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Interview Hatred, Famine & Morphée
Merci à vous d'être là et d'accorder cette petite interview aux portes du metal, à l'occasion de cette 5e édition du Vind'Hell Fest. Est-ce que vous pouvez vous présenter à tour de rôle ?Famine : Alors je me présente, je suis Famine et je suis guitariste. On est accompagné aussi d'une autre guitariste, Cinis, son personnage représente la prêtresse des cendres. Morphée : Moi, je suis Morphée à la batterie, fabricateur de potions. Hatred : Et moi je suis Hatred le chanteur. Mon personnage c'est une sorte de roi fou de la cour de miracle. Est ce que vous pouvez présenter le concept ?Hatred : Donc c'est un groupe qui mélange beaucoup de styles différents, toujours dans le metal, mais il y a quand même de l'électro dedans, du sympho, une part assez importante de black aussi, en tout cas quelque chose d'assez sombre. Il y a tout un visuel qui va avec, un espèce d'univers qu'on essaie de mettre en place. Je me suis demandée d'où venait cette identité visuelle, notamment dans les costumes ?Hatred : On l'a construite au fur et à mesure, il y avait une idée de base un peu, puis après elle a évolué avec le temps. On a construit en parallèle notre identité visuelle, nos costumes, les personnages et un univers qui apparaît dans les paroles. Justement vous travaillez sur quoi dans les paroles pour ceux qui ne vous connaissent pas encore ?Le thème principal, c'est la monstruosité, la transformation. Et de la découle pleins d'histoire, ça peut être comme des contes de Grimm, ce genre de choses. Le fait de dépérir, de se transformer, la folie. Chose qui questionne quand même, parce que dans le line up, on est d'accord qu'il n'y a pas de bassiste.Famine : Non ce n'est pas moi, promis (rires) Pourquoi ce choix ?Hatred : Il n'y a pas de bassiste. Pendant 2 ans, il n'y avait pas de batteur non plus parce que le choix c'était de faire le groupe avec les bonnes personnes avant tout et peu importe l'instrument qu'on jouait. Et que ça réponde au projet, qu'on ait les mêmes envies, le côté visuel, qu'on ait envie d'aller de l'avant. Donc on a pris les personnes qui matchaient bien, et ensuite on se dit bon bah là, un batteur, ça serait cool, donc on en rajoute un. Le bassiste, on n'en a pas senti tellement la nécessité. Et c'est pas quelque chose qui est central dans nos compositions non plus. Il y a beaucoup plus de trucs intéressants sur les synthés, sur le sympho ou l'électro que vraiment à la basse. C'est vraiment trouver une communion dans le groupe après chacun se greffe. [A Morphée] Donc du coup ça veut dire que tu as bien collé avec le groupe ? (Rires)Morphée : Apparemment ouais (rires). Le fait que j'aie déjà joué dans un groupe avant avec Famine, que j'avais 3 minutes, ça a aidé un peu. On savait déjà que ça collait entre les deux. Famine : L'intégration du batteur se fait d'une manière très naturelle parce que comme tu l'as dit le projet a commencé aussi à 3, deux guitaristes et un chant, puis tout un background avec du since, des samples. Et puis il y avait quand même plusieurs retours qui disaient, alors c'est hyper cool, ce que vous faites en termes de show, de visuels, puis de son, mais ça manque un petit peu d'impact. On était d'abord parti d'une projection d'avoir un batteur de session qui aurait été principalement là pour les lives. Avec Morphée en termes de synergie, ça marchait totalement bien donc on a très vite mis cet été-là de côté pour avoir un membre à part entière. Qu'il soit présent à la fois pour la composition et pour les shows. Justement comment vous faites pour composer les musiques les sons ? Qui s'occupent de quoi vraiment ?Famine : Alors principalement c'est Hatred et moi-même. Hatred c'est toute la tête pensante autour des compositions. Toute son inspiration vise vraiment un thème central qui est mis en avant. Après au travers de ce thème-là, on se rencontre ensemble pour des sessions d'enregistrement, de compositions. Et puis Hatred gère tout l'aspect show, batterie, samples et guitare et moi je viens compléter avec mon regard autour des guitares. Hatred : Il fait une bonne partie des guitares et moi je fais le reste. Famine : Et puis des fois on passe une bonne partie de la journée sur des compositions, on est six-sept heures, coincés sur une seule proposition à réfléchir encore, à affiner. Et puis après une fois qu'on a passé ce process là, on délivre la démo auprès de Cinis et de Morphée qui ont un regard neuf. Hatred : Dans le processus on va se demander "Qu'est-ce que on veut raconter ça dans ce morceau ? Qu'est-ce qui musicalement va rendre cette idée ? Quels instruments, quels structures de morceaux ?". Est-ce que vous arrivez à le penser avec une vision de ce que ça va donner en live ou c'est une partie studio puis on voit pour le live?Hatred : On a les instruments qu'on joue en vrai, on se demande est-ce que la batterie c'est jouable ? Est ce que la guitare c'est jouable ? Etc. Donc, on va se dire que ça reste jouable de la même manière, en live que sur album. Et puis, il y a des morceaux aussi qu'on calibre exprès pour le live en se disant celui-la il va être efficace en live, on veut un morceau plus simple peut-être, un truc plus entraînant. Et celui-là, il va plutôt être studio parce qu'il est un peu plus alambiqué. Famine : Oui, c'est vrai que puisque tout dépend du thème, mais puisqu'on est un peu perfectionniste. Imagine si on vient parler du thème de mon personnage, puisque c'est un cannibale, un grand dévoreur, une espèce de bête qui dévore plein de gens, mais qui est issu des marais, on va forcément penser à un environnement de marais, donc on peut partir sur des sons tribaux, des percussions, du didgeridoo, des chants un peu plus rythmés ou alors pour Cinis une prêtresse des cendres, on va penser à une église, donc cloche. En fonction du thème, on va forcément réaligner des sons qui colle. Hatred : Et après on sait que ce qu'on ne peut pas jouer en live nous même, c'est dans les samples. Mais par exemple il y a des morceaux où Morphée ne joue pas de batterie où là on s'est dit, on veut des sons plus électroniques sur les percussions. Et il y a 2 morceaux où il vient devant, il tape sur un bidon et il fait le show avec nous. Famine : Bouger les cervicales c'est bien mais bouger tout le corps c'est mieux (rires). Est-ce que l'étiquette Black horror metal ça vous convient?Morphée : Bienvenue si on nous donne cette étiquette. Hatred : Horreur, moi je suis content puisque au début on ne l'avait pas. L'étiquette Black, ça dépend parce que des fois ça peut fermer des portes. Ça peut aussi en ouvrir parce que s'il y a une soirée Black, on peut jouer dans une soirée Black, mais il y a aussi des gens qui sont réticents à ces genres là. Tu peux t'attendre à quelque chose de beaucoup plus linéaire. Et puis votre musique est accessible, pas mainstream non plus (rires) mais quand même assez accessible, avec un côté industriel aussi.Hatred : Mais il n'y a pas vraiment d'autres étiquettes qui collaient mieux en fait. Famine : Le plus gros enjeu pour nous, c'est que nous dans chaque morceau, on mixe tellement de choses, tellement de genres que c'est difficile en fait de pouvoir vraiment s'intégrer sur une seule catégorie au final. Hatred : Et on te demande une étiquette de toute façon. Famine : Puis horror metal ce n'était pas assez représentatif de ce qu'on peut aussi amener musicalement parlant. Hatred : Si on dit juste un horror metal, on va s'attendre à des trucs moins violents, ça peut être du death, du heavy, du black. Parce que c'est vrai, qu'en écoutant vos titres, d'un morceau à l'autre, c'est assez différent. Autre question, si vous deviez avoir un lieu idéal pour vous produire, ce serait où ?Famine : Le Hellfest ! Ce serait quand même un point culminant dans la carrière. Hatred : On joue beaucoup en France, et c'était notre but, et du coup de jouer au Hellfest tu mets le tampon, ça y est, j'ai gagné la France ! Le Motoc bon... (rires).Famine : C'était déjà un bon step up, et puis ça c'est grâce à la collaboration avec des acteurs de l'ombre qui nous a permis d'avoir une porte d'entrée au Motocultor à partir de l'année passée. Et puis pour nous c'était génial, une expérience inoubliable. Et quels sont vos futurs projets ? L'album n'a encore qu'un an.Hatred : On travaille sur le suivant, déjà parce que ça prend du temps. On se pose énormément de questions quand on fait des morceaux. Une fois que tu as fini un album tu dois tout de suite te mettre sur le suivant. Mais on continue de faire des lives en même temps. Et qui dit Versatile dit un truc qui bouge, qui change. Est-ce qu'on doit s'attendre à des éléments qui vont changer, qui vont évoluer avec l'album d'après ? Est-ce qu'on peut avoir un petit teasing ?Hatred : On ne sait pas nous même. Ça va rester la même recette, sauf que justement, à chaque nouveau morceau, tu peux t'attendre à des nouveaux sons qu'il n'y avait pas avant. On va essayer quelques nouveaux trucs, mais le côté cinématique, horreur, industrielle, sympho, black death. Ça va rester votre ligne de conduite.Hatred : Peut-être qu'on va élaborer aussi un peu plus le côté sympho, mais plus en termes de nuance. Famine : Concrètement, dans notre parcours, l'EP a été une carte de visite, l'album a été une première grande expérimentation puisqu'on a beaucoup appris en termes de process et de composition, maintenant on sait que pour le second album on va monter en puissance. Est-ce que vous auriez une petite exclue pour Aux Portes du Metal ?Hatred : On vient de sortir des hoodies il n'y a pas longtemps (rires). Sinon on vient d'annoncer, on va jouer avec Lord Of The Lost sur l'Allemagne. Famine : On va jouer aussi avec Rotting Christ à partir du 11 septembre. Cette année-là, on sait qu'on aura des très belles dates, on va rejouer aussi avec Seth et Impureza au Sanctuaire Festival le 31 octobre. Un jour avant mon nom d'anniversaire encore (rires). On sort de deux années qui ont été très intenses en termes de projet, l'album, 3 clips sur une année. L'année passée on a joué sur plusieurs festivals notamment le Mediterranea Metal Cruise et du coup, ça fait 50 000 tonnes de méthane. Cette année-là, on va être un peu plus tranquille, mais on va utiliser le temps à disposition pour avancer sur l'album. Hatred : Continuer à travailler la France au niveau des concerts. On a commencé à prendre siège un peu partout en France, on aimerait continuer. Morphée: D'autres pays aussi, en Europe. Famine : On est admiratifs du public français parce qu'ils ont une telle synergie, on a vraiment très envie de pouvoir continuer à tourner en France. Oui en tendant l'oreille auprès d'autres chroniqueurs et du public qui vous découvrent depuis votre annonce sur l'affiche qui au départ se disaient "Hmm black ? Je ne sais pas trop" et en écoutant se sont dit "Wouah la claque" donc vous allez certainement encore un peu plus conquérir ce soir.Famine : On croise les doigts en tout cas. Est-ce qu'il y a une question qu'on ne vous a jamais posée et à laquelle vous aimeriez répondre ? Morphée : Pepsi ou Coca ? (rires) Famine : On va réfléchir à une question peut-être plus riche que ça. Hatred : Alors lui il aime bien les questions philosophiques. Famine : Ouais mais moi je peux balancer un monologue d'une demie-heure. On peut parler du taoïsme, de la philosophie stoïcienne avec Marc Aurèle. Hatred : Qu'est-ce que tu penses de la santé ? Moi ça me va, pour le coup en tant que psychologue, ça me parle. Famine : Moi je suis travailleur social, j'ai l'habitude de travailler avec les psychologues. Hatred : Mais dans notre thématique justement, on a le côté où on appelle notre public les déviants, on a le côté folie et acceptation de la différence, en fait, c'est la cour des miracles dans notre univers c'est l'endroit où tu as tous les fous et qui peuvent trouver leurs places. Dans ce contexte-là, j'ai ma place. Famine : Ca y est, j'ai ma question. Toi qui es psychologue, qu'est ce qui t'as amené à être chroniqueuse aujourd'hui? [NDLR : C'est donc ça l'expression l'arroseur arrosé ^^'] La passion du metal et l'envie d'écrire, d'être créative, de rencontrer les artistes, le partage. Mais du coup, c'est moi qui réponds (rires). Famine : Bah oui, je suis du coup la trame (rires). Je ne sais pas si tu vois cet aspect là mais des fois concilier deux activités ça peut être assez pénible. Pour moi, en tant que travailleur social partir après le week-end, voyager, jouer et puis revenir le lundi matin à partir de 7h30, des fois c'est un beau challenge. Hatred : Regarde ce qu'il y a derrière le tee-shirt en couleur avec nos têtes, c'est un lien avec ton travail aussi. [NDLR : Il est noté "Pour les esprits difformes, un lieu d'asile]. Ah ouais génial ! Est ce que vous avez un mot pour la fin? Famine : Merci à toi pour l'intérêt du projet, merci Aux Portes du Metal et puis un très joyeux anniversaire, 20 ans aussi, bravo à vous. Et on se réjouit de cette suite. Nous aussi on se réjouit. Merci à vous pour cette interview.
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