Je le sentais mal, ce disque. Déjà parce que Venom a du mal à être vraiment pertinent, ces dernières années. Faut remonter assez loin pour trouver un album que j’ai vraiment aimé. Si j’étais méchant, je dirais même que le talent ne se trouve plus du côté de Cronos... A mon sens, le dernier vrai bon disque du groupe, c’est The Waste Lands (sérieux, si vous n’avez jamais écouté la trilogie avec Dolan au chant, foncez !) et le retour de l’ami Conrad n’aura pas été franchement intéressant... d’autant plus que j’avais adoré le premierVenom Inc - dont le lineup était celui de l’album sus-cité.
Et puis leurs polémiques débiles de procès, avec Cronos qui motive les fans pour garder le nom et ne pas le laisser aux deux autres, c’était naze. Et puis y’a eu l’annonce de l’album. Et vu la pochette - qui reprend à l’identique celle de Black Metal - et le premier single - qui reprend quasi à l’identique le refrain de Black Metal -, je m’étais dit que le groupe était devenu ridicule. Pour être tout à fait franc, ami lecteur, j’avais demandé à faire la chronique du disque pour me moquer de lui. C’est vil, c’est mal mais, je le répète, je le sentais mal, ce disque.
Oui mais voilà : Venom m’a fait fermer ma grande décousue, de la meilleure des façons. Parce qu’il est vraiment sympa, ce Into Oblivion ! Pas parfait, pas exceptionnel, mais sympa. Tant qu’à faire, commençons par ce qui ne va pas. J’ai déjà mentionné l’horrible pochette et la fainéantise du premier single (cela dit, il est efficace et rentre bien dans la tête). Je rajouterai que treize titres, c’est un peu trop, l’aurait fallu élaguer un brin (en virant la franchement naze Man & Beast, par exemple) et que la prod est toute cracra moche dégueu. Vous me direz "c’est Venom, c’est fait exprès", je vous dirais "zut, j’aime pas, je dis c’que j’veux, sortez de ma chronique, nan mais !".
A part ça, difficile de faire la fine bouche sans se vautrer dans la mauvaise foi. Ce Into Oblivion est chouette, s’écoute sans déplaisir - même avec pas mal de plaisir par moments - et pas mal de refrains vous resteront bieeeen en tête, comme celui du punky Death The Leveller ou de Kicked Outa Hell. Venom fait du Venom, pas d’énormes surprises mais quelques petites touches assez bienvenues : un petit blues par-ci (Dogs of War), un peu de clavier par-là (Unholy Mother). C’est pas non plus la grande révolution - cela dit, ce n’est pas ce qu’on demande au groupe - mais ça rajoute un peu de goût au plat. Comme de la coriandre, sauf que la coriandre, c’est dégueulasse. Tiens, je ne savais pas où le placer mais j’aime beaucoup le troisième titre. Voilà.
Bref, je m’attendais à détester ce disque et à bien me payer sa tronche et je me suis finalement surpris à le remettre déjà pas mal de fois. De quoi figurer dans le top de l’année, probablement pas, faut pas abuser... mais il finira sur l’étagère, j’en suis sûr. Bien joué, les mecs.
Tracklist de Into Oblivion :
01. Into Oblivion 02. Lay Down Your Souls 03. Nevermore 04. Man & Beast 05. Death The Leveller 06. As Above So Below 07. Kicked Outa Hell 08. Legend 09. Live Loud 10. Metal Bloody Metal 11. Dogs Of War 12. Deathwitch 13. Unholy Mother