Artiste/Groupe:

Concrete Age

CD:

Motherland

Date de sortie:

Avril 2024

Label:

SOUNDAGE PRODUCTIONS

Style:

Folk Death Ethnique

Chroniqueur:

florentc

Note:

20/20

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À peine une toute petite année après la sortie de Bardo Thodol qui n’était autre que ma plus grosse découverte de l’an passé, Concrete Age nous revient avec un petit nouveau intitulé Motherland. C’est Noël avant l’heure (ou Noël qui se prolonge c’est selon). Ce groupe, tellement (et injustement) méconnu, est ultra prolifique étant donné qu’il en est à son neuvième album... douze ans seulement après son premier méfait, Time To Awake. Incroyable hein ?! Et vu la qualité proposée sur le dernier album, inutile de dire que j’ai des attentes forcément énormes !  Pour ceux (sûrement nombreux) qui ne connaissent pas le groupe, il pratique un death metal qu’on pourrait qualifier de folk ethnique. Concrètement, le groupe mélange avec un talent certain leur death metal avec des instruments traditionnels et des chants du Caucase. Si le folk metal est un genre aujourd’hui très répandu, leur association demeure assez unique et très original. Difficile donc de les comparer à d’autres groupes ayant l’étiquette folk sur le dos. Et pour cet album, le groupe a décidé de rentre un hommage appuyé à leur région. 

C’est avec un chant A Cappella que débute Raida Rada, le titre d’ouverture. On ne peut pas mieux être plongé dans le bain que ça. Mais très rapidement, le death / thrash déboule pour vous bousculer vos esgourdes ! Le chant est vindicatif, je retrouve le groupe tel que je l’ai quitté. Il alterne entre metal inspiré et agressif et chant traditionnel, et bien entendu tout l’éventail d’instruments traditionnels. L’accordéon au milieu d’album suivi de la déferlante folk ne donne qu’une envie, fermer les yeux et se laisser transporter par la musique, s’imaginer danser à une fête de village en plein milieu du Caucase. Quelle entrée en matière magistrale ! Les titres s’enchaînent à une vitesse phénoménale, sans aucun temps mort. Des titres courts, concis, à l’énergie débordante et communicative. Leur metal extrême, agressif et puissant (écoutez Mestizo) reste parfaitement audible pour un novice du genre, tant les instruments traditionnels sont nombreux et largement utilisés. Les mélodies sont entêtantes, le curseur entre le metal extrême et la musique traditionnelle est parfaitement trouvé une nouvelle fois.

Tous, je dis bien TOUS les titres sont de purs joyeux du genre. Comme à l’accoutumée, le groupe nous sert une instrumentale, et comme à chaque fois c’est juste génial. Shalaho se veut être un peu le miroir de Trite Puti du précédent album, à savoir un titre assez jouissif, dansant et accrocheur, qui fera un malheur en live, c’est certain. A l’écoute on peut penser aux travaux réalisés par Goran Bregović sur les films de Kusturica. Toujours en restant dans les mélodies accrocheuses, asseyez-vous bien à l’écoute de Cossack`s Pride. Comme dirait l’autre, Faudrait que j´invente des mots qu´existent pas dans le dico pour décrire ce titre ! Si vous ne sautez pas sur ce titre vous n’êtes pas humains. On ressent toute l’âme des Cosaques, le groupe s’est totalement lâché sur les chœurs et le refrain est purement dantesque ! Tout au long de l’album, on ressent vraiment l’amour du groupe pour sa région et ses terres, dont le titre de l’album et la belle pochette en sont les premiers exemples.

J’indiquais en début de chronique qu’il était difficile de rapprocher Concrete Age d’une autre groupe de folk metal. Malgré tout, si vous aimez Eluveitie ou Arkona (surtout ce dernier, dont l’ambiance et les mélodies dues à l’origine du groupe se rapprochent davantage de la musique proposée ici), difficile de penser que vous n’accrocherez pas à Concrete Age. Ce Motherland est une invitation au voyage, à la découverte de cette région et de sa culture. Inutile d’y aller par quatre chemins, cet album est un pur chef d’œuvre et je ne vois pas comment il ne finira pas tout en haut de mon top en fin d’année. La musique est d’une richesse et d’une finesse incroyable. Tous les types de chants ainsi que tous les instruments utilisés confèrent à ce Motherland une ambiance unique. On ne peut que s’incliner devant autant de passion et de créativité que le groupe propose dans sa musique. Note maximale obligatoire, car, même s’il paraît que la perfection n’est pas de ce monde, ce Motherland s’en rapproche drôlement. 
 

Tracklist de Motherland :

1. Raida Rada
2. Battle for the Caucasus
3. Mestizo
4. Nomads
5. Mouth of Elbrus
6. Kara Kol
7. Shalaho
8. Cossack`s Pride
9. Adeghaga

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