Artiste/Groupe:

Sweet Oblivion

CD:

Relentless

Date de sortie:

Avril 2021

Label:

Frontiers Music

Style:

Heavy Metal

Chroniqueur:

Blaster Of Muppets

Note:

13.5/20

Site Officiel Artiste

Autre Site Artiste

Sweet Oblivion, c’est le projet nostalgique initié par le patron de Frontiers Records dont le but est de ramener Geoff Tate (ex-Queensrÿche pour les incultes) à une forme de heavy mélodique plus ou moins réminiscent de l’âge d’or de son ancienne formation (entre 1983 et 1994, dirons-nous) et surtout à une musique globalement plus accrocheuse (certains préféreront "franchement moins chiante") que celle proposée par le chanteur depuis un bon moment, que ce soit dans ses derniers albums avec Queensrÿche, son album solo ou son projet Operation: Mindcrime. Le premier essai sorti il y a deux ans fut une bonne surprise (que l’on ne qualifiera pas de bouleversante pour autant). On n’avait pas entendu Tate chanter sur un album aussi agréable depuis... ouh là, bien longtemps. Aujourd’hui, c’est l’heure de la suite et elle s’intitule Relentless. On prend les mêmes et on recommence ? Pas vraiment. La première fois, Perugino (le boss du label) avait confié le job de compositeur/producteur à Simone Mularoni (DGM), cette fois-ci c’est Aldo Lonobile (Secret Sphere) qui a été engagé. Et avec lui, ce sont d’autres musiciens (actifs sur d’autres projets du label) qui débarquent pour accompagner Tate : le claviériste Antonio Agate (ex-Secret Sphere), le bassiste Luigi Andreone (Odd Dimension) et le batteur Michele Sanna (Sunstorm). Cela chamboule-t-il la direction musicale posée par le premier opus ? Pas franchement...

Relentless démarre bien. J’apprécie l’ambiance sympho-dramatique de l’intro de Once Again One Sin. Le morceau est heavy, pourvu d’un riff bien trouvé et possède une dimension théâtrale bienvenue. Voilà un style qui colle parfaitement à la voix et à la performance d’un Geoff Tate immédiatement reconnaissable. Encore plus catchy, presque radio friendly, c’est Strong Pressure qui reste sur le même tempo mais avec un peu plus de légèreté. On a une très bonne mélodie qui fait de ce morceau l’un des plus réussis de l’opus. Même remarque pour Another Change un peu plus loin, également (et logiquement) choisi comme single pour promouvoir l’album. On tient là l’un des refrains les plus marquants du disque. Entre temps, Let It Be, un mid-tempo un peu moins enlevé et légèrement plus grave mais tout aussi bien écrit et agréable, n’aura pas démérité. Tout cela évoque donc Queensrÿche (plutôt celui du début des 90s que du milieu des 80s d’ailleurs) sans totalement dupliquer la formule du groupe. Il y a une certaine prestance, de bonnes mélodies et un Geoff Tate qui, même s’il n’a logiquement plus tout à fait l’aisance et la puissance de ses jeunes années (bah oui, il a soixante-deux ans), livre une prestation honorable. Niveau écriture, je pense que je suis un peu moins sensible au style Lonobile qu’à celui de Mularoni (ce qui explique en partie pourquoi j’ai une petite préférence pour le premier opus) mais le guitariste a su écrire des chansons globalement efficaces. Je regrette juste un léger manque d’aspérité (c’est assez lisse) et de variété (c’est souvent la même ambiance, les mêmes structures, le même type de tempo...). Du metal mélodique classique donc, pas très aventureux, mais qui atteint son but avec professionnalisme. 

En ce qui me concerne, une petite lassitude se fait sentir pendant la seconde moitié de l’album (les compos les plus accrocheuses et efficaces résidant - à mon sens - dans ses vingt-cinq première minutes). Heureusement, l’album est bref (dix pistes, quarante-deux minutes) et mon léger désintérêt est, par conséquent, de courte durée. En plus, même si la fin me captive moins, tout n’est pas à jeter. Le riff d’Anybody Out There et cette bonne ligne de basse sur le couplet (qui rappelle les années Empire) fonctionnent bien. Aria possède une rythmique assez charpentée et même si la compo n’est pas inoubliable, le fait qu’elle soit chantée en italien apporte un peu de surprise. La ballade I’ll Be The One, aux sonorités acoustiques, n’a pas la profondeur ou l’impact émotionnel des meilleures accalmies du Rÿche mais n’est pas désagréable non plus. Enfin, il y a Fly Angel Fly dont le peps instrumental (avec une guitare plus volubile que sur d’autres pistes) n’est pas loin de conférer à Relentless un final digne de ce nom mais je ne suis pas complètement convaincu par le refrain (avec son "Fly, fly angel fly", répété inlassablement et mélodiquement assez pauvre). Vous l’aurez compris, le bilan de cette fin de parcours n’est pas mauvais mais mitigé.

Relentless n’est ni vraiment surprenant ni particulièrement brillant, il lui manque ce petit brin d’audace, d’identité, de variété et de force qui font les grands albums... mais - comme son prédécesseur - il demeure tout à fait plaisant (car mélodique, bien fait et parce qu’il permet de retrouver la voix si singulière et pas si mal conservée d’un artiste dont beaucoup pensaient, il n’y a pas si longtemps de cela, qu’il avait définitivement intégré le camp des "has been" dont il n’y a plus grand-chose à attendre) et nettement supérieur à environ tout ce que Geoff Tate a pu proposer depuis une bonne vingtaine d’années. Alors c’est très simple, si vous êtes fans du chanteur et que vous n’espérez pas tomber sur une pépite qui pourrait égaler les meilleures œuvres de Queensrÿche, cet album trouvera sans difficulté une place dans votre discothèque. 

Tracklist de Relentless :

01. Once Again One Sin
02. Strong Pressure
03. Let It Be
04. Another Change
05. Wake Up Call
06. Remember Me
07. Anybody Out There
08. Aria
09. I’ll Be The One
10. Fly Angel Fly

Venez donc discuter de cette chronique sur notre forum !