Peu connue (sauf de quelques initiés), la scène metal japonaise manque de visibilité. La connaissant très peu, je me garderai de toute remarque de fond sur la qualité de ces groupes. Tout juste ai-je pu voir lors d’un bien beau plateau metalcoreRyo Kinoshita avec son groupe Knosis. Frontman charismatique et tourmenté, j’ai « remonté » son parcours pour apprendre qu’il avait été le leader vocal du groupe Crystal Lake, formation nippone metalcore montée en 2001. Avec cinq albums produits entre 2006 et 2018, le groupe a connu un beau succès profitant d’une scène metalcore vivace dans les années 2000, plus timorée dans la décennie suivante. Ce fut un mini choc pour les fans que le départ de Ryo Kinoshita en fin d’été 2020.
Le groupe est retombé sur ses pieds en recrutant John Robert Centorrino, anciennement de The Last Ten Seconds of Life. Tout ce petit monde a repris ses esprits, les deux formations se sont remises sur les routes. A ce titre, Crystal Lake fut présent lors du Hellfest 2024. Knosis a pondu son premier effort (août 2025), un bon disque, solide. On attendait celui de Crystal Lake. Bonne nouvelle, le voici.
Etrangement, il n’y a guère à dire sur ce bon disque de metalcore. C’est solide, efficace, bien produit, le mix est bon (par Jeff Dune connu pour son job avec les géniaux Knocked Loose). Le chant alterne bien entre growls puissants (où j’ai pensé avec plaisir à Winston McCall deParkway Drive avec cette voix très puissante) et chant clair plus typé metalcore. Le contraste y est bien, c’est du metalcore pur jus, pas très original pour être sincère mais efficace et bien fichu. Les riffs sont bons, les compos cohérentes.
Point amusant, on trouve pas moins de cinq invités sur un total de onze morceaux. Le ratio est disons, surprenant, jamais vu sauf erreur de ma part. La présence de Jesse Leach (Killswitch Engage) sur Dystopia est de loin la plus prestigieuse et ne manque pas de faire effet. On trouve aussi David Simonich (Signs of the Swarm), Taylor Barber (Seven Hours after Violet), Myke Terry (Fire from the Gods, Volumes) et Karl Schubach (Misery Signals). Je vais jouer cartes sur table, je ne connaissais pas ces derniers. Reste que Crystal Lake a son réseau ! En mars on retrouvera le groupe sur les planches en compagnie des réputés et expérimentés Miss May Ipour une affiche 100% metalcore. Les puristes adoreront. Après les tourments de 2020, Crystal Lake a repris sa trajectoire, validé le recrutement (réussi) de John Robert Centorrino. Cela ne règle pas le sujet de ce metalcore frisant la caricature mais confirme que Crystal Lake fait partie des groupes solides du genre.