Artiste/Groupe:

A.A. Williams

CD:

As The Moon Rests

Date de sortie:

Octobre 2022

Label:

Bella Union

Style:

Post-Rock Gothique

Chroniqueur:

ced12

Note:

18/20

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Récente découverte en ouverture d’un merveilleux show de Kalandra, A.A. Williams n’en est pas pour autant une débutante. Il s’agit déjà là de son troisième album depuis 2019 preuve que s’il ressort un sentiment de chanteuse maudite chez l’anglaise, elle n’en a pas moins des choses à dire et une bonne créativité. Le contexte sanitaire a donné du temps à la brune dont l’allure gothique renseigne immédiatement sur la musique pratiquée. Un post-rock froid, glacé et un propos général bien dark. Le son des guitares renvoie à Paradise Lost période One Second / Host ou encore Type O Negative. Je suis prêt à mettre un petit billet (modeste, origines rurales aveyronnaises oblige on ne joue pas avec le capital !) que ces deux groupes ont accompagné l’adolescence de notre chanteuse à la voix aussi douce que sa musique est sombre. C’est ce contraste qui est ici magistralement maîtrisé entre une épaisseur musicale bien solide et une voix quasi angélique. On est en effet plus proche d’un profil vocal à la Mylène Farmer qu’une Alissa White-Gluz. La musique est limite post-black, les guitares broient un auditeur éreinté mais les vocalises en se posant sur cette chape de plomb illuminent une écoute vraiment plaisante. Il en ressort une sensation d’intimité étonnante. La dimension gothique se retrouve aussi avec des claviers assez classiques de ce registre comme sur ce premier single Evaporate qui commence comme un Say Just Words lumineux avant que la guitare ne prenne le relais. Que le lecteur veuille bien checker la vidéo ci-dessous, il comprendra aisément mes remarques.

Le triptyque d’ouverture touche au sublime et la montée vocale à 3’15 sur Mumurs touche au divin. Cette magistrale ouverture reste classique à ce que la chanteuse avait proposé auparavant tout en assurant bien plus qu’un fan service avec trois pistes haut de gamme. Ensuite, la vocaliste s’ouvre et élargit encore son univers musical. Pristine avec son motif de guitare superbe de délicatesse emporte l’auditeur très haut avec un crescendo digne des plus belles heures de la scène post-rock (Sigur Ros / Mogwai) dans un final de très haut vol, d’une intensité folle. La créativité étant présente, ça le fait de manière remarquable. En enrichissant sa formule, A.A. Williams emporte son auditeur dans un tourbillon musical avec des vocaux impressionnants. Artiste étonnante à l’univers glaçant très personnelle, A.A. Williams semble toute droite ressortie des 90’s avec une musique qui aurait parfaitement collée à cette époque où les musiques gothiques cartonnaient. Œuvre musicale dense, lumineusement dark, hyper créatif et accumulant les moments de grâce malgré un disque un peu long eu égard à un registre parfois monolithique , A.A. Williams mérite de s’y intéresser mais s’adressera à un public averti, capable de prendre son temps et avide de musiques émotionnelles. Aussi ajouterai-je que des météos plus adaptées (comprendre automne / hiver par de froides journées dont la lumière extérieure semble absente) semblent plus propices à une musique aussi belle que sombre dans un étonnant paradoxe où d’une musique en apparence déprimée génère une douce lumière et un sentiment de bien-être pas évident à comprendre et encore moins à expliquer. Une artiste qui mérite le détour, idéale en écoute hivernale !

PS en petite vidéo bonus, une reprise plutôt sympa de Placebo Without You I Am Nothing, titre non présent sur ce disque mais réussi et bonne vision de l’univers musical d’A.A. Williams

Tracklist de As The Moon Rests :

01. Hollow Heart
02. Evaporate
03. Mumurs
04. Pristine
05. Shallow Water
06. For Nothing
07. Golden
08. The Echo
09. Alone Into The Deep
10. Ruin (Let Go)
11. As The Moon Rests

 

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