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Echos & Merveilles 2026 - Partie I

Date:

14 Mai 2026

Lieu:

Bruguières

Chroniqueur:

ced12

Partie I

Ouvrant la saison des Festivals avec sa huitième édition, le festival Echos & Merveilles est devenu une institution de la Région Toulousaine. Cet événement est assez dément sur le papier avec une offre incroyablement variée et plusieurs festivals au sein du Festival de cinq jours où il se passe chaque année beaucoup de choses. Le concept hyper fédérateur tourne autour des thématiques des cultures de l’Imaginaire, du Fantastique mais dans une ambiance médiévale ce qui déjà offre un très beau contraste et un sacré champ des possibles. Harry Potter vient se croiser avec Game Of Thrones avec bonheur pour une immersion particulièrement plaisante. Orienté famille, le festival se situe dans la base de loisirs de Bruguières, située à 5 km au Nord de Toulouse (première sortie d’autoroute sur la route de Montauban direction Nord). On y trouve un lac autour duquel toutes les animations Open Air se font. Et là, outre le très sympathique marché de pays très prisé, beaucoup d’animations ont lieu. Ça part un peu dans tous les sens, c'est impossible de tout couvrir mais il y en a pour tout le monde : déambulations diverses et variées de ménestrels, lancers de haches, tir à l’arc (classique pour une fête médiévale), chasse aux trésors, jeux de plateau autre composante de ce festival où l’imagination et les (bonnes) idées ne manquent pas. Idéal pour les familles en journée, ces animations attirent beaucoup de monde. C'est très fédérateur (et gratuit pour les habitants de Bruguières, très louable initiative).

Au nord du lac on trouve un espace qui nous est plus familier avec une scène Open Air avec un beau parterre verdoyant et tout autour des food-trucks et autres lieux pour s’abreuver. Le rendu visuel est vraiment chouette et on retrouve cette ambiance « festival » si chère à nos cœurs. C’est ici qu’auront lieu les concerts en journée dans un cadre très immersif. C’est parfait, bien paramétré. Mais Echos & Merveilles va plus loin en calant trois soirées de concert indoor dans la salle du Bascala adjacente au site. L’espace est ainsi privatisé et fait l’objet d’une billetterie complémentaire en proposant trois soirées thématiques avec une très belle offre musicale. Nous y retrouvons une cohérence avec l’ambiance du festival et le choix des groupes, nous allons le voir, est de très grande qualité avec des formations qui ont leur rond de serviette dans les plus grands Fest. 

Comme si tout cela ne suffisait pas, un salon du livre de l’Imaginaire est organisé et ce ne sont pas trois auteurs spécialisés qui se battent en duel mais une vingtaine d’auteurs entre BD, livres pour enfants, et littérature fantastique. Ajoutons des conférences en veux-tu en voilà, un défilé de costumes (obligé vu les tenues vestimentaires arborées par nombre de festivaliers) et le lecteur comprendra la difficulté à tout couvrir. Ce report ne vise donc pas à l’exhaustivité, se focalisera plus sur l’aspect concert.  

Facile d’accès en voiture avec des parkings (avec navette), gratuité du site du lac pour les « locaux », organisation impeccable qui au bout de huit années maîtrise très bien son sujet, ce festival cumule les bons points et mérite des éloges. 

C’est parti pour cinq jours bien remplis. Bon, en fait, pour l’auteur de ces lignes, il n’y en aura que quatre. Contraintes professionnelles obligent, je ne peux assister à la journée d’ouverture avec un concert un peu spécial pour ouvrir le bal. C'est le Neko Light Orchestra, orchestre symphonique qui a assuré un show de trois heures dans lequel on retrouve entre autres le patron du festival. Une méchante ondée est venue gâcher l'ouverture en amont du concert mais le ciel a retenu ses larmes pendant le concert pour le bonheur de toutes et tous et ce malgré la fraîcheur du soir. Alors qu’un cobra venimeux sème la psychose à dix kilomètres de là (véridique !!), j’arrive sur le site la deuxième journée avec une journée pour moi annoncée chargée.

Jour 2

En ce jeudi de l’Ascension, on attaque pied au plancher avec un programme excellent et copieux. Cruel pour l’organisation, la météo est encore capricieuse ce jour. Pas grave on fait avec et tout le monde est heureux d'être là. L'événement se professionnalise chaque année un peu plus et on sent encore ce côté artisanal, très humain ce qui est très agréable.

Premier jour plein avec l’ouverture complète du site. Je me prends des averses sur le chemin et je redécouvre ce superbe site, très bien aménagé. Deux scènes en plein Air coexistent, celle du Lac devant l’eau a vraiment belle allure, surtout vue d'en haut face à la scène. La grande scène Open Air s’est vu poser des dalles pour limiter la casse car forcément, le site est un peu boueux, c’est un peu inconfortable mais sincèrement ça va. Au loin, le duo hongrois Itinera envoute avec de belles sonorités folkloriques et des vocalises classieuses. Ça met direct dans l’ambiance, c’est très plaisant. 

Les bardes allemands de Corvus Corax arrivent avec leur rock médiéval hyper fun. Trois cornemuses, deux personnes aux percussions, un bassiste, le groupe dégage une vraie puissance avec un sacré savoir-faire. Je les avais vus au Hellfest 2024, je retrouve cette ambiance hyper enjouée, ça danse et ce malgré les conditions. Digne d’un matin d’Austerlitz un jour de décembre il y a deux siècles de cela, le soleil fait son apparition au moment où le groupe débarque sur scène. Ça ne s’invente pas ! Le groupe offre des chansons pour vikings ce qui fonctionne à merveille. Bon, les rameurs n’ont pas pu se mettre sur le sol, mais l’esprit y était. Les mélodies sont incroyablement fédératrices, les premières chenilles humaines ont lieu, l’ambiance est top. Un moment hyper sympa, le Festival Echos & Merveilles 2026 est lancé !

Sur la scène du lac, place à un musicien étonnant : Guillaume Desq. Virtuose de la vielle à roue, il a construit la sienne sur 10 ans et joue un peu partout dans le monde. Il assure la grosse caisse de la batterie et délivre un concert vraiment plaisant aidé parfois de boucles électro qui dynamisent bien son folk mystique. En plus, même éloigné de la scène, on entend avec bonheur sa musique. Un moment vraiment très cool.

Nataverne ensuite surprend positivement avec son esprit… taverne. C’est l'Ardéchoise Nathalie qui a constitué ce groupe (ainsi on peut deviner aisément d’où vient le patronyme du groupe) et si la prestation du groupe a du retard à l’allumage pour cause de problèmes de réglage du son, ce n’est pas trop un problème car le soleil sorti fait du bien aux festivaliers. Le concert est entrainant, quelques envolées vocales impressionnent et si la guitare se fait parfois funk, parfois plus « dur », les mélodies folkloriques sont toujours là pour donner au groupe un vrai cachet. Excellent état d'esprit encore une fois avec la participation très active de deux bénévoles sur leurs échasses qui alternent entre scène et public pour animer ce concert très festif et réussi.

Echos & Merveilles propose trois soirées en intérieur avec un format concert plus classique. Vu la météo les festivaliers sont bien contents d’être dans le Bascala où les conditions sont excellentes. Il y a de l’espace, de quoi se restaurer et s’abreuver ainsi que des stands de merch bien achalandés. Je connaissais le site pour y avoir assisté à une convention dans le contexte professionnel, je suis heureux de voir le lieu envahi de gens costumés. Ça change ! (quoique !! 😉). Les vendéens de Rue de la Forge lancent cette soirée dont le thème est pagan. Je les avais vus dans la chouette Charente chère au cœur de l'estimé Jean-Mich’Hell et je retrouve ce metal folk avec ce chant en français gentiment rappé. Le son est impeccable, très puissant et Rue de la Forge déroule un très bon show, bien suivi par un public à fond. La puissance dégagée par la section metal m'a marquée positivement. 

Ensuite c’est une offre sur le papier improbable avec Skiltron, présenté comme du folk metal celtique venu d’Argentine. Pour ma part je complèterai en y voyant un heavy metal old-school avec une cornemuse très présente. Elle est assurée par Pereg Ar Bagol qui nous vient du … Gers voisin. Régional de l’étape donc, très apprécié au Merch (à raison), le gascon évolue aussi dans Boisson Divine

(J’ouvre une parenthèse : ces derniers se sont retrouvés dans une polémique bien malsaine accusés par un collectif landais ultra républicain d’accointance politique malsaine. Le groupe a ainsi dû se retirer d’un festival dans les Landes voisines. Renseignements pris, cela ne semble reposer que sur des faits indirects et peu étayés. Cela nous rappelle ainsi les difficultés du Vivre-Ensemble. Cela semble d’autant plus absurde que le groupe n’a jamais fait œuvre de politique (ce que d’autres formations gagneraient à éviter au passage) et revendiquent la mise en valeur de la culture gasconne. Encore un accroc lié à la différence culturelle entre une République qui veut s'imposer (en force avec les comportements de certains) et écraser les Cultures Régionales (comme ces "patois" locaux interdits dans les écoles de la République post seconde Guerre Mondiale). Il est vrai que ces dernières sont parfois instrumentalisées par des personnes aux idées nauséeuses mettant ainsi ces défenseurs des Régionalismes en difficulté. Drôle d’époque où la diversité culturelle est soumise à rude épreuve !! Je ferme la parenthèse.) 

Avec son heavy folklorique, Skiltron reste dans la thématique du Fest tout en offrant un joli bonbon 80’s aux fans du genre. J’ai particulièrement apprécié la reprise de It’s A Long Way To The Top (If You Wanna Rock n’ Roll) avec son génial solo de cornemuse. Outre le fait qu'on ne diffusera jamais assez d'AC/DC, cette version est très réussie et hyper accrocheuse.

Ce sont les pionniers du folk-metal allemand In Extremo qui assurent la tête d’affiche de cette soirée. Fondé en 1995, les bardes savent y faire. Son surpuissant, hyper équilibré avec des instruments folkloriques et une section « Metal » hyper complémentaires. Expérimenté, ultra professionnel, In Extremo délivre un show impérial. Tout fonctionne, la guitare se fait agressive, le batteur Florian Speckardt très souriant tout le show tape dur et offre une très belle assise au groupe. Gros carton, Feuertaufe emporte tout avec sa mélodie irrésistible. La chanson de pirates Störtebecker cartonne aussi tout comme Frei Zu Sein véritable hymne du combo allemand. Surpuissant, d’une fluidité remarquable, In Extremo attendu par les organisateurs depuis leurs débuts a régalé. Eux qui ne connaissaient de la France que via le Hellfest ont découvert Toulouse. Vu l’accueil reçu, on a bon espoir de les revoir assez vite surtout que malgré leur trente et une année de carrière, le groupe en a encore sous le pied et vu la richesse infinie proposée par les instruments médiévaux, il y a encore de quoi faire. Très solide, Deutsche Qualität !

Arkona aurait dû clôturer cette soirée mais il ne surprendra personne dans le contexte géopolitique que les Russes n’aient pas reçu les visas nécessaires. Dommage un Yarilo aurait fait des ravages dans le Bascala. Ce sont les bardes belges de Prima Nocta, des habitués des lieux, des membres de la « famille » même qui prennent le relais. Conclusion parfaite d’une journée certes rendue difficile par la météo mais d’une richesse et d’une qualité impressionnantes. Ce deuxième jour a tenu toutes ses promesses. Vivement la suite…

 

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