Mercenary

Artiste/Groupe

Mercenary

CD

Through Our Darkest Days

Date de sortie

Juillet 2013

Label

NoiseArt Records

Style

Death Metal Mélodique

Chroniqueur

Blaster of Muppets

Note Blaster of Muppets

16/20

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C H R O N I Q U E

On ne change pas une équipe qui gagne... Enfin, ça dépend, parfois on n'a pas le choix. Les Danois de Mercenary savent bien que la stabilité n'est pas une chose si aisée que cela, et niveau fluctuations de line-up, ces messieurs en connaissent un rayon ! Le changement le plus spectaculaire s'opéra fin 2009 quand la moitié du groupe (à savoir le batteur, le claviériste et l'un des deux chanteurs) fut éliminée de l'équation. Et pourtant, début 2011, Mercenary revint sous la forme d'un quartet (après avoir trouvé un nouveau batteur) et prouva qu'il tenait toujours bien la route avec un Metamorphosis conquérant et solide. Et nous revoilà, deux ans plus tard, avec (encore) un nouveau batteur en la personne de Peter Mathiesen et, surtout, une nouvelle galette intitulée Through Our Darkest Days. L'artwork est somptueux et donne envie de se pencher sur ce septième opus censé démontrer que les jours les plus sombres du groupe sont bien derrière lui et que les Danois excellent toujours dans leur style.

En parlant de style, il convient peut-être de rappeler que Mercenary oeuvre dans un metal puissant, mélangeant mélancolie, rage et mélodie à la manière d'un Soilwork. On y trouve donc des éléments death mélodique propres à la scène nordique moderne (avec ses claviers et cette alternance devenue classique "voix death / chant clair") ainsi que quelques touches de heavy / power metal ou même parfois (pour ne pas dire rarement) une pincée de progressif. Maintenant, venons-en au contenu et rassurons tout de suite les fans plus ou moins anxieux : Through Our Darkest Days est une réussite. Ceux qui ont aimé Metamorphosis retrouveront avec bonheur un Mercenary qui persiste et signe en ne changeant que très peu de choses à sa recette. Cette fois-ci, je dirais que le groupe exploite encore un peu plus sa facette mélodique au détriment d'une certaine forme de bourrinage. Il y a encore quelques passages velus (une bonne partie de Welcome To Sickness, sombre, agressive et torturée, flirtant un peu avec le style d'un Nevermore, le début de Generation Hate avec ses blast beats cinglants) mais un peu moins, il me semble, que sur Architect Of Lies ou Metamorphosis. Cette impression se trouve d'ailleurs confirmée par le premier morceau, A New Dawn, qui est bien pêchu et possède un riff très sympa sur le couplet (en plus d'un refrain fédérateur) mais se montre un peu moins agressif que Through The Eyes Of The Devil qui ouvrait l'album précédent. On notera au passage que cette compo est servie par un chant clair tout du long... sauf sur un petit passage du refrain ("We will be strong forever"). La chanson titre possède elle aussi une patte Mercenary classique, l'ambiance et les mélodies rappelant des albums comme 11 Dreams ou The Hours That Remain. Il s'agit d'un morceau mid-tempo puissant et catchy qui renoue avec une tradition un peu oubliée sur Metamorphosis.

A part cela, le groupe sait toujours faire parler la poudre (les fameuses Welcome To Sickness et Generation Hate déjà citées) et nous balance des compos globalement très accrocheuses comme A Moment Of Clarity (avec son intro très Soilworkienne). Le refrain est toujours bien travaillé et la puissance mélodramatique des mélodies propres à Mercenary est conservée. En milieu de parcours, la tension retombe avec une Beyond This Night un peu plate et téléphonée ainsi qu'avec Starving Eyes. Sauf que pour cette dernière, le groupe ravive l'intérêt grâce à un break très bien amené (avec un clavier bien utilisé) et un solo de toute beauté qui me font tendre l'oreille au moment où j'étais sur le point de zapper vers la piste suivante. En revanche, la fin de l'album est proche de la perfection et aligne, à mon avis, les meilleures compos de ce cru 2013. Il y a de la noirceur et du refrain accrocheur avec Generation Hate et son riff qui évoque Nevermore, de la beauté avec Forever The Unknown (encore un super refrain) et un petit bijou surprenant sous la forme de Holding On To Serenity qui balance un refrain beau comme du (vieux) Pain Of Salvation et un break qui attire l'attention en mêlant choeurs épiques et ambiance martiale.
Tout au long des dix chansons qui composent ce disque, le chant du versatile René Pedersen est impeccable et la paire de guitaristes (Jakob Mølbjerg et Martin Buus) offre à l'auditeur son compte de riffs et soli experts.

Through Our Darkest Days est un bien bel album, intense, épique, sombre et accrocheur à la fois, encore une fois très soigné et parfaitement produit (avec le fidèle et excellent Jacob Hansen aux manettes) mais qui ne remplacera sans doute pas dans mon coeur des classiques comme 11 Dreams ou The Hours That Remain, l'effet de surprise s'étant (pour ma part) un peu estompé. Si vous avez eu du mal à digérer la double galette récemment proposée par Soilwork et êtes toujours en quête de satisfaction dans ce genre musical, s'intéresser à cet album de Mercenary me semble être une alternative de choix.

 

Tracklist de Through Our Darkest Days :

01. A New Dawn
02. Welcome To Sickness
03. Through Our Darkest Days
04. Dreamstate Machine
05. A Moment Of Clarity
06. Beyond This Night
07. Starving Eyes
08. Generation Hate
09. Forever The Unknown
10. Holding On To Serenity

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