’était fait une sacrée place au soleil, bénéficiait d’une aura et d’une respectabilité maximale et un certain Lars Ulrich ne jurait alors que par eux tentant de les embarquer en tournée. Las, les gros problèmes de drogues du chanteur Layne Staley, diamant noir du combo à la voix merveilleusement écorchée, empêchèrent le groupe de vraiment s’imposer et il ne me semble pas abusif de parler d’un succès d’estime plus que populaire quand le groupe méritait tellement plus. Même si je dois nuancer avec les très belles ventes du disque éponyme de 1995 et ce sans tournée promotionnelle. Alors que le groupe était de fait porté disparu, le bassiste Mike Inez ayant rejoint le Slash sur sa tournée solo pour It’s Five O’Clock Somewhere, quelle fut la bonne surprise de les voir refaire surface dans le cadre d’un Unplugged. Nous sommes le 10 avril 1996  au Majestic Theater de la Brooklyn Academy of Music à New York et c’est la dernière fois que les fans verront Layne Staley sans le savoir alors bien entendu.   

La toute puissante MTV avait début 1990 lancé un format de live en session acoustique avec un succès retentissant, ce format devenant presque un passage obligé alors. Le plus célèbre reste celui de Nirvana, épitaphe là aussi d’un Kurt Cobain impérial dans ce format. Un des avantages de ce format fut aussi d’avoir laissé une trace visuelle, plus qu’une simple valeur ajoutée. Pour Alice In Chains, le rendu vidéo est vraiment paradoxal car Layne Staley paraît aussi fragile (pour ne pas dire presque « absent » dans son langage corporel ainsi que ce terrible "regard" dans le vide) que phénoménal vocalement. Sa voix écorchée comme jamais brille de mille feux et sa présence dans le mix musical est juste incroyable. Oh je serais bien ingrat de ne pas citer ses comparses tout aussi excellents. Jerry Cantrell est impeccable (comme toujours), Mike Inez et Sean Kinney assurent une section rythmique de haut niveau dans un style plus intimiste forcément. On précisera le soutien de Scott Olson (alors guitariste de Heart) venu filer un coup de main au groupe. 

La setlist est juste parfaite et là où un Kurt Cobain avait retenu des titres moins connus (ainsi que des reprises), Alice in Chains a dégainé l’artillerie lourde avec un best-of à peine déguisé. Les joyaux de Dirt sont bien là à commencer par la délicieusement mélancolique (pour ne pas dire dépressive) Down In A Hole. Là où les versions électrifiées étaient déjà fabuleuses, le format unplugged fonctionne super bien et les morceaux ainsi proposés dans une autre version n’en sont pas moins excellents. Preuve s’il en fallait que ce groupe avait du matos pour ne pas être le phénomène d’une (bien étrange) époque. 

Comme déjà évoqué, ce live sera le dernier show d’un Layne Staley (et sauf erreur la dernière apparition publique). C’est pour cela que j’ai plus parlé de lui ici quand ses acolytes ont depuis 2006 relancés avec succès le groupe et le recrutement de l’excellent Willam DuVall. Destin tragique d’un vocaliste exceptionnel, plus que tourmenté et dont l’ombre a plané sur Alice In Chains (suffit de regarder cet artwork d’époque alors qu’il était encore en « vie »). Comme souvent avec l’Art, symptôme d’une décennie où l’Art allait refléter une atmosphère bien sombre pour ne pas dire lugubre mais où la qualité était au rendez-vous. Un live remarquable d’un groupe qui ne l’est pas moins. 

Tracklist de Unplugged :
 
01. Nutshell
02. Brother
03. No Excuses
04. Sludge Factory
05. Down In A Hole
06. Angry Chair
07. Rooster
08. Got Me Wrong
09. Heaven Beside You
10. Would ?
11. Frogs
12. Over Now
13. Killer Is Me

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