Près de quatre ans et demi après le très bon Wolf Attack, les Frenchies d’Existance sont enfin de retour avec un disque au visuel brasillant (que l’on doit au productif Stan W. Decker)... cohérent puisqu’il se nomme Wildfire ! L’artwork annonce tout de suite la couleur, le quartet pris son temps mais il n’a pas changé de style de prédilection : du hard’n’heavy traditionnel renvoyant aux grandes heures du genre avec une prod actuelle que l’on doit - comme en 2021 - au groupe et à François Merle de Manigance (spoiler : le son est encore une fois impeccable). La tracklist nous met également sur la voie... car neuf pistes (pour une durée de quarante-et-une minutes), c’est bien old school.
Le lineup est inchangé et l’exercice maîtrisé. La recette n’a pas spécialement évolué, le résultat est juste un peu plus concis (pas de reprise ni de ballade) et fait primer l’efficacité avec des morceaux directs et entraînants. Les seules pistes à s’aventurer au-delà des quatre minutes sont Wildfire (5’34’’), chanson titre d’ouverture bien balancée et affublée d’une intro épique qui monte graduellement en puissance... et la conclusion de l’album nommée Angel Of Darkness (6’58’’) qui fait dans le mid-tempo un peu plus posé privilégiant les leads de guitares harmonisés, quelques chœurs sur le refrain et un break instrumental beaucoup plus développé (avec des changements de rythme et même un petit passage acoustique) que sur les autres compos. Cette dernière se distingue donc du reste et fait plaisir à entendre dans la mesure où elle dévoile une façon de faire un peu différente... le principal étant qu’elle est évidemment très réussie.
Le reste est classique mais particulièrement efficace. Pas un titre médiocre à déplorer, tout est - au minimum - bon. Vous aurez votre dose de speed avec See The Light (à la touche power mélodique certaine) et Brighter Days (plus brute) dont le riff a quelque chose de légèrement thrashy... et les morceaux heavy enlevés comme Ocean’s Cry ou Riding Fast sont irrésistiblement entraînants. Les guitares lead et les rythmiques rappellent les bonnes vieilles heures de Maiden ou Priest, avec une basse qui claque super bien (merci au mix impeccable... à ce sujet, je profite de la parenthèse, si vous voulez entendre la quatre cordes briller de mille feux, je vous donne rendez-vous sur le couplet du morceau Against The World). Orthodoxe mais toujours aussi agréable. Il y a également quelques pistes plus hard rock comme Eternal Flame ou Love Affair dont les refrains, à la patte glam indéniable, sont bien entêtants. L’énergie est top tout du long, c’est dynamique, bien écrit et percutant. J’aime la voix et la conviction de Julian Izard, les riffs et solos d’Antoine Poiret me régalent et la section rythmique toujours tenue par le bassiste Julien Robilliard et le batteur Gery Carbonelle est d’une solidité remarquable (mise en valeur, j’insiste, par une prod aux petits oignons). Rien à redire, dans le genre, c’est assez imparable.
Alors oui, certains diront peut-être que "c’est quand même très classique" ou que "l’accent français de Julian est parfois perceptible" (exemples d’échanges récents avec un ami). Entendons-nous bien, c’est vrai, rien de révolutionnaire ni bouleversant ici. On est dans un exercice qui se rapproche de l’hommage, avec une certaine forme de nostalgie sans doute, mais Wildfire est dynamique, sincère, rythmé, efficace, fun et s’écoute avec plaisir. Chaque formation a sa vocation et se fixe les objectifs qu’elle veut. Le but d’Existance n’est pas de changer les règles du jeu mais de nous régaler avec du bon heavy qui fait secouer la nuque et cela, il le fait franchement bien... avec un enthousiasme qui l’honore. On imagine aisément ces nouvelles compos cartonner sur scène, lieu où le groupe n’a de leçons à recevoir de personne. Alors, messieurs, venez vite nous voir, on vous attend !
Tracklist de Wildfire :
01. Wildfire 02. Ocean’s Cry 03. Riding Fast 04. Eternal Flame 05. See The Light 06. Against The World 07. Love Affair 08. Brighter Days 09. Angel Of Darkness