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Groupe:

Spirit War

Date:

09 Mai 2026

Interviewer:

Didier

Interview Markus, Nicolas et Valentin

Crédit photo: Rudy Sana

Pouvez-vous nous présenter les membres et la genèse du groupe Spirit War ?

Nicolas : Bah écoute, à la batterie, Valentin Leroy, Markus Fortunato à la basse et au chant et moi, Nicolas Lebrat à la guitare. Et en fait, le groupe il part d'une jam session qui avait été organisée par une amie. C'était pour la fête de la musique, en 2021. Et voilà, on se connaissait parce qu'on avait des groupes différents et on se croisait sur les concerts des uns ou des autres. Et puis on s'est retrouvés à jouer ensemble et ça a très très bien marché tout de suite. Pour te dire, on a fait une répète et puis à un moment j'ai lancé le riff de The Trooper d'Iron Maiden et ces deux loustiques m'ont suivi. Du coup je me suis dit, il faut faire quelque chose ensemble.

Markus: Ouais, en plus de ça, on n'était pas accordés pareil, alors il fallait que je me fasse une transcription.

Valentin : Il y a un truc que tu as oublié, qui est super important c'est que quand on s'est dit qu'on allait essayer de faire un truc ensemble, j'ai dit, bon les gars, on va se faire un repas. Et le thème de ce repas, c'était Gevrey-Chambertin. Voilà, ça c'est vraiment ce qui nous a reliés.

Vous venez de quelle région ?

Valentin : On est des Ainois, de Ambérieu-en-Bugey exactement.

A part Maiden, quelles sont vos influences musicales ?

Valentin: Alors les influences musicales, c'est intéressant parce qu'on est tous les trois très différents. Oui, vraiment, et je pense que c'est ce qui fait notre identité, dans le son qu'on a aujourd'hui. Mais moi je vais plutôt avoir des influences punk, ska, voire rap. Mais je suis très ouvert, après je suis aussi un fan de Maiden, évidemment fan de Metallica, de Motley Crue.

Markus : Moi, mon groupe préféré c'est Riot, mais le groupe qui m'influence le plus, ça doit être Stratovarius. Pas du tout dans ma voix, mais dans la manière de structurer les mélodies.

Nicolas : Moi je suis assez proche de Marcus. Mais tu vois, mon prof de guitare m'a toujours fait autant travailler le blues que le metal. Donc je vais adorer, Arch Enemy, Amon Amarth, Amorphis, Stratovarius, Angra, voilà, tous ces groupes-là, et en même temps, tu vois, j'adore Johnny Winter, j'adore Stevie Ray Vaughan.

Du coup on sort de votre set et j'ai trouvé votre heavy metal assez original, notamment grâce au jeu de charleston de Valentin.

Valentin : Oui, c'est typiquement la batterie qui n'est pas du tout celle attendue. Là, il y a pas mal de charleston et je ne veux pas de double pédale.

Markus : Et c'est ça qui est génial, quand je joue avec Valentin, ça fait des années que je joue avec différents groupes et depuis que je joue avec Valentin, le truc que j'écoute le plus, c'est son charleston justement et ma main droite se cale sur son charleston et comme il fait plein de nuances, alors moi, du coup, je fais plein de nuances aussi à la basse. Et c'est un plaisir incroyable.

Valentin : Et bah ça fait plaisir pour les deux, en tout cas, ça motive.

Vous œuvrez en trio, est-ce que c'est un choix ou est-ce que...

Valentin : C'est moins cher !

Markus : Et puis on peut être tous les trois dans la même chambre d'hôtel

Nicolas : Non mais plus sérieusement, pour la première année, il y avait un deuxième guitariste et puis, ça s'est pas très bien passé, donc il est parti. Et j'avoue qu'on s'est posé la question, qu'est-ce qu'on fait ? On trouve quelqu'un ? On essaye des samples ? On a essayé plein de choses mais les samples, on ne voulait pas, parce qu'on voulait vraiment rester le plus rock'n'roll possible. Tu vois, sans filet, sans rien. On s'est retrouvés tous les trois et on s'est dit, à trois, ça marche humainement, tu vois, il y a un truc. Et du coup, on veut pas toucher à ça. On a trouvé un l'équilibre, il ne faut pas le toucher.

Est-ce que ce n'est pas plus compliqué pour toi sur scène, Nicolas ? Parce que sur l'album, on entend quand même plusieurs guitares

Nicolas : Effectivement, quand le deuxième guitariste est parti, on a beaucoup retravaillé les morceaux avec Markus et du coup quand je ne suis pas en accord, il prend plus de place. Après, c'est l'avantage pour moi d'être en numérique, ça me permet d'avoir deux, trois artifices par moment. Un octaveur, un armoniseur intelligent, histoire de juste mettre la touche qu'il faut en live. Et puis après, on compte effectivement sur l'énergie. Alors que, en effet, tu as raison, sur l'album, il y a des morceaux avec plusieurs guitares. Il y en a même un, je crois qu'il y a dix guitares. On s'est fait plaisir. Mais tout le challenge, c'est justement d'arriver à retranscrire ça en live, en mode rock'n'roll, t'as juste ta bite et ton couteau, pas de click, pas de samples. Et puis à trois, les balances, ça dure cinq minutes. Ouais, le trio, ça n'a que des avantages.

Pendant le set vous avez parlé d'une tournée avec Yngwie Malmsteen et qu'il avait été, je la fais soft, pas sympa, vous pouvez nous en dire plus ?

Nicolas : Non, mais on a vécu une tournée qui était fantastique au Royaume-Uni et en Europe de l'Est. On a dû faire dix dates et franchement, c'était vraiment top. J'ai encore en mémoire la dernière date en Serbie, on est sur une grande scène extérieure à Belgrade à quelques mètres du Danube devant deux mille personnes. On a vécu un moment incroyable. Mais à côté de ça dans l'organisation, c'était extrêmement compliqué. Il y a eu je ne sais plus combien de dates où le public rentrait alors que je n'avais pas fini de câbler mon pédalier, pour dire, donc zéro balance, rien, tu vois, donc t'arrives sur scène pour le coup, t'es vraiment sans filet. Il était vraiment désagréable, c'était volontaire, il faisait traîner ses balances exprès. Ou bien il arrivait dans les salles, il disait Bon bah aujourd'hui, pas de lumière pour le groupe de première partie, ou pas de loge, pas de bouffe, rien quoi. On a eu la chance d'arriver dans des lieux qui savaient accueillir quand même et qui mettaient deux, trois petites bières et un petit sandwich de côté pour nous. Mais on n'avait pas le droit d'avoir de loges, tout le monde était gêné pour nous.

Valentin : Oui, donc une personne non recommandable, quel manque de respect envers nous, c'est terrible. Tu vois, par exemple, à Londres, Nico, il s'est changé dehors, sous la pluie parce qu'on n'avait pas le droit de rentrer dans le complexe.

Nicolas : Ha ouais, le concert de la veille s'est mal passé du coup on n'avait pas le droit de rentrer dans le complexe. Mais une fois que ses balances sont finies, tout est timé, c'est top chrono. Donc j'étais en plein Londres, en train de me changer et en plus, il pleuvait. Mais au final, ça nous a encore plus soudés.

Revenons au Vind'Hell Fest, puisque l'année dernière vous aviez gagné, ce qui vous a permis de revenir cette année. Avez-vous été surpris par ce résultat ?

Markus : Bah un petit peu, parce qu'on a joué en tout premier au Tremplin et il n'y avait presque personne. On savait qu'on avait bien joué, que ça avait plu aux gens, mais ils étaient beaucoup moins nombreux que pour le dernier groupe par exemple, du coup quand ça applaudit à la fin, c'était moins impressionnant. On était aussi le seul groupe de heavy, alors oui on a été surpris.

Est-ce que vous auriez un conseil à donner aux concurrents de cette année, par exemple ?

Nicolas : Juste kiffer, vraiment tout donner. Ce n'est pas que la musique qui compte, c'est aussi tout ce qu'il y a à côté, le partage humain, l'égo, on le met de côté, et on essaye de juste donner du plaisir, avec le sourire en jouant, le smile, même si c'est du metal, on s'en fout, en fait. Il y a un truc qui me semble hyper important, c'est pas de lunettes sur scène, parce que le regard en fait, quand on joue, il y a effectivement le plaisir qu'on prend ensemble, mais il y a comment tu vas choper les gens. C'est pas la même chose de jouer et d'être dans ton truc que de jouer en regardant les gens comme ça tu les chopes du regard.

Alors parlons un peu de votre deuxième album, Beyond Frontiers. Comment ça se passe au niveau compo pour vous ? Comment travaillez-vous ?

Nicolas : C'est étonnant parce qu'on a un peu changé de méthode. On a fait trois EPs avant les deux albums. Mais pour le dernier, on l'a écrit 100% à trois. Donc déjà, ça change pas mal la vision des choses. Avant, on s'envoyait des démos à peu près faites, on les travaillait et puis après, on les mettait en place et on les triturait en répétition. On a pas fait ça sur Beyond Frontiers et le meilleur exemple, je pense, c'est la ballade de album. J'ai écrit la ballade, je ne leur ai pas envoyée et on est arrivé en répétition j'ai dit, les gars j'ai ça, je joue et vous me suivez. Et ça marche. Et en fait, j'en parlais tout à l'heure sur scène, on a tourné avec le Electric Guitar Lands en mois d'avril. Dans ce projet-là, il y avait Vinnie Moore de UFO et j'ai beaucoup discuté avec lui sur la dernière date de la tournée et il m'a dit que lui, il fonctionnait comme ça. Pareil avec Rowan Robertson, il nous expliquait qu'avec Dio c'était pareil. Dio arrivait en répétition en disant voilà, j'ai un titre, c'est ça, démerdez-vous maintenant, on le met en place ensemble. En fait, je pense que c'est cette méthode-là, maintenant qu'on se connaît bien, qui marche le mieux. Ça fait cinq ans qu'on joue ensemble, on se connaît tellement bien qu'il y a ce côté, vas-y, je te suis, et je te suis parce que je sais que ce que tu vas proposer, ça va être le bon truc. Et donc, effectivement je pense que là, on a quelques bribes du troisième album, mais en fait, le but, ça va être de bosser le moins possible chacun de notre côté. Il y a une juste une trame, chacun bosse ses parties, on se retrouve en répète et là, l'alchimie fonctionne.

Parlons un peu des textes, y a t-il des thèmes ? C'est toi qui les écrit Markus ?

Markus : Moi, quand un morceau est proposé, je travaille la mélodie du chant, en écrivant n'importe quoi. Et à partir de là, ils ont des idées finalisées, ou moins finalisées et sur le n'importe quoi on pose des mots. On se fait aider par des personnes qui sont beaucoup plus anglophones que nous.

Nicolas : Pour le troisième album, je pense qu'on va même encore aller un peu plus loin sur les paroles. Parce que pendant la tournée l'été dernier avec Malmsteen, j'ai listé sur mon téléphone, plein de conneries qu'on a dites plein de thèmes de morceaux. Là, typiquement, je pense qu'on va même pouvoir se retrouver autour d'une bouteille de Gevrey-Chambertin et poser le texte ensemble.

Est-ce que vous avez eu des retours sur le deuxième album ?

Markus : Oui, quelques-uns, ils sont positifs.

Vous en avez déjà un peu parlé mais donc vous avez déjà pu défendre cet album sur scène, comme aujourd'hui au Vind'Hell Fest ?

Markus : L'album n'était pas encore sorti pour le tournée avec Malmsteen mais pour les deux suivantes oui. En octobre dans les pays de l'est et là il y a quinze jours lors de l'Electric Guitar Lands on est allé en Allemagne, en Hollande, en Hongrie, en Slovaquie et en République Tchèque. Dans ces deux tournées là, par contre, on l'a bien défendu

Quels sont les plans pour les mois à venir ? Tu parlais du troisième album par exemple ?

Nicolas : Alors, Markus a commencé à poser des idées pour un troisième album, mais avant ça, on travaille sur un EP acoustique. En fait, on va reprendre des morceaux qu'on a déjà enregistrés mais les changer, les triturer complètement, différemment, presque les réécrire, Parfois même avec des mélodies différentes. Donc là, on travaille pas mal là-dessus. Le but, c'est de faire un truc hyper intimiste dans notre set, en acoustique, 2-3 morceaux en live, mais vraiment, sans percussion, rien.

Valentin : Ça change, d'autant que du coup, je joue de la guitare.

Nicolas : Sinon on continue le démarchage, la promotion de Beyond Frontiers.

D'autres tournées à venir ?

Nicolas : On a une, avril prochain, on touche du bois, j'en parle pas, parce que ça porte malheur. On a des festivals cet été mais je ne sais plus lesquels, mais il y en a. Mais là, ça on peut le dire, on a une belle tournée aux Etats-Unis l'année prochaine, potentiellement, avec des gens qu'on a rencontré pendant nos tournées. Il y a aussi un beau plan qui se profile au mois d'octobre, on en parle pas car on n'a rien signé encore. Et puis, comme dit Valentin, l'important, c'est l'humain avant tout, et du coup, on fait tout pour garder les liens avec les musicos qu'on a rencontrés.

Markus : Et puis, il ne faut pas oublier que Malmsteen fait une tournée en Europe cet été et il va peut-être nous proposer de rejouer avec lui.

Valentin : Les liens avec le public aussi sont importants. Le public nous le rend bien d'ailleurs. Là, c'est tout con, on a rencontré des gens en République Tchèque il y a trois semaines, ce matin sur Facebook, le mec, il est à la tour Eiffel, en train de visiter Paris en photo avec son sac Spirit War. C'est génial.

C'est génial effectivement, quand je vous ai vus, je me suis dit: je sais pourquoi ils ont gagné l'année dernière, parce qu'ils sont beaucoup plus proches du public que tous les autres groupes que j'ai entendus jusqu'à maintenant au Tremplin.

Markus : Ben merci. Il ne faut pas jouer pour soi, il faut jouer pour les gens qui sont là. La musique, ça se partage. Moi, je suis prof, si je fais un cours en regardant mes pieds, ça ne va jamais marcher, tu as perdu tout le monde au bout de 5 minutes. Là c'est pareil.

Nicolas: Je vais même te dire, je pense que sur scène, tous les trois, si on était hyper concentrés sur nous-mêmes, on jouerait parfaitement, pas de pains, pas un truc à côté, mais la musique ne serait pas vivante. D'ailleurs, c'est étonnant mais on ne dit pas, je vais écouter un concert, on dit, je vais voir un concert. Si tu vas voir un concert, tu t'attends à voir quelque chose. Peu importe les pains, moi j'en ai fait ce soir, on en a tous fait ce soir, mais l'important c'est ce que tu dégages.

Je vous laisse le dernier mot pour nos lecteurs...

Markus : Un grand merci, ça fait des années que je suis Aux Portes du Metal. On m'a déjà interviewé dans mes anciens groupes, donc ça me fait super plaisir d'être interviewé aujourd'hui pour vos 20 ans.

Venez donc discuter de cette interview sur notre forum !