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C’est par une soirée presque printanière que le Bateau Ivre de Tours accueille un plateau de choix. Et pourtant cette soirée fut bousculée tant dans la conception de la programmation que par l’émoi que cela a provoqué. Et pour cause la tête d’affiche était (triste d’employer un verbe conjugué au passé) Pogo Car Crash Control qui, peu de temps avant, a annoncé sa séparation et l’annulation de toutes leurs dates, celle-ci en faisant partie. Pour foirer un truc y’a pas mieux, et d’ailleurs, bien que le reste du plateau soit de très grande qualité avec SUN et sa Brutal Pop ou encore You Will Destroy Your Ears, la salle n’a pas fait sold out malheureusement, bien que la jauge soit plus que respectable ce soir. KO-MA C’est donc les Tourangeaux de KO-MA qui ont eu la lourde tache de remplacer PCCC, mais cette date tombe particulièrement bien pour eux puisqu’ils sortaient leur nouvel album le jour même, et ont profité de cette fenêtre pour faire une realase party ce soir. C’est à 20h quasi pétantes que le trio emmené par Léonard à la guitare, Eliot derrière les futs et Pierre-Louis à la basse se présente face à un public qui arrive progressivement pour découvrir leurs nouveaux titres dans cette ambiance post hardcore / noise dont ils ont le secret. Le groupe se démène du mieux possible avec la place qui leur est allouée, c’est-à-dire assez peu, les autres groupes ayant déjà trusté une partie de la scène. Mais il en faut plus pour décourager le trio, dans une posture quasi face à face entre Pierre-Louis et Leonard, qui vont nous balancer l’intégralité de leur dernier album, Anthropolis. Leur son est mastoc, même si le mix de la guitare aurait mérité un peu plus de punch, le groupe enchaine les morceaux quasi en transe, habité par leur son. Il faudra une bonne vingtaine de minutes pour voir le public bien accroché à leur style très singulier, mais, au final ils vont embarquer tout le monde dans cet univers et cette histoire qui fait le sel de ce concept album. En une heure ils vont montrer que le post hardcore est bien leur fer de lance, les mecs se donnent à fond et ça se sent. En tout cas pour un show d’ouverture, pour un groupe qui a remplacé au pied levé une grosse tête d’affiche, KO-MA n’a pas à rougir, et leur prestation s’en est ressenti. La soirée est lancée, bravo les mecs. 

This Will You Destroy Your Ears Après la déferlante KO-MA c’est l’heure du hot-dog (maison, merci le Bateau Ivre, ils sont succulents) et de la pinte de bière pour reprendre mes esprits. Et d’ailleurs, ne connaissant pas du tout This Will Destroy Your Ears, je prends mon temps accoudé au bar, à discuter de la qualité du sandwich. Les lumières s’éteignent, arrive un trio avec Pierre-Yo à la guitare et au chant, Lea pour la partie basse et chœurs et Mag’ derrière les futs. J’avais bien lu que c’était un groupe de noise rock landais avec tout de même Lea parmi eux qui représente fièrement la Touraine. Et c’est là que le truc est arrivé. Le groupe m’a collé de la première à la dernière seconde. Musicalement c’est super propre, mélodique, Pierre-Yo change de guitare à chaque titre, et même pendant les morceaux pour balancer des sons sortis de nulle part avec des guitares bidouillées par ses soins. Même si le mix du micro aurait mérité un meilleur traitement c’est parfaitement audible. Mag’ se démène derrière sa batterie, la frêle demoiselle au carré blond platine tape sur ses futs avec une telle énergie qu’il en est difficile de la quitter du regard. Lea fait le pendant de Pierre-Yo de l’autre côté de la scène et assure comme il faut avec sa basse, tout en partageant des clins d’œil et des sourires avec ses acolytes. Ils prennent leur pied y’a pas à dire, et nous avec eux (moi le premier). Le concert passe à une vitesse folle, TWYDYE enchaine les titres avec des influences Pixies, Smashing Pumpkins, ils nous renvoient quelques années en arrière tout en conservant leur propre identité. Vous l’aurez compris, j’ai été séduit par ce groupe avec lequel j’ai pu échanger après le concert pour pouvoir les suivre. Il est donc fort probable qu’on continue à parler d’eux dans nos augustes pages.  


SUN On ne va pas se mentir, si je suis là ce soir c’est pour SUN et sa Brutal Pop. Une artiste hors du temps, hors des clichés et hors des cases qui fait sa propre carrière. J’avais eu l’immense privilège de chroniquer son album Krystal Metal, de l’avoir vu au Hellfest 2025 et d’avoir pu l’interviewer (c’est une personne très attachante en plus), que je ne pouvais pas passer mon tour ce soir. C’est toujours accompagné de son bassiste Bassem Ajaltouni qui la suit depuis longtemps que SUN débarque sur la scène du Bateau Ivre. Bassem, il faut le reconnaitre est un sacré personnage : bassiste, claviers, il fait un show monstrueux qui fait le pendant de la demoiselle. SUN arrive comme à son habitude avec sa robe à voile blanc, ses lunettes en forme de cœur et sa guitare blanche pour en découdre avec le public. D’ailleurs le public, pour la plupart, ne connait pas l’artiste et vient en pure découverte. Bon au final tout le monde aura été conquis, forcément jusqu’à répondre à l’appel de SUN pour un wall of death (gentillet) en fin de soirée. Mais revenons au concert puisque SUN nous distille une grande partie des morceaux de Krystal Metal alliant le chant clair et les growls, maitrisant le tapping sur sa guitare et, surtout offrant au public son jeu de scène préféré avec ses cheveux platine au vent.    
Les titres s’enchainent et la chanteuse va même nous offre une reprise de Survivor des Destiny’s Child (pas une surprise pour votre serviteur, elle l’avait fait au Hellfest), mais une pour beaucoup de spectateurs qui ont enflammé la fosse. Alors oui la surprise fut un peu éventée puisqu’elle fut obligée de refaire ce morceau suite à un problème de son sur sa guitare, mais rien de grave, et tout le monde est reparti à donf dès qu’elle a recommencé. Elle nous a même offert un tout nouveau titre, qui m’a fait frotter les mains, car c’est à penser que Krystal Metal a des chances d’avoir un successeur, et ça c’est une sacrée nouvelle. SUN nous aura offert une heure de pur régal de Brutal Pop, une heure d’un show où elle ne se ménage pas et n’est jamais sur la réserve (ses musiciens non plus d’ailleurs), une heure hors du temps et des codes. SUN monte en puissance et ça c’est la qualité des grands artistes.
 
Retour sur terre et dans le monde réel, il est minuit, dame il faut rentrer se coucher…Mais heureux. Encore une très grosse soirée programmée par le Bateau Ivre, ça fait du bien du metal en Touraine. Un immense merci à Angie de NRV Promotion et Jonathan Aguilar de Telema Productions pour l’accréditation, ainsi qu’à KO-MA pour leur temps précieux pour l’interview (qui va suivre très vite).
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