Artiste/Groupe:

Scanner

CD:

The Cosmic Race

Date de sortie:

Janvier 2024

Label:

ROAR! Rock Of Angels Records

Style:

Power Metal

Chroniqueur:

Blaster of Muppets

Note:

13/20

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Scanner is back ! Le rythme de production de ces Allemands est ce qu’il est... on a eu le temps de s’y habituer. Depuis le franchissement de cap du nouveau millénaire, c’est un album par décennie ! Scantropolis (pas top du tout) en 2002, The Judgement (mieux) en 2015... Et The Cosmic Race, le disque qui nous intéresse aujourd’hui, en ce début d’année 2024. Un coup d’œil à la pochette ainsi qu’au titre de l’album suffit à nous renseigner : la science fiction est toujours au rendez-vous. Pour ce qui est du line-up, on retrouve deux "anciens", Axel Julius, le guitariste fondateur, le compositeur, bref, l’âme de Scanner... et Efthimios Ionnadis, le chanteur qui a rejoint le groupe en 2003. Sinon, pour le reste, comme d’habitude, ça a changé. Le nouveau bassiste s’appelle Jörn Bettenrup et le batteur actuel se nomme Boris Frenkel (ah non, il vient de changer le mois dernier... c’est Sascha Kurpanek qui prend les baguettes pour 2024). Et musicalement ? Où The Cosmic Race se situe-t-il ? Pensez-vous qu’en huit ans, Julius a décidé de faire évoluer sa recette et nous surprendre ? Si c’est le cas, vous pensez mal. Ce septième album s’en vient vous apporter votre dose de Scanner classique, plus ancré que jamais dans les années 80. Et ça vaut quoi ?

Dès les premières secondes de The Earth Song, le ton est donné. On retrouve un bon vieux heavy/speed (que tout le monde appelle Power Metal aujourd’hui) allemand typique, emmené par un riff efficace. Les mélodies, le riff, le chant de Ionnadis, le refrain épique... Tout rappelle le Scanner des débuts. Celui qui s’est taillé une réputation culte avec Hypertrace, son premier album. Le morceau est parfaitement efficace et ravira les amateurs en plein trip (spatial) nostalgique. Deux petites originalités à noter tout de même : un court passage narré en allemand et, à quatre minutes, l’apparition de chœurs très surprenants... qu’on croirait emprunter à une vieille tribu d’Amérindiens. Voilà quelque chose de peu commun et qui mérite donc d’être signalé. A part ça, comme souvent avec ces Allemands, le chant et la production sont acceptables sans être brillants. Evidemment, cela dépendra des goûts de chacun, cette appréciation peut être nuancée... Pour ma part, ils ne gâchent pas le plaisir mais ne sauraient être qualifiés de points forts. Pas fan du son de batterie, de celui de la double grosse caisse surtout (en plus, la prestation de Frenkel n’est clairement pas hyper carrée sur ce point, c’est assez déroutant...).

Les pistes qui suivent enfoncent le clou en matière de metal allemand typé 80s. Le mid-tempo Face The Fight a d’ailleurs un couplet qui sonne très Grave Digger et son refrain entêtant est hyper représentatif du talent de Scanner en la matière (on le retiendra sans mal, il fait partie des plus marquants de la galette). Warriors Of The Light accélère la cadence et parlera aux fans de Hypertrace ou Terminal Earth... Difficile de croire qu’une bonne trentaine d’années sépare The Cosmic Race de ces albums ! En tout cas, les riffs et solos de Julius, tout comme les refrains entonnés par Ionnadis font mouche sur ce trio d’ouverture. C’est classique mais efficace, comme on dit. Une petite surprise débarque en quatrième position sous la forme de Dance Of The Dead. On est face à quelque chose de plus inhabituel car plus lourd, lent et sombre avec un gros riff grave ponctué d’harmoniques sifflées... Les chœurs et le refrain sont plus mélodiques et rappellent davantage le groupe que l’on est venu écouter. Pas le titre le plus avenant ou entraînant de ce cru 2024 mais il a le mérite de nous sortir de notre zone de confort. 

Après cet intermède doomesque, retour au bon vieux speed des familles avec Scanner’s Law, ses riffs affutés, chœurs épiques et refrain qui monte dans les aigus... l’ambiance power est sympa et c’est l’un des titres les plus énergiques de cette course cosmique. Mais aussi l’un des derniers à se montrer aussi véloce et direct. En effet, A New Horizon est une ballade sérieuse, mélancolique... qui ne m’émeut pas plus que ça mais qui trouvera certainement des auditeurs plus réceptifs (l’ambiance est bien travaillée mais les mélodies et le chant de Ionnadis ne me touchent pas). Puis Farewell To The Sun démarre sur une intro martiale à la mélodie dissonante avant de continuer sur un tempo mid mais conquérant et déboucher sur un refrain épique plutôt bien troussé (qui porte clairement et fièrement la sceau de Scanner). On n’en a pas totalement fini avec les speederies car arrive Space Battalion mais ce morceau bien qu’il possède une allure souvent rapide (sur ses couplets) n’est pas aussi percutant ou direct que The Earth Song ou Scanner’s Law avant lui. Plus changeant et long (avec un peu moins de sept minutes au compteur), il peut davantage rappeler - comme quelques autres compos de cette seconde moitié d’album - le Scanner des années 90 (Mental Reservation ou Ball Of The Damned). L’aventure se conclut sur The Last And First In Line, une chanson heavy sympathique - avec un court break sympa à la guitare sèche en milieu de parcours, précédant un solo bien inspiré - mais qui ne s’impose pas (à mon sens) comme le feu d’artifice final qui aurait convenu à The Cosmic Race.

J’ai (presque) toujours aimé Scanner... et cela ne change pas avec The Cosmic Race. Retrouver les riffs et mélodies du capitaine Julius me procure encore un plaisir certain. Ce groupe ne fait pas partie de la première division du power européen mais il est attachant et son compositeur principal a un style bien reconnaissable. Cependant, ce septième album (que j’ai vraiment envie d’aimer), en dépit de quelques idées intéressantes, une chouette énergie (que l’on perd un peu sur la seconde moitié du disque) et ce côté old school qui réveille le nostalgique qui sommeille en moi, n’est pas - j’en ai peur - le plus fort sorti par le groupe. Il pourrait être encore plus abouti, mieux produit... et même interprété (chant et batterie, comme dit plus haut). Malgré cela, je suis content de retrouver Scanner et je ne doute pas que d’autres le seront également. 

Tracklist de The Cosmic Race :

01. The Earth Song
02. Face The Fight
03. Warriors Of The Light
04. Dance Of The Dead
05. Scanner’s Law
06. A New Horizon
07. Farewell To The Sun
08. Space Battalion 
09. The Last And First In Line

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