Lendemain d'apocalypse après un jeudi compliqué / animé entre le passage Tempête Nils et un rugueux concert de Mayhem - Marduk. Le ciel est plus calme mais un petit crachin se fait sentir sur la Ville Rose. Seconde lame de Metal Extrême avec ce soir une date death metal bien énervée autour des légendaires Cryptopsy qui fêtent ici leur troisième décennie au service d'un brutal death remonté. Retrouvaille aussi avec le Metronum, cette salle qui a imposé un rééquilibrage entre les différents styles proposés ce qui a conduit à une réduction drastique des dates proposées pour nos musiques. D'autres lieux ayant fait leur apparition, on ne le regrette pas plus que ça même si la salle reste très chouette avec ce patio extérieur, l'espace Merch très convivial et qui permet d'aller saluer des musiciens qui jouent le jeu et un espace concert toujours aussi qualitatif avec de la place, un bar au fond bien achalandé et une vision d'ensemble impeccable.
Je ne développe pas trop Corpse Pile, un death gore peu à mon goût. Entre pig squeals, riffs bas du front sur des compos dépassant tout juste la minute, ce style me "dépasse" n'y trouvant aucun intérêt, aucune qualité. L'honnêteté intellectuelle m'oblige à préciser que c'est un avis peu partagé car la salle est déjà copieusement remplie pour leur show d'ouverture. Bonne nouvelle donc, la soirée a trouvé son public. Moins bonne nouvelle pour moi : je dois passer à côté de quelque chose...
Inferi
Le running order de la soirée est sacrément ramassé avec des intervalles de quinze minutes entre chaque show pour une soirée qui va se dérouler entre 20h et 23h30 (avec tout de même quatre groupes) impliquant de fait une soirée en quasi flux tendus. Les techniciens sont hyper pro donc ça passe mais ça ne chôme pas entre les concerts.
Inferi nous vient de Nashville Tennesse et propose un death présenté comme mélodique et technique. Je l'ai pour ma part trouvé typiquement américain donc pas forcément mélodique pour le coup. Point grave, le rendu est plutôt bon, ça joue bien, c'est véloce. Pas très rapide pour le coup mais plutôt roboratif, bourre-pif avec des rythmiques hyper intenses et usantes. La lourdeur est ainsi très présente, ça écrase bien, devant dans la fosse, les têtes remuent en rythme, le show fonctionne bien. Très américain dans sa démarche, le frontman communique bien et réclame des circle pit qu'il aura d'ailleurs un peu de mal à obtenir. Il est à saluer car le chanteur passera sa soirée au stand de merch assurant le service avant et après-vente avec professionnalisme.
Un bon show d'une bonne demi-heure bien envoyé, un nouvel album déjà bien valorisé (sortie pour Avril prochain) pour un concert solide, pas incroyable mais satisfaisant.
200 Stab Wounds
Nouvelle sensation de la scène death US, repérée par Bane en ces pages, 200 Stab Wounds va malheureusement pour Inferi les renvoyer à leur statut d'opener. Je m'explique : le quartette va tout exploser sur son passage avec un death cru, sans concession, hyper percutant avec quelques éléments thrash qui rendent leur death génial et jouissif. Non vraiment, c'est la très belle surprise de cette soirée !
Originaire de Cleveland, on a tout là du groupe de rednecks américains bas du front. C'est primaire, ça défouraille tout. Les deux guitaristes sont impressionnants, ça riffe très très dur, ça chante / hurle ce qu'il faut et les passages instru sont dingues. Les solis sont à l'unisson, et côté section rythmique, ça groove et ça cogne fort (et vite). Ce qui épate chez 200 Stab Wounds c'est la dynamique. Ça va très vite, ça laboure. On pense invariablement au Sepultura début 90 entreBeneath The Remains et Chaos AD. Le Crazy Trainproposé en intro du concert n'annonçait en rien la déferlante death que le Metronum s'est prise pleine face. Pas de look ici (les bottes de cowboy du bassiste, la coupe de cheveux du guitariste, les shorts qui renvoient inconsciemment au death floridien), 200 Stab Wounds c'est brut de décoffrage, sans concession.
Les nuques ont bougé en rythme (donc vite), le show de cinquante minutes est passé à une vitesse folle. On ne peut que recommander ce groupe qui, sauf erreur, sera pas mal présent sur les Fest estivaux. Un peu d'échauffement musculaire sera nécessaire en amont mais la baffe death est garantie. Sincèrement épatant !
Cryptopsy
Après l'hommage à Ozzy Osbourne, c'est For Whom The Bells Tolls qui est offerte ici en intro. Ça met bien en condition, fait plaisir aussi avant l'arrivée des canadiens de Cryptopsy. Je suis un peu embêté car honnêtement, j'ai moins accroché. Cryptopsy c'est un brutal death exigeant, inventif avec des riffs alambiqués, une section rythmique hyper solide et créative. Le chant est très guttural, ce qui de fait oblige Matt McGachy à quelques grimaces pour aller chercher ce registre ultra grave. Par ailleurs très souriant et dégageant beaucoup de sympathie, ce dernier tient super bien sa scène. Juste je n'accroche pas à ce type de chant.
Pour ses trente ans, Cryptopsy a en tout cas gâté ses fans, assuré un show qui a cartonné et c'est bien là l'essentiel. A l'instar de 200 Stab Wounds, le groupe sera présent sur les Fest cet été, à recommander car groupe réputé dont les shows sont bien carrés.
Belle soirée death donc, offrant une belle variété dans les différentes composantes du genre, et dominée me concernant par un 200 Stab Wounds ébouriffant. Un peu de repos ne fera ensuite pas de mal pour récupérer de cette épique première quinzaine de Février ce qui permettra de profiter de ces JO d'Hiver très satisfaisants.