Artiste/Groupe:

Joel Hoekstra’s 13

CD:

Running Games

Date de sortie:

Février 2021

Label:

Frontiers Music

Style:

Hard Rock

Chroniqueur:

Blaster Of Muppets

Note:

14.5/20

Site Officiel Artiste

Autre Site Artiste

Joel Hoekstra (guitariste américain chez Whitesnake et Trans-Siberian Orchestra) revient avec un deuxième album sorti sous le patronyme Joel Hoekstra’s 13. Et franchement, pourquoi pas. Le premier essai, Dying To Live, sans bouleverser le paysage musical de ce siècle, était plutôt une bonne surprise... surtout pour une sortie Frontiers, label qui multiplie les projets et "super groupes" - pas tous intéressants, loin de là - comme Nicolas Cage multiplie les films que vous ne regardez plus (oui, c’est gratuit). Le menu est à peu près le même que la dernière fois : onze pistes qui traversent des territoires hard rock tradi avec quelques touches heavy ici ou là. On retrouve d’ailleurs les mêmes musiciens : une section rythmique qui ne fait pas semblant assurée par Vinny Appice (batterie) et Tony Franklin (basse), un claviériste agile (Derek Sherinian), et deux vocalistes de compétition, Russell Allen et Jeff Scott Soto. Par contre, petit changement : alors que les deux chanteurs se partageaient équitablement les pistes sur Dying To Live, c’est Russell qui se retrouve sur tous les morceaux, Jeff n’étant là que pour assurer quelques chœurs. Dommage. Des contraintes d’emploi du temps, j’imagine...

On ne va pas tourner autour du pot, Running Games est globalement dans la lignée de son prédécesseur et possède les mêmes qualités d’écriture, d’interprétation et de production. Alors oui, vous ne ressortirez pas de l’expérience sens dessus dessous. Pour le grand bouleversement, l’exceptionnel, la découverte de quelque chose de singulier, veuillez vous adresser ailleurs. On sait exactement où l’on met les pieds, il n’y a pas de grosses surprises à se mettre sous les dents... mais, du coup, pas de mauvaises surprises non plus. L’efficacité dans la composition et le talent des convives rassemblés pour l’occasion font que le moment passé en leur compagnie est très agréable. 

L’aventure débute avec du hard rock puissant aux influences heavy metal marquées. En effet, difficile de ne pas penser à Dio (et notamment au morceau Don’t Talk To Strangers) à l’écoute du riff et du couplet de Finish Line. Faut-il préciser (peut-être pour ceux qui ne connaitraient pas encore le monsieur) que Russell Allen est un des meilleurs vocalistes du genre et que, par conséquent, son interprétation y est pour beaucoup quand il s’agit d’évoquer l’efficacité du morceau ? On le dit une fois maintenant et on retient que ce commentaire restera valable pour les dix autres pistes de l’album. Comme ça, c’est fait. Sur les chansons suivantes, le ton se fait un peu plus léger même si le dynamisme demeure. Ainsi, I’m Gonna Lose It et Hard To Say Goodbye proposent du bon hard mélodique aux refrains aguicheurs bien troussés. Et, l’air de rien, Hoekstra, sans s’accaparer la couverture, nous rappelle qu’il n’a pas été engagé chez Whitesnake par hasard, ses petits solos sont d’une fluidité remarquable, bien écrits avec ce qu’il faut de technique pour séduire ceux que ça intéresse sans sombrer dans la démonstration stérile non plus (un soin important est accordé à la mélodie de façon générale).  

How Do You ralentit davantage le tempo et privilégie l’émotion en flirtant (avec succès) avec l’exercice de la ballade, tout en conservant une certaine puissance. Les mélodies sont prenantes et Allen est impérial (mince, j’avais promis que je ne me répéterais pas). Sur Heart Attack et Fantasy, on reste en terre hard rock mid-tempo mais volubile. C’est bien fait mais toujours très classique et, petit à petit, je sens que je me passionne un peu moins pour le disque... Heureusement, le refrain imparable de la plus FM Lonely Days, le caractère sombre et changeant de Cried Enough For You ainsi que le retour d’un propos plus musclé avec la heavy Take What’s Mine me font rester jusqu’au bout. Et puis, il y a la chanson titre qui clôt cet album en proposant quelque chose de différent : c’est une plage douce, acoustique, avec percussions, violons et chœurs féminins. Sympa et apaisante. 

Un petit détail qui fait la différence est à noter, en rapport avec certaines sorties du label Frontiers dont je parlais en introduction (auxquelles ont peut parfois reprocher de trop se ressembler) : tout est écrit et produit par Hoekstra lui-même. Il ne s’agit pas d’une commande du big boss qui aurait mandaté ses sbires habituels pour l’occasion (Mularone, Del Vecchio, Karlsson...). C’est un peu ce qui permet à ce Running Games, malgré son indéniable classicisme, de sortir du lot. Personnellement, j’aimais bien la variété dont bénéficiait le premier opus (pas totalement absente de cette suite, cela dit) renforcée par la présence de deux chanteurs différents. Là, objectivement, c’est toujours du travail de qualité mais je suis un (tout petit) peu moins conquis... ce qui ne m’empêchera aucunement de conseiller aux amoureux de bon hard rock classique de jeter une oreille attentive à cette galette.

Tracklist de Running Games :

01. Finish Line
02. I’m Gonna Lose It
03. Hard To Say Goodbye
04. How Do You
05. Heart Attack
06. Fantasy
07. Lonely Days
08. Reach The Sky
09. Cried Enough For You
10. Take What’s Mine
11. Running Games

Venez donc discuter de cette chronique sur notre forum !