BEYOND THE STYX "Divid",
CRIPPLED BLACK PHOENIX "Sceaduhelm",
ARMORED SAINT "Emotion Factory Reset",
THE MOON AND THE NIGHTSPIRIT "Seed Of The Formless",
VANIR "Wyrd"
Amateurs de hard mélodique (AOR ou hard FM, comme vous voulez), réjouissez-vous car voici le retour du supergroupe formé par des musiciens de Work Of Art, Eclipse et Talisman : W.E.T. Du changement ? Un peu : un nouveau batteur fait son entrée Jamie Borger (Talisman, tiens... ils ne sont pas partis le chercher bien loin). A part ça, c’est toujours Andreas Passmark à la basse, Magnus Henriksson à la guitare et, bien sûr, le trio fondateur constitué de Robert Säll (guitare et clavier), Erik Martensson (guitare et chant) et Jeff Scott Soto (chant). Comme quatre ans ont passé depuis Retransmission (que j’apprécie fortement), vous vous dites peut-être que le groupe, fort de ce hiatus et d’un peu de sang neuf, va en profiter pour surprendre, ne serait-ce qu’un peu... Arrêtez immédiatement de rêver, Apex n’apporte rien de franchement nouveau à ce qui a précédé. Il aurait pu sortir dans les mois qui ont suivi Retransmission (voire en même temps), on ne verrait pas la différence. Est-ce à dire qu’il faut passer son chemin ? Bah non, quand même pas... A quoi bon refuser de se faire du bien ?
Car oui, ne prenons pas de détour, Apex a beau collé trop sagement à une certaine formule, il est sacrément efficace et montre un groupe toujours aussi compétent quand il s’agit d’aligner les tubes et procurer un plaisir immédiat non négligeable. Les premiers singles qui sont également les pistes qui ouvrent ce cinquième opus ont d’ailleurs mis en avant cet état de grâce. Gros son moderne avec batterie puissante, basse audible, guitares au son chaleureux (qui riffent bien en plus), chant puissant et impeccable avec chœurs fédérateurs en soutien, mélodies enjôleuses... c’est le menu de Believer dont la solidité rythmique rappelle les beaux jours de Talisman et montre une formation qui ne délaisse pas son côté hard. This House Is On Fire est plus rock et radiophonique, carrément feel good... avec un refrain hyper entêtant. Là, on se rapproche plus d’Eclipse (d’ailleurs Martensson est plus présent et se partage les couplets avec Soto).
Le mid-tempo What Are We Fighting For est également super efficace et solide avec un riff qui sort un peu des sentiers battus (et qui me rappelle d’ailleurs celui du couplet d’Alien Nation de Scorpions... vous l’avez ?). Un de mes titres préférés de la galette avec un groove indéniable et (encore) un super refrain. C’est aussi la confirmation d’une tendance déjà amorcée précédemment : Erik Martensson est vocalement de plus en plus présent. JSS, avec sa choix chaleureuse et puissante, reste le vocaliste principal de l’aventure mais Erik s’invite de plus en plus régulièrement sur les compos proposées. Cela se vérifiera aussi, par exemple, sur Where Are The Heroes Now, un autre tube hard rock bien balancé comme W.E.T. semble savoir en écrire les yeux fermés. Franchement, c’est du beau boulot, rien à redire. C’est carré, entraînant, bien chanté, pourvu de chouettes solos... Toute résistance est futile. Ce qui me rassure avec ce cinquième album, c’est de constater que contrairement à Eclipse qui semble s’être un peu éloigné de son hard d’origine pour développer une facette plus stadium rock (je caricature mais c’est un peu l’esprit quand même), W.E.T. reste globalement fidèle à son style et, bien qu’il officie dans un registre FM, garde une certaine puissance de feu soulignée par quelques riffs bien heavy ou groovy. Ainsi, je me régale avec un Nowhere To Run qui n’aurait pas dépareillé sur un album de Talisman, ne résiste pas au hard plus bluesy de Pay Dirt (encore un refrain imparable) ni au final enlevé et optimiste offert par Day By Day. Je suis moins sensible aux ballades Love Conquers All (tout de même bien fichue dans son style) et Pleasure & Pain. J’accroche également moins à Stay Alive, un poil trop légère pour moi (elle ressemble plus à du Eclipse récent justement, ça doit être ça...) mais le reste m’emporte tellement que tout est pardonné.
Apex confirme tout le bien que je pense de W.E.T. (qui n’a jamais sorti de mauvais album) et se situe dans la droite lignée des disques précédents, sans fortement décevoir - tant le savoir faire des lascars y est bien exploité - mais sans surprendre non plus. La patte et le son du groupe sont totalement reconnaissables, peut-être même un chouilla trop cette fois-ci (quelques pistes rappellent fortement d’anciennes chansons, on retrouve des intros, ambiances ou mélodies qui ont déjà servi), c’est la limite de cet opus. A cause du côté déjà entendu de certains morceaux et parce que les refrains de la galette précédente me semblaient encore plus "ultimes" (aahhh... Moment Of Truth, Call Of The Wild ou How Do I Know, quelle masterclass !), je suis obligé de légèrement baisser la note de cet Apex. Mais je ne vais pas surjouer l’indignation non plus. J’ai beau - objectivement - trouver l’entreprise prévisible, l’album reste extrêmement bien exécuté et plus qu’agréable. Plus subjectivement donc : impossible de bouder mon plaisir. Maintenant, j’aimerais tellement voir tout ce beau monde sur scène... A quand une véritable tournée ? Cela fait des années qu’on attend... Quelle frustration !
Tracklist de Apex :
01. Believer 02. This House Is On Fire 03. What Are We Fighting For 04. Love Conquers All 05. Where Are The Heroes Now 06. Breaking Up 07. Nowhere To Run 08. Pay Dirt 09. Pleasure & Pain 10. Stay Alive 11. Day By Day