Artiste/Groupe:

Lesotho

CD:

Through the Dying Light

Date de sortie:

Avril 2023

Label:

Earsplit PR

Style:

Metal Progressif

Chroniqueur:

dominique

Note:

15/20

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Chose promise, chose due. A l‘été 2021, à la suite de l’écoute de Summer War, l’EP marquant la naissance de Lesotho, je m’étais promis de garder une oreille attentive sur le trio post rock de Boston. Près de deux ans après, je n’ai donc pas hésité bien longtemps lorsque j’ai vu apparaître dans la longue liste des sorties à venir, le nom du groupe étasunien. Kyle Loffredo (guitare), Cliff Cazeau (basse et clavier) et Zach Ganshirt (batterie et percussions) sont donc de retour avec Through the Dying Light, un premier album toujours instrumental, mais plus posé et moins brouillon que leur précédente sortie.

Pas de révolution toutefois dans cet album. Les bases de travail sont identiques. Le son est lourd et volumineux, les ambiances à la fois éthérées et saturées, ce qui permet au groupe d’exprimer sa mélancolie ainsi qu’une certaine image de la solitude lorsque la ligne mélodique se fait plus épurée. Par chance, les morceaux s’alternent entre titres courts et morceaux plus progressifs à rallonge. La construction de l’album permet ainsi d’écouter les plus de 50 minutes de celui-ci sans ressentir trop de lassitude, ni de saturation sonore.

 

Penchons-nous d’ailleurs brièvement sur ces titres courts. S’ils servent globalement soit d’introduction, soit de pause pour les titres longs, ils apportent aussi leur propre atmosphère et donc leur pierre à l’édifice Through the Dying Light. The Difficulty Of Crossing A Field et Running Down the Sides sont le miroir l’un de l’autre. L’un débute doucement pour finir en trombe, alors que l’autre réduit progressivement le volume sonore. Réconciliation et son rythme plus groovy, permet une première pause bienvenue après quinze premières minutes assez denses. One Wolf Watches agit de même en fin de disque. Finalement, interlude spatio-temporel entre deux très longs titres, l’éthéré Floater, et ses consonnances du Fitter, Happier de Radiohead, semble perdu dans l’espace.

Le gros de l’album, 37 minutes, est représenté par l’autre moitié des titres. Leur construction ainsi que leur volume sonore, à défaut d’être identiques, sont similaires: Une ouverture en douceur, au son épuré, qui sert à mettre le thème musical du titre en place. Puis une reprise mélodique mais avec des lignes musicales totalement en sursaturation, avant de rentrer dans une partie plus émotionnelle, où les ruptures volumiques et les variations mélodiques plus précises vont prendre le devant. Dans cet ordre, ou alors remélangés différemment, ce sont surtout les thèmes mélodiques qui vont faire la différence, et singulariser les titres. De l’approche résolument mélancolique de Crown of Echoes, à l’atmosphère martiale et vaporeuse de Dead Calm, un beau titre à la rythmique qui nous suggère que nous courrons tous vers quelque chose d’irrémédiable, chaque ambiance propose un petit quelque chose de différent. C’est combatif dans Truth, joueur et plus abordable dans Flicker et finalement progressif et musical avec les longs riffs dans The Great Fault.

 

En résumé, Lesotho réussi un joli coup avec ce premier album. Sans être transcendant, Through the Dying Light a toutes les qualités nécessaires pour être considéré comme un album réussi. Il n’est pas uni, mais reste harmonieux car il n’est pas composé pas d’un patchwork incohérent d’ambiance. Il est long sans être saoulant, grâce à une construction réussie et des ruptures rythmiques et volumiques fréquentes. Il est mélodieux mais reste fortement ancré dans un monde post metal progressif.

Tracklist de Through the Dying Light:

01. The Difficulty Of Crossing A Field
02. Crown of Echoes
03. Truth
04. Reconciliation
05. Flicker
06. Floater
07. The Great Fault 
08. One Wolf Watches
09. Dead Calm

 

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