Artiste/Groupe:

Scorpions

CD:

Fly To The Rainbow

Date de sortie:

1974

Label:

RCA

Style:

Hard Rock

Chroniqueur:

KABET

Site Officiel Artiste

Autre Site Artiste

Nous sommes en 1974 et Scorpions commence progressivement à se stabiliser au niveau de son line up puisqu’on y trouve outre Klaus Meine et Rudolph Schenker qu’on ne présente plus, Uli Jon Roth à la guitare et Francis Buchholz à la basse (ce quatuor perdurera un bon moment), et Jürgen Rosenthal à la batterie. Sur ce second album, il faut constater au préalable une constante du groupe à savoir le choix qu’ils mettent dans les pochettes hideuses. Avec cet espèce d’alien volant aux couleurs criardes, c’est d’un laid abyssal et indigne d’un groupe de hard rock, et pourtant cette pochette a été validée par le groupe, c’est dire. Ils réitéreront plus tard avec Virgin Killer qui fera couler beaucoup d’encre, ou encore Taken By Force et cette image prise dans un cimetière militaire et Animal Magnetism et cette photo misogyne. Effectivement Scorpions ne sera pas le groupe qui fera mouche avec les artworks.

Si Fly To The Rainbow reste très marqué par l’esprit psychédélique qui transpire de partout sur cet opus, on voit un groupe qui commence à trouver des hits. Rien que sur Speedy’s Coming, le son Scorpions se dessine peu à peu et on trouve ici le côté metal, porté par une basse au firmament de Francis Buchholz. C’est speed au possible, puissant et hurlé. Un gros hit de l’arachnide.

Sur They Need A Million, ça démarre par une intro en arpège acoustique qui tend vers une ballade. Ça rebondit en seconde partie pour une envolée entre hard rock et rock prog-psyché. Le groupe est encore très marqué par le côté psyché et ça s’entend bien ici. La guitare d’Uli Jon Roth fait des étincelles dans ses solos sacrements bien trouvés. On retrouve ce style sur Far Away avec un départ en ballade qui monte en puissance pour mettre en exergue la guitare de Roth dont on comprend bien la haute maitrise de l’objet par le musicien. Bien sur on trouve l’obligatoire ballade avec Fly People Fly, Scorpions en est tellement friand. Donc oui, dès 1974 le groupe propose déjà ce type de chanson qui fera leur marque de fabrique par la suite. La guitare de Roth accompagne bien l’ensemble pour lui donner une image particulière et beaucoup plus rock. Peut-être qu’à cette époque, le groupe ne perçoit peut-être pas encore sa puissance sur ce type de mélodie, mais commence à s’y intéresser et avec brio.

Ce Fly To The Rainbow renferme aussi quelques trucs presque improbables comme Drifting Sun ou l’on retrouve un Rudolph Schenker au chant, ce qui surprend au début. Si le guitariste possède un timbre vocal tout à fait respectable, les fans sont tellement habitués à la voix de Klaus Meine que c’en est presque dérangeant, même si ce dernier est également porté par une ligne de basse puissante.

Le titre éponyme qui clôture cet album est une épopée de neuf minutes qui part un peu dans tous les sens pour montrer ce que le groupe sait faire. Fly To The Rainbow est complexe, mélodique avec de belles parties de guitares. Si ça fonctionne, ce titre reste complexe et, une fois encore assez psyché par moment. Le final est en revanche particulièrement barré et part super loin, bien loin de ce que fera Scorpions par la suite.

Ce second album des allemands montre encore des lacunes, ce qui est fort logique, mais aussi les prémices de ce que va devenir le groupe par la suite. Si ce n’est pas l’album que les fans écouteront en boucle, il reste néanmoins plutôt sympa et une belle découverte qu’il faut appréhender quand on commence à bien connaitre le groupe pour tous ceux qui le découvriraient aujourd’hui.

Tracklist de Fly To The Rainbow :
01. Speedy’s Coming
02. They Need A Million
03. Drifting Sun
04. Fly People Fly
05. This Is My Song
06. Far Away
07. Fly To The Rainbow

Venez donc discuter de cette chronique sur notre forum !