Artiste/Groupe:

Devin Townsend

CD:

Terria

Date de sortie:

2001

Label:

Hevy Devy Records

Style:

Devin Style

Chroniqueur:

ced12

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Au tournant du millénaire, Devin Townsend, encore tout jeune, avait déjà derrière lui un début de carrière franchement bluffant. Strapping Young Lad avait fait sensation et ses projets solo tels que Ocean Machine et plus encore Infinity par sa démarche jusqu’au-boutiste avait fait de lui un personnage très remarqué dans la sphère Metal. Son autre projet Physicist lui avait valu de bons retours et le guitariste était suivi de très près par des suiveurs bluffés par tant de créativité. Alors qu’il traversait son Canada lui vint l’idée de créer un disque en hommage à ses paysages. Après l’océan décrit dans le merveilleux Ocean Machine, place à la terre, le retour au bon vieux plancher des vaches. On reste dans la rêverie, l’atmosphérique pur mais dans une dynamique plus terre à terre, c’est le cas de le dire.

Toujours aidé de quelques fidèles, Devin Townsend trace encore sa voie et propose ici une musique toujours ambiante avec des éléments pop encore plus poussés mais avec toujours ce côté heavy et ce style si personnel entre couches de guitares superposées, chant évanescent le tout surproduit dans son style caractéristique (qui lui vaut au passage les reproches de certains). Comme pour Ocean Machine, je trouve que ce disque peine un peu à se lancer avec un démarrage un peu déstabilisant avant de trouver un rythme de croisière sincèrement bluffant assez rapidement (quand Ocean Machine décollait immédiatement avec Life dès la deuxième piste). On le sait, Devin Townsend avait beaucoup souffert lors de la création d’Infinity, allant jusqu’à devoir se faire internet tant il s’était épuisé mentalement à proposer quelque chose d’aussi barré. Ce Terria fut peut-être une réponse avec un réel aspect contemplatif. Quelques refrains sont absolument admirables comme Canada ou Stagnant qui vient faussement clôturer ce disque avant une dernière piste cachée assez décalée. Ça ne se fait plus trop ça d’ailleurs les hidden tracks en fin d’album, c’est un peu dommage en soi tant cela permettait parfois à certains artistes de se faire bien plaisir. On retrouve aussi quelques éléments d’Ocean Machine permettant un lien assumé entre les deux disques.

Impérial donc, ce Terria a conservé une excellente réputation de par là aussi son niveau général (très bon) et aussi quelques titres très accrocheurs (Deep Peace, Stagnant et son refrain émotionnel très très réussi) qui ont gardé une réelle aura. Clôturant par là un hallucinant triptyque solo avec Ocean Machine et Infinity, Devin était alors à son zénith créatif. La suite sera toujours aussi féconde avec quasiment une sortie annuelle et des projets assez décalés (comment oublier Ziltoid et son extra-terrestre totalement excentrique ?) ou revenant à un registre plus classique comme The Devin Townsend Project, hautement qualitatif, plus efficace mais il ne me semble pas abusif de dire que le très haut niveau de qualité de ces trois disques ne fut qu’épisodiquement égalé. Point de reproches envers le génial canadien, le niveau proposé reste de très haute facture, les live intéressants (même si parfois déstabilisant en termes de setlist) et le talent du garçon intact (quelle voix tout de même !). Assez décalé de par son côté plus contemplatif, ce Terria offre l’aspect le plus accessible, le plus pop du canadien et on est ici très loin d’un SYL. Pour ma part, c’est vraiment l’aspect de sa musique que je préfère mais c’est là un avis bien personnel (mais néanmoins à mon avis un peu partagé). Un excellent disque que voici, un classique du canadien.


Tracklist de Terria :
01. Olives
02. Mountain
03. Earth Day
04. Deep Peace
05. Canada
06. Down And Under
07. The Fluke
08. Nobody’s Here
09. Tiny Tears
10. Stagnant
11. Humble (Hidden Track)

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