Artiste/Groupe:

Poppy

CD:

Empty Hands

Date de sortie:

Janvier 2026

Label:

Summerian Records

Style:

Pop Metalcore

Chroniqueur:

KABET

Note:

18.5/20

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Doit-on séparer l’Homme (la femme pour être plus précis) de l’artiste ? C’est par cet adage qu’il convient de commencer ce papier puisqu’il m’a titillé (et me titille encore) chaque fois que j’écoute cet album. Il est vrai que certains artistes ont fait des sorties déplacées ou malvenues pour rester correct dans mes propos, par conviction ou juste par stupidité, d’autres de par leur attitude générale sont détestables, alors même que leur musique passionne. Pour Poppy, qui rentre dans la seconde catégorie, Il faut que je m’explique forcément…

Après avoir été très surpris dans le bon sens du terme avec Negative Spaces, j’avais mis une croix sur le concert de Poppy (Moriah Rose Pereira de son vrai nom) lors du dernier Hellfest. La douche fut très froide (ce qui au sens propre aurait été apprécié vu la chaleur caniculaire de cette journée), une artiste insolente, sorte de diva pop qui a snobé son public et balancé un concert sans âme. Le problème c’est qu’à la lecture de ses interviews, son côté diva transpire de partout, ça devient grinçant et fort désagréable, et il s’avère de plus en plus difficile de dissocier le personnage de l’artiste. Voilà pourquoi j’en reviens à cet adage cité ci-dessus. Alors croyez-moi qu’après ce concert de juin je suis en forme pour son nouvel album Empty Hands !

Une fois de plus, la patte de Jordan Fish, ex membre de Bring Me The Horizon, qu’on retrouve à la production et l’écriture sera une aide précieuse pour Poppy puisqu’il officie de nouveau sur cette galette, et quel impact !
La production est sublime, les parties de batterie d’une violence inouïe et d’une rare puissance, les riffs de guitares acérés et aussi tranchants qu’une lame de rasoir, et tout aussi rentre dedans. Poppy montre les crocs sur chaque morceau, et même sa voix popisante se marie avec la musique. Il faut reconnaitre qu’elle passe aussi d’une voix claire à un scream magnifique, habité et puissant. Poppy surprend tout son auditoire tant elle maitrise ce chant. En appuyant sur play, c’est une jouissive déferlante de puissance qui attend l’auditeur, moi je vous aurais prévenu.
Après un Public Domain au son électrique et saccadé qui rappelle Marilyn Manson pour une entrée en matière du plus bel effet, on plonge sur Bruised Sky : c’est parti pour des growls de folie qui arrachent tout sur leur passage. Poppy nous en met plein les cages à miel, tout en alternant avec son chant clair du meilleur effet. La batterie est dantesque et le sera sur tout l’album, la mélodie très bien foutue pour l’un des meilleurs titres de cet album.

Bien sur, on va retrouver les growls de la demoiselle sur quasiment chaque brulots, notamment sur le puissant et sauvage Dying To Forget qu’il faut absolument écouter tant ça envoie la violence, le vénère, le core comme on l’aime. C’est une suite de torgnoles aux grosses bagouses qu’on se prend dans la poire sans possibilité de sortir du coin du ring. Au final ça laisse l’auditeur hagard et à genoux, mais avec un sourire en coin.
Mais loin d’enchainer toujours dans les mêmes eaux, Poppy nous transporte aussi vers un metal plus symphonique au chant clair sur Guardian ou sur If We’re Following The Light, un titre très mélodique qui permet de souffler quelques instants, encore qu’on sent la colère tapie derrière un arbre prête à ressortir à tout moment.

Sur Time Will Tell, après une intro très popisante, ça repart sur des grosses guitares, des sons electros et encore une fois une batterie qui tabasse. Tout est posé au bon endroit ici entre le charme et la puissance, Poppy trouve une recette magique pour, là aussi, l’un meilleur titres de cet opus (encore que dire qu’un des morceaux est meilleurs qu’un autre est un peu galvaudé ici).

La fin ? Des riffs de malade, des blasts et des scream, voilà ce qui attend l’auditeur sur le titre éponyme qui clôture cet album. Le titre enchaine sur un passage plus calme avant un final en forme de déferlante de puissance et de violence qui achève les derniers debout, on ferme le couvercle, c’est clair non ?

Empty Hands est un joyau livré dans un écrin, l’album frôle la perfection, tout y est puissant, moderne et Poppy réussit là où beaucoup se seraient cassés la gueule. Elle emporte avec elle toute une fan base vers des sonorités metalcore (dont votre serviteur), et rien que pour ça on ne peut que la féliciter. Le mariage artistique entre Poppy et Jordan Fish est une dinguerie ! Pour ceux qui auraient encore quelques doutes sur son talent, rendez-vous le 15 mars à l’Olympia pour venir vous rendre compte par vous-même de ce talent indéniable, en espérant qu’elle fusionne avec son public.

Tracklist de Empty Hands :
01. Public Domain
02. Bruised Sky
03. Guardian
04. Constantly Nowhere
05. Unravel
06. Dying To Forget
07. Time Will Tell
08. Eat The Hate
09. The Wait
10. If We’re Following The Light
11. Blink
12. Ribs
13. Empty Hands

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