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Vind Hell Fest 2026 - Soirée

Date:

09 Mai 2026

Lieu:

Vindelle

Chroniqueur:

Didier, Will, philippec,

Spirit War (Didier)

Il est 16h45 quand le premier groupe de cette édition du Vind'Hell Fest monte sur scène. Il s'agit du groupe Spirit War, un groupe de heavy metal qui vient de l'Ain, d'Ambérieu-en-Bugey plus exactement. Dans les principes du Vind'Hell Fest c'est le groupe qui gagne le tremplin d'une année qui ouvre le festival de l'année suivante. C'est le cas de Spirit War vainqueur l'année dernière et qui est visiblement ravi de revenir pour ouvrir cette cinquième édition. Le groupe est composé de Nicolas Lebrat à la guitare, de Valentin Leroy à la batterie et de Markus Fortunato à la basse 6 cordes et au chant. Je ne connais pas du tout le groupe, mais je note que c'est plutôt étonnant de voir un groupe de heavy metal opéré en trio et ça ne sera pas la seule originalité du groupe.

Le son est excellent, on entend bien tout le monde, du chant rocailleux de Markus, de sa basse 6 cordes aussi, jusqu'à la guitare survitaminée de Nicolas et la batterie (avec beaucoup de charleston) de Valentin. Lui et Nicolas assurent pas mal de chœurs et il chantera même des couplets en rap sur un des morceaux. Comme je l'ai déjà dit, je ne connaissais pas le groupe et je ne partais pas très optimiste quant à l'originalité de la prestation. Je me plantais sur toute la ligne. Le son du groupe est puissant et les compos de Spirit War sont originales, les refrains souvent très accrocheurs. Le jeu de batterie de Valentin est très bon, il privilégie beaucoup le groove au bourrin avec beaucoup de charleston et pas de double pédale et l'effet est immédiat sur le public puisque très rapidement ça se trémousse dans la salle.

Autre originalité, la basse 6 cordes de Markus (jouée aux doigts) avec laquelle il peut faire un solo assez technique sur l'intro de Fight To Survive et assurer en accords quand Nicolas est en solo. Markus a de la bouteille, il sait manier la foule déjà bien présente dans la salle, du coup on chante avec lui à plusieurs reprises. On chantera même des "ho ho" spontanés quand le set se termine et que les musiciens ravis, ont posé leurs instruments. Entre les morceaux, les musiciens alternent les brèves interventions pour relater quelques anecdotes de leurs dernières tournées en Europe de l'est avec des musiciens de UFO et de Dio qui se sont super bien passées.

 Par contre avant Never Give Up, Nicolas balance qu'il veut célébrer le plus grand "asshole" avec qui ils ont tourné: Yngwie Malmsteen. J'aurai plus d'explications lors de l'interview réalisée une heure plus tard. En attendant tout le monde salue le suédois insupportable d'un doigt d'honneur.

La setlist privilégie les morceaux de leur 2ème album "Beyond Frontiers" sorti à l'automne dernier puisque ils y puisent 6 morceaux sur les 8 joués. Au final c'est festif, c'est frais, original, sans chichi, pas de click, pas de samples, mais du très bon heavy metal old school comme on l'aime. Le festival démarre de bien belle manière...

 
Setlist :
Just For One Night
Drink Out Of You
So Cold
High Fire
On And On
Skyzophrenia
Never Give Up

 

Kamizol K (Will)

 

Digne représentant des groupes de hardcore qui l’ont précédé au Vind’Hell Fest (In Other Climes et Alae Jacta Est l’an dernier par exemple) Kamizol-K déboule sur scène en mode « Machine de guerre ». La musique délivrée ici reste assez classique dans le style, alternant gros riffs Slayeriens et breaks écrasants, mais, comme beaucoup de groupes hardcore, c’est sur scène que Kamizol-K délivre tout son potentiel. Tout au long du set, il déchaîne le pit, qui enchaîne les figures obligées de la scène hardcore.

Le groupe a fait le long chemin de Lyon jusqu’au Vind’Hell Fest pour délivrer un set énergique et efficace. Vainqueur du tremplin « Voice of Hell » en 2022, sur la Warzone du Hellfest en 2023, c’est un groupe aguerri qui nous délivre en set impeccable. Kamizol-K se distingue par son duo de vocalistes, féminin et masculin, qui ajoute un plus à leur impact sur scène. Les autres musiciens ne sont pas en reste, dégageant une énergie communicative. Mention spéciale au batteur qui amène davantage de diversité à une musique qui s’aventure parfois dans les eaux du metal extrême.

Au final, Kamizol-K passe la deuxième du Vind’Hell Fest et monte le curseur de l’agressivité d’un cran pour lancer les hostilités à venir. Le public, déjà présent en nombre, a passé un bon moment, sous le signe de la danse hardcore et du défoulement dans le pit pour les uns, ou en appréciant d’un peu plus loin les exploits des slammers et autres kick boxers. En résumé : Good, Friendly, Violent and Fun.

Setlist :
Battle royal
Undo
Key
Devil pt
Nothing can stop me
Tarnished
Wére stronger together
Soseiji
Dark knight
Master inside
Horny time
Get away

 

Heart Attack (PhilippeC)

Depuis plus de quinze ans, Heart Attack s’impose comme l’un des groupes les plus explosifs de la scène metal française. À chaque apparition, les Azuréens délivrent un show d’une intensité rare, capable de retourner n’importe quelle salle. Pour cette édition du Vind’Hell Fest (sold-out depuis déjà quelques jours) le quatuor arrive avec la ferme intention de rappeler pourquoi il est devenu une valeur sûre du metal hexagonal. Spoiler : mission accomplie.

Comme à leur habitude, les Azuréens entrent sur scène masqués, prêts à faire imploser une salle déjà chauffée à blanc. Sur l’intro Ritual, les habitués remarquent immédiatement les nouveaux masques, bien plus en phase avec l’atmosphère du morceau. Une fois démasqués, les hostilités commencent sans attendre avec Wings of Judgment, enchaîné à Burn My Flesh. Puis Kévin lance l’incontournable cri de ralliement : " Nous sommes Heart Attack ! ". La fosse explose instantanément. Ceux venus les découvrir comprennent très vite qu’ils vont prendre une gifle monumentale.

Kévin continue en présentant Defeat The Veil, dont le clip a été filmé à la tour Eiffel. La chanson provoque une véritable tempête humaine : ça tourbillonne, ça saute, ça crie, et le groupe, en pleine effervescence, nourrit ce chaos avec une précision parfaite. La frénésie se poursuit avec When The Light Dies Down, avec un solo d'Antoine au milieu du public qui enflamme littéralement la salle. 

Arrive ensuite Fight To Overcome, moment fort du set : Kévin saisit l'occasion pour célébrer les 20 ans d’Aux Portes Du Metal, invitant le public à nous acclamer. Il me mentionne même personnellement, avant qu’un Wall of Death impressionnant ne vienne couronner cet hommage de la plus belle manière. Toutes les bonnes choses ont une fin, et le groupe termine avec Negative Sun. Une conclusion massive, sombre et puissante, qui laisse la salle épuisée mais conquise. Je vous recommande d'aller voir le clip live de Negative Sun enregistré à l'opéra de Nice pour apprécier leur potentiel !

Une fois de plus, mes pitchouns : Kévin au chant et à la guitare, Antoine à la guitare lead, Will à la basse et au chant, et Chris à la batterie, ont su convaincre tout le monde. Brutal, intense et rassembleur : leur prestation a rappelé pourquoi Heart Attack figure parmi les groupes les plus solides et respectés du metal français. Leur énergie, leur précision et leur capacité à entraîner une foule entière suscitent l’admiration. À la fin du concert, le public, unanime, les applaudit longuement avant de se rassembler devant la scène pour immortaliser ce moment. Une véritable communion entre un groupe au sommet de son art et des fans qui en redemandent.

 
Setlist :
Ritual (intro)  
Wings Of Judgment  
Burn My Flesh  
Defeat The Veil  
Refuse To Conform  
When The Light Dies Down  
Fight To Overcome  
Negative Sun  

 

Versatile (Kabet)

Ce concert je l’avais coché pour cette journée au Vind’hell fest. Non pas que le style soit celui qui me fasse le plus vibrer, mais l’esthétique du groupe m’interpellait bien avant ce jour. Il suffit de se promener sur leur site pour comprendre qu’on sera face à un truc vraiment à part. La curiosité va monter crescendo car le groupe déambule depuis une bonne vingtaine de minute dans les allées et la salle du festival en tenue de scène, donc maquillés et habillés dans leurs tenues de black horror metal.

Les lumières s’éteignent, la foule arrive, et après l’intro Gehenne Versatile entre en scène, Famine, Ciris et Morphée en tête et Hatred Salander juste après pour nous balancer leur black horror metal. Bien entendu, je me suis calé devant, côté Ciris, pour ne pas perdre une miette de leur show (j'ai commencé devant Famine puis je me suis déplacé. Ce qui montre que si le public est là, ce n'est pas non plus une affluence compacte). Et là c’est le tourbillon qui commence, toute comme l’incrédulité, mais aussi le paradis des photographes qui s'en donnent à cœur joie, l'esthétique du groupe s'y prête.

Le groupe joue avec deux guitares mais sans basse qui est compensée par des lignes électros dont le mix n’est pas assez puissant pour apprécier toutes les subtilités des morceaux. Hatred Salander hurle comme un diable, mais dans ce mur de son il est parfois compliqué de suivre les lyrics. De son côté Ciris assure ses parties (j’étais juste à côté d’elle comme je l’expliquais plus haut), et Morphée tabasse sa batterie comme un guedin. Le problème c’est qu’après trois titres, le mix n’étant pas au top, le soufflé retombe un peu malheureusement pour embarquer la foule avec eux (même le génial Leshara ne m'aura pas transporté, dommage car quel morceau !). Et pourtant ils dégagent une envie et se démènent du mieux possible.

Donc après trois morceaux, j’ai commencé à reculer pour apprécier le show sous plusieurs angles et regarder les visages dans la salle, dont un grand nombre avait troqués leurs yeux pour des soucoupes, ce qui n’est pas surprenant. Hé ouais ! Ça c'est de la découverte !

Si Versatile n’aura surement pas fait le meilleur show de la soirée, ils auront eu le mérite de faire le plus étrange et celui qui fera parler comme une expérience à vivre. En tout cas j'ai poussé l'expérience avec l'écoute de leur album qui m'aura bien plus séduit, la chronique arrive...

 
Setlist :
Gehenne
Enfant Zéro
La Régente Blême
Ieshara
La Conteuse des Méandres
Cave Canem
La Cour des miracles
Alter Ego
Morphee
Graisse
Monstre
Versatile
Un Hiver de Cendre
La marque du chaos
 

Black Bomb A (Jean Mich'Hell)

La soirée commence à être bien avancée sur le Vind’Hell Fest lorsque Black Bomb A s’avance sur scène. Trente ans de carrière, huit albums, des centaines de concerts… et pourtant, le groupe prouve une fois encore qu’il reste l’une des machines de guerre les plus redoutables du Metal français.

L’attente est palpable puisque c’est l’affluence la plus importante de la soirée. La fosse est déjà compacte, les premiers slammers s’échauffent, et les cris montent avant même que l’intro ne retentisse.

Dès les premières secondes, People Hate People qui ouvre les hostilités,  le public explose immédiatement, transformant la fosse en fournaise déjà bien chauffée par les groupes précédents Arno et Poun, fidèles à leur réputation, enchainent les lyrics avec leur double phrasé ravageur, aussi différent que complémentaire. Ils se partagent également la scène avec une complicité intacte malgré les années qui passent. Malgré  les tournées, malgré les kilomètres, malgré tous les malgrés, leur énergie reste phénoménale, un constat qui se répète concert après concert. C’est également valable pour Snake, Etienne et Jordan qui auront déployé une énergie remarquable pour faire vivre la scène, et nous offrir un vrai show. 

Le son est massif, précis, sans fioritures : Black Bomb A fait du Black Bomb A, et c’est exactement ce que le public est venu chercher. Les dernières productions du groupe sont présentes, et même si à titre personnel j’y suis un peu moins sensible, il faut reconnaître qu’elle groove, tape, et possède un côté direct qui va bien au quintet. En revanche, sur les plus anciennes compositions, là je me suis bien fait emmener, normal si notre webzine a 20 ans, Black Bomb A en a 32, et je suis forcément plus sensible à la première époque de leur discographie ! Franchement, l'enchaînement Police Stopped Da Way, Mary, Beds Are Burning avec en invité Termito des Locomuerte qui vient rajouter encore une dose d'énergie, ben ça claque vraiment.

Pour conclure, Black Bomb A, c’est une sacrée carrière, une longévité rare, une énergie intacte, un public fidèle, et une capacité unique à retourner n’importe quelle scène. Au Vind’Hell Fest 2026, ils ont livré un set d’une intensité totale, confirmant (si c’était encore nécessaire) leur statut de pilier du Metal français. Un concert qui restera dans les annales du festival comme celui avec le public le plus conséquent, preuve de l’impact des franciliens.

Setlist de Black Bomb A :
Intro
People Hate People
Blowing Up
Crashboys
The Point of No Return
The Fraud
Kill Yourself
The Monster
Double
Be Alive
Burn
Human Circus
Look At The Pain
Everlast
Police Stopped Da Way
Mary
Beds Are Burning (Midnight Oil cover)
Bulletproof

 

 

Locomuerte (Will)

« Welcome to Venice » ou plutôt « Bienvenidos a Venecia » ! Car ce qu’on retient au 1er coup d’œil / d’oreille des Locomuerte, les autoproclamés « chicanos du 91 », ce sont le chant en espagnol et le look « Bandanas - skate » hérité de la scène de Venice Beach des années 90 : Suicidal Tendencies, Excel, No Mercy, Beowülf… On entend tout ça dès les premiers titres. Mais une version plus rapide, plus brutale, plus extrême des groupes précités. Ce qui n’empêche pas Locomuerte de nous asséner des moshs parts bien senties et de ponctuer leurs refrains de chœurs virils comme à l’époque de Join the Army.

Le groupe multiplie les concerts en ce moment. Ils sortent d’un périple avec Luicidal (avec des ex Suicidal T. dedans) et ça se voit car le set est très carré et les musiciens très à l’aise, sûrs de leur fait, en interaction constante avec le public. Certains arborant fièrement des T-shirt Luicidal, les musiciens occupent la scène avec une bonne humeur communicative qui entraîne le public dans la « fiesta ».

Chargé de conclure le Vind’Hell Fest, Locomuerte s’en sort avec les honneurs car il n’est pas toujours facile de passer en dernier dans un festival. Il y a toujours le risque de se retrouver face à un public rincé par une journée à se défouler dans le pit. Ce n’est pas le cas ce soir et le mérite en revient au groupe. Malgré l’affluence au concert précédent de Black Bomb A, les furieuses et les furieux du pit en redemandent et ils en prennent pour leur grade. Tout y passe, les pancartes lançant les hostilités, le crocodile en plastique... Musiciens et public prennent un plaisir évident à être là.

Pour le dernier morceaux le public est invité à monter sur scène pour célébrer en beauté la fin du Vind’Hell Fest. Malheureusement, deux coupures de courant successives vont un peu casser l’ambiance. Locomuerte aura pourtant tout fait pour maintenir la flamme, jusqu’à fait chanter We Will Rock You au public, au rythme de la batterie, seul instrument encore audible pendant la coupure.

Néanmoins, cela reste un très bon concert et une fin en apothéose pour le festival. Vivement l’année prochaine !

A noter que Locomuerte sera sur la mainstage du Hellfest le 20 juin prochain à 10h30. Avis aux amateurs !

 
Setlist de Locomuerte :
Tiro Pa' Matar
Parano Booster
La Brigada de los Muertos
Sangre Por Sangre
Pura Violencia
Bandolero
Ronque
Demonios
B91
Barrio
Mi Familia
Los Narcos
La Vida Loca / We Will Rock You...

 

 

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