Troisième et dernière soirée d’un incroyable début de semaine où le Bikini nous aura offert trois belles soirées Metal avec certes des thématiques différentes mais une qualité remarquable. Après un premier soir orienté metalcore (avec les géniaux Paleface Swiss), un second avec ce qui se fait de mieux en metal symphonique autour d’Epica etCharlotte Wessels (soit totalement le créneau de l’estimé Kabet et dont la date lyonnaise vous est contée par l’inénarrable Diable Bleu), place pour ce dernier round à une affiche djent / metal progressif avec une tête d’affiche dont l’ascension ne s’arrête plus et des premières parties hyper qualitatives. C’est parti pour une soirée de gros riffs placée sous le signe de la technicité.
Textures
Je m’attendais à voir Unprocessed ouvrir cette soirée mais c’est bien Textures qui débarque sur scène avec le logo du groupe projeté sur l’écran géant qui sera bien utilisé par les groupes du soir. Je les avais vus en première partie de Gojira dans un Elysée Montmartre il y a vingt ans et les avais un peu perdus de vue depuis. Le hiatus en 2017 n’avait pas arrangé les choses. Le retour aux affaires du combo hollandais avec outre des premiers concerts événements (dont un Hellfest), et l’album tant attendu par les fans, est récemment paru. Et ce dernier n’a pas déçu. La soirée affiche complet à l’instar de celle de la veille avec Epica, le public a répondu présent et c’est une excellente nouvelle. La salle se remplit gentiment même si, contrairement à la veille, l’extérieur est bien fréquenté.
Les hollandais débarquent et d’entrée, ça riffe dur et bien. Derrière sa batterie, Stef Buriez ne va cesser de nous impressionner avec son jeu. Textures, historique « petit frère » de Meshuggah envoie quelques très bons passages, varie bien les atmosphères avec des passages plus atmosphériques mais quand ça tricote, ça ne plaisante pas. Les deux guitaristes Bart Hennephof et Joe Tal impressionnent, les solis sont efficaces, Textures fait le job. Le frontman Daniël de Jongh confesse avoir des problèmes de voix ce jour (ce qui ne me l’a rendu que plus sympathique, ayant le même souci), peine un peu sur les voix claires mais assure le job et fait preuve d’une présence scénique remarquable. Il parle de fait peu mais le groupe déroule sept titres et finit avec un Laments Of An Icarus joyau djent qui fait un sacré effet. Le public est dedans, djent oblige, le public reste attentif et concerné et moins dans le délire plus bas du front.
Très bon show de Textures qui confirme la réussite et la légitimité de ce retour aux affaires. Nous n’en doutions point concernant le talent des Hollandais mais tel Saint Thomas, le voir de nos propres yeux permet d’y croire plus aisément. Un chouette concert d’un groupe au capital sympathie réel.
Setlist
Closer To The Unknown
New Horizons
Reaching Home
Timeless
Measuring The Heavens
Awake
Laments Of An Icarus
Unprocessed
Comme évoqué plus haut, je fus surpris de les voir jouer après Textures mais les allemands d’Unprocessed sont dans une superbe dynamique, notamment dans la continuité d’un récent Angel paru en Octobre dernier. Ce djent très mainstream fonctionne très bien entre riffs distordus à la Polyphia, passages bien vénères avec gros riffs et refrains plus catchy, et on en attendait la version live pour transformer l’essai studio. Le quatuor débarque dans une scène peu éclairée quand Textures évoluait dans une lumière plus présente et permettant de voir plus distinctement les musiciens. A ce titre, le batteur Leon Pfeiffer est quasi invisible et du fond du Bikini, on voit surtout les silhouettes faiblement éclairées des musiciens.
De nouveau une grosse quarantaine de minutes pour un show bien envoyé dans lequel sept titres sur les dix joués sont issus du Angel précédemment cité. Ce disque est important pour le groupe qui le met en avant et à raison. La basse de David Levy épate et offre une belle assise au groupe allemand. La star du groupe c’est son frontman Manuel Gardner Fernandes avec son débardeur et sa coupe de cheveux à la Kalvin Gourgues (les fans de rugby auront la référence, les autres, bah désolé). Notre beau gosse porte bien le groupe et assure comme un chef avec sa guitare 8 cordes. La communication est solide et suffisante ce qui n’est pas toujours une vertu chez nos frontmen allemands, souvent trop bavards.
Mais Unprocessed est un jeune loup ambitieux, déroule son djent / prog bien mainstream et efficace. Le show prend bien, le public est réceptif et Unprocessed confirme le bon ressenti suite à leur dernier disque. Décidément, cette soirée se montre qualitative et les patrons arrivent.
Setlist
111
Sleeping With Ghosts
Beyond Heaven’s Gate
Thrash
Glass
Sacrifice Me
Snowlover
Lore
Solara
Terrestrial
Jinjer
Petite demi-heure d’attente dans un Bikini qui est bien monté en puissance. Jinjer est attendu de pied ferme et le groupe désormais valeur sûre. Assumant sa montée en puissance, Jinjer débarque avec le gros décorum, un écran géant massif, la batterie surélevée de Vladislav Ulasevish et le schéma actuel avec Roman Ibramkhalilov et Eugene Abdukhanov sur les côtés. Et au milieu Tatiana Shmayluk assure le show à elle seule. Toujours aussi lumineuse et charismatique, avec sa voix iconique, le public n’en a que pour elle même si le niveau technique de l’ensemble reste sidérant.
Huit titres du dernier Duélsont interprétés, Jinjer n’est pas dans la nostalgie, avance et suit sa route. La musique est dense, épaisse et on retrouve les remarques habituelles sur le combo ukrainien. C’est d’une puissance phénoménale, c’est solide, hyper en place et ça défouraille sévère. Le plus marquant de ce show reste ces visuels très réussis avec des écrans occupant beaucoup de place. Le groupe n’étant guère mobile, sauf Tatiana bien sûr, et cela offre un rendu impressionnant. La comparaison est à prendre avec des pincettes mais comme pour Epica la veille, le show est très beau, immersif et les productions retenues privilégient le spectacle, c’est canon, ça apporte un vrai plus.
Confirmation sans appel de l’envergure prise par le groupe ukrainien qui en approfondissant l’aspect visuel vient, répondre à des réserves évoquées par le passé les concernant sur l’aspect parfois froid de leur show. Question musique, c’est toujours aussi démentiellement bon avec ce djent surpuissant bien construit, techniquement impressionnant. Conclusion parfaite d’une soirée dense et d’un mini-marathon de trois jours hyper qualitatif. On pourrait espérer un peu de repos la semaine prochaine mais avec la venue événementielle (et contestée en local) du binôme Mayhem –Marduk ou la boucherie death annoncée autour de Cryptopsy, il faudra aux braves retourner au combat. Rude la vie de Metalleux !!