Artiste/Groupe:

The Night Flight Orchestra

CD:

Give Us The Moon

Date de sortie:

Janvier 2025

Label:

Napalm Records

Style:

AOR

Chroniqueur:

Blaster of Muppets

Note:

15.5/20

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Je m’étais dit qu’on ne m’y reprendrait plus. Attention, j’ai beaucoup d’affection pour The Night Flight Orchestra, c’est une évidence. Il suffit de regarder notre page consacrée au groupe : chroniques, interview, live reports... cela fait huit ans que votre humble serviteur couvre régulièrement les activités de ces joyeux lurons suédois. Mais bon, après avoir passé au crible les quatre derniers albums, et vu que - pour être totalement honnête et transparent - j’ai un peu moins aimé (mais aimé quand même !) les sorties les plus récentes de cet équipage de nuit (Aeromantic et sa suite), je m’étais dit qu’il était peut-être temps de passer le flambeau. Je sentais que, pour moi, bien que l’entreprise soit toujours fun et l’expérience (très) agréable, le charme et la magie des débuts s’étaient un peu estompés. Et avec ses premiers singles, Give Us The Moon sentait encore l’album (évidemment) sympa mais qui n’allait pas totalement m’enchanter. La peur de me répéter était réelle également. Et pourtant, me revoilà une fois encore, indécrottable que je suis ! Décidément, je n’ai aucune volonté...

Cependant, et pour justifier ma chronique, je dois dire que l’intermède (plus long que d’habitude, Aeromantic II étant sorti il y a trois ans et demi) m’a fait du bien. Cette pause me permet de retrouver le groupe avec un peu plus d’excitation. De plus, une question inédite se pose avant la découverte de ce Give Us The Moon : comment le groupe s’en sort-il alors qu’il est pour la première fois privé de son guitariste (et âme créatrice très impliquée dans le projet depuis ses débuts) David Andersson, malheureusement décédé en 2022 ? Si vous aviez des craintes, soyez rassurés, tout va bien, The Night Flight Orchestra reprend les choses là où il les avait laissées et affiche une belle forme. Oui, encore une fois. Et même si je vais être tenté de râler un petit peu, je ne vais pas trop pouvoir le faire. Parce que NFO possède toujours ce talent rare d’arriver à faire preuve de fraîcheur alors même que sa musique est ouvertement rétro et nostalgique. Autre point fort des Suédois, qu’on aime ou pas leur évolution depuis leurs début, leur délire "classic rock meets ABBA", une chose me semble indiscutable : leur compétence en matière d’écriture, cette aptitude à composer des tubes. Le personnel aux commandes ne sait (quasiment) pas faire autre chose que de dérouler des tapis de hits à chaque fois. Et cela se vérifie à nouveau en 2025 avec ce Give Us The Moon.

Prêts pour une (petite) heure d’insouciance et de refrains à chanter fort sous la douche (ou ailleurs, je ne vous impose rien) ? C’est parti ! Après trente secondes d’ambiance d’aéroport invitant l’équipage à monter à bord, Stratus vous embarque avec facilité. Le tempo est enlevé, le riff de guitare/clavier estampillé début des 80s met dans de bonnes dispositions, le son est impeccable, Björn Strid est en voix (comme d’habitude), les choristes Anna et Asa l’accompagnent sur un refrain au poil... On est en terre connue, tout va bien. Comme remarqué sur les disques précédents, les claviers sont très présents et le côté hard rock que l’on retrouvait sur certaines pistes des débuts est mis en sourdine (n’attendez pas de Midnight Flyer ou autre Sail On ici). Et les sonorités des eighties sont prédominantes (même si l’on repère également une inspiration 70s). Si Stratus démarre avec énergie et positivisme, c’est plus vers la suite qu’il faudra se tourner pour une grosse dose de tubes plus pop. Le prochain titre n’est d’ailleurs autre que Shooting Velvet, choisi comme single, ce qui n’est pas un hasard. Rythmique chaloupée disco-rock sexy avec percussions à l’appui, riff entêtant, c’est l’irrésistible et dansante Like The Beating Of A Heart qui fait son entrée... On repasse en mode up-tempo avec Melbourne, May I?, de l’AOR entraînant qui fait mouche et... je ne vais quand même pas tout vous détailler, si ?!

Sachez juste que l’ensemble est énergique et efficace, avec des trouvailles mélodiques réjouissantes sur chaque morceau. Le côté festif laisse parfois place à quelque chose de plus mélancolique comme sur l’excellente Paloma, l’un des titres les plus posés de l’opus (mais qui n’est tout de même pas une ballade) et ça fait du bien. J’apprécie aussi la partie de batterie remuante de Cosmic Tide - moins fun et pop que d’autres compos de ce cru 2025 - qui flirte un peu avec la fibre rock progressif que le groupe avait mis de côté ces derniers temps. Quoi d’autre ? Rah, ce couplet si séduisant sur la chanson titre, comment y résister ? Et sinon, vous aimez le disco ? A Paris Point Of View pourrait vous intéresser (encore un refrain qui tue... en plus, vous entendrez Björn chanter "je t’aime", n’en jetez plus...), Runaways renoue avec le classic rock mid-tempo à la Toto, la vitaminée Way To Spend The Night me fait penser à du Blondie et la dernière piste avec son nom à rallonge dure 7’47’’ (tiens, tiens, comme le Boeing ?) pour une conclusion mi-AOR mi-rock prog épique. 

La conclusion est simple et ne surprendra personne : NFO ne sait pas sortir de mauvais album. Oui, je préfère les trois quatre premiers disques parce que c’était un peu plus rock, la musique changeait d’album en album, le groupe se cherchait... ça expérimentait (et me surprenait) davantage. Maintenant, la formule s’est stabilisée mais cette recette fun jonglant entre AOR, classic rock, disco et pop est toujours aussi agréable et efficace. Et vu l’époque pour le moins inquiétante (euphémisme) que nous traversons, je ne me sens pas de repousser la légèreté de ce Give Us The Moon. Un bel anti-dépresseur... sans effets secondaires à déplorer. A la fin du mois, la tournée européenne du groupe démarre (ils seront à Lyon le 31 janvier et la date parisienne du 2 février - que je ne manquerai pas - affiche complet). D’autres (très) bons moments en perspective à ne pas louper.


Tracklist de Give Us The Moon :

01. Final Call (intro)
02. Stratus
03. Shooting Velvet
04. Like The Beating Of A Heart
05. Melbourne, May I ?
06. Miraculous
07. Paloma
08. Cosmic Tide
09. Give Us The Moon
10. A Paris Point Of View
11. Runaways
12. Way To Spend The Night
13. Stewardess, Empress, Hot Mess (And The Captain Of Pain)

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